tamaculture

Kafka sur le rivage, Haruki Murakami

29 mai 2009

Lorsque l'on ouvre un roman de Murakami, on sait d'avance que notre monde quotidien va se tranformer en un univers onirique à multiples entrées. Ce n'est pas immédiat, pourtant. Au départ, on est simplement transporté au Japon, par exemple à Nakano, un quartier de Tokyo. Et puis, petit à petit, des faits inhabituels se produisent. Nakata, un vieil homme à l'ombre légère parle aux chats… et ceux-ci lui répondent. Un jeune homme de quinze ans organise sa fugue, laissant derrière lui un père détesté… qui lui a jeté une malédiction.

Et là-bas, après avoir traversé l'immense pont conduisant à l'une des îles de l'archipel japonais, une bibliothèque privée ouverte au public contient non seulement de précieux ouvrages, mais en plus deux personnages extraordinaires : Mlle Saeki, la responsable de la bibliothèque et Oshima, son assistant, un jeune homme étrange et distingué. A deux bonnes heures de route, dans une clairière, sur les bords d'une forêt profonde et inexplorée, se dresse une cabane où l'on vient se ressourcer.

Tous ces lieux et ces personnages (et d'autres encore) s'entremêlent d'une joyeuse et habile manière pour donner un récit initiatique conté d'une part par Kafka (le jeune fugueur) et par un narrateur omniscient, d'autre part. A la recherche d'une mère et d'une soeur perdues, de la pierre de l'entrée, ou d'un passé inoubliable, les personnages de ce roman sont tous atypiques et exercent sur le lecteur une fascination certaine, servie par la plume magique et poétique de cet auteur japonais inimitable.

C'est fluide, c'est beau : un grand Murakami.

Ed. 10/18, juin 2007, 638 p.

Info Books & the City 2

26 mai 2009
Amis Bookers, j'espère que vos baskets chauffent et que vous avez révisé sérieusement vos classiques et modernes : le jour J arrive à grands pas !!

Et pour tous les participants qui attendent ce jour avec impatience, vous avez dû recevoir un email avec toutes les informations indispensables au bon déroulement de cette journée :

– lieu et heure du rendez-vous,
- noms de vos co-équipiers,
– kit de survie indispensable aux situations difficiles (cf. ci-contre), etc…

Si par hasard vous n'avez pas reçu ce mail, écrivez-nous de toute urgence à l'adresse suivante :

booksandthecity@droledeclub.com

Merci et rendez-vous à Paris le 6 juin !

La marque de Winfield, Ken Follett

21 mai 2009

Le thème du Club des Théières de ce mois-ci étant le roman historique, j'ai sauté sur l'occasion pour éviter au  livre piqué sur les étagères de Lilly le mois dernier de prendre la poussière…

En 1866, plusieurs élèves du collège de Winfield sont les témoins d’un accident au cours duquel un des leurs trouve la mort. Mais cette noyade est-elle vraiment un accident ? Les secrets qui entourent cet épisode vont marquer à jamais les destins d’Edward, riche héritier d’une grande banque, de Hugh, son cousin pauvre et réprouvé, de Micky Miranda, fils d’un richissime sud-américain. Autour d’eux, des dizaines d’autres figures s’agitent dans cette société où les affaires de pouvoir et d’argent, de débauche et de famille, se mêlent inextricablement derrière une façade de respectabilité.

J'étais curieuse de voir comment Ken Follett s'en sortirait dans un roman victorien, vu qu'il m'avait déjà séduite avec Les Piliers de la Terre (en général, je n'aime pas les fresques historiques et j'ai adoré) et un thriller ma foi fort réussi : Peur blanche. Eh bien, une fois encore, cet auteur aussi éclectique que doué m'a complètement happée dans son roman.

De 1866 à 1892, nous suivons les déboires et succès des membres d'une famille de banquiers, les Pilaster, dont certains sont fortunés mais d'autres non : Hugh, notamment, est le fils de Toby, un Pilaster qui avait retiré ses capitaux de la banque familiale pour créer sa société et avait fini par se suicider après une faillite… Hugh n'aura de cesse de prendre sa revanche et tiendra tête à sa tante Augusta, personnage fier et autoritaire, belle et malfaisante durant les décennies que dureront son régne sur la famille. Son fils Edward s'est acoquiné au collège avec un expatrié sud-américain, Micky Miranda, un autre personnage bien horrible et séduisant, qui fréquente les bordels aussi bien que les femmes de la haute bourgeoisie.

J'ai trouvé ce roman très prenant et n'avait de cesse de pouvoir lire la suite des aventures des personnalités très marquées qu'il met en scène. On est vraiment plongé au coeur de l'Angleterre de la fin du XIXème siècle, avec les femmes aux belles toilettes, les hommes d'affaires et les filles du peuple qui tentent de s'en sortir d'une manière ou d'une autre (le plus souvent en s'attirant les bonnes grâces de jeunes gens fortunés). Mais les bas-fonds sont là, rôdant dans les âmes corrompues de certains hommes et femmes sans scrupules… Sur un fond de thriller, d'affaires financières internationales et d'histoires d'amour impossibles, avec un sens remarquable de la narration, Ken Follett prend le lecteur dans ce roman comme une araignée prend une mouche dans sa toile… A vous de voir si vous voulez vous laisser attraper !

Ed. Le livre de poche, 1996, 626 p.

Ma famille inoubliable, Fred Chappell

19 mai 2009

L'univers de Jess, ce sont ses parents, sa grand-mère et Johnson, le jeune ouvrier agricole adopté par la famille. Tout ce petit monde vit dans une ferme de Caroline du Nord, dans les années 1940. Le quotidien touche au merveilleux grâce à la fantaisie de chacun. Les visites d'un cousin farfelu et d'un oncle californien ou d'une grand-tante musicienne viennent pimenter encore l'imprévu de chaque jour. Vue avec les yeux de Jess, cette chronique familiale pleine de tendresse se transforme en un conte magique qui aborde avec humour et poésie des thèmes aussi graves que la mort, l'amour et la vie.

Ce roman a un principal atout : les personnages qui l'animent sont très attachants. Jess, d'abord, jeune garçon d'une dizaine d'années qui nous narre l'histoire de sa famille. Son père, éternel adolescent qui aime à se chamailler et à faire les 400 coups avec l'ouvrier agricole, Johnson. Et puis, la grand-mère, faussement sévère qui a eu son heure de gloire dans sa jeunesse. Et toute une tripotée d'oncles farfelus de passage, qui prêtent à des chapitres fort distrayants : l'oncle Gurton le glouton à la barbe magique, l'oncle Runkin qui dort dans un cercueil (dont s'est sans doute inspiré un certain Michael J.), et d'autres encore.

Avec une plume attrayante et chaleureuse, Fred Chappell brosse le portrait d'Une famille inoubliable à une époque où la vie n'était pas facile et où la guerre appelait les jeunes hommes américains vers l'Europe. Des anecdotes amusantes ou touchantes et de bons sentiments font de ce roman un fort agréable moment de lecture !

C'est un livre paru aux Etats-Unis en 1985 et c'est une excellente idée de l'avoir enfin traduit (en 2001) en France (Ed. Autrement). Merci à Lili de me l'avoir envoyé pour le Lotobook !

Paul à Québec, Michel Rabagliati

15 mai 2009

Grâce à mon importateur personnel (thanks, Jonx !), j'ai pu découvrir le nouveau tome des aventures de Paul que j'avais découvert avec bonheur ici.

Rose, la fille de Paul et Lucie a grandi depuis Paul à la pêche, et elle retrouve ses cousins et cousines lorsque toute la famille rapplique chez Grand-père et Grand-mère (Roland et Lisette Beaulieu) qui habitent une grande maison en plein air à Québec et accueillent toujours avec joie leurs petits "lapins" (même si certains ronflent et d'autres se relèvent pour faire pipi en réveillant toute la maisonnée…).

Cette année, quelque chose va changer : Roland est malade, et cela bouleverse toutes les habitudes familiales.

L'auteur trouve toujours le ton juste entre les moments drôles et les thèmes de fond sérieux et tristes, qui font partie intégrante de la vie. Dans ce volume, il décrit de façon percutante la maladie et ses conséquences sur la famille et les amis proches, si bien que l'on est emporté par nos émotions. Il y a également une grande part de nostalgie, lorsque Roland raconte à Paul des scènes de son adolescence. Ce tome n'est pas dans l'action mais dans la description, l'accompagnement et le temps s'écoule, inexorablement…

Heureusement, les enfants sont là pour apporter un peu de légèreté, et puis, Paul et Lucie ont le projet d'acheter une maison. Par ailleurs, les expressions québécoises sont tellement dépaysantes pour moi que je souris plus souvent qu'à mon tour !

La BD est entièrement en noir et blanc mais ce n'est pas le moins du monde gênant et on ne voit pas défiler les 187 pages de cette excellente BD. Je suis décidément fan de cette série, mes maudits !

Ed. de La Pastèque (Québec), 2009, 187 p.

Blog en vacances !

2 mai 2009

ENFIN LES VACANCES !!!!!!!!!

Pourvu qu'il fasse beau… bah, de toutes façons, j'emmène de quoi lire :

- Ken Follett : La marque de Winfield (627 p.)

- Haruki Murakami : Kafka sur le rivage (638 p.)

- Michel Rabagliati : Paul à Québec (BD)

Programme ambitieux, je parie que je vais revenir sans avoir tout lu !

A bientôt !

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