Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
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Lorsque l'on ouvre un roman de Murakami, on sait d'avance que notre monde quotidien va se tranformer en un univers onirique à multiples entrées. Ce n'est pas immédiat, pourtant. Au départ, on est simplement transporté au Japon, par exemple à Nakano, un quartier de Tokyo. Et puis, petit à petit, des faits inhabituels se produisent. Nakata, un vieil homme à l'ombre légère parle aux chats… et ceux-ci lui répondent. Un jeune homme de quinze ans organise sa fugue, laissant derrière lui un père détesté… qui lui a jeté une malédiction.
Et là-bas, après avoir traversé l'immense pont conduisant à l'une des îles de l'archipel japonais, une bibliothèque privée ouverte au public contient non seulement de précieux ouvrages, mais en plus deux personnages extraordinaires : Mlle Saeki, la responsable de la bibliothèque et Oshima, son assistant, un jeune homme étrange et distingué. A deux bonnes heures de route, dans une clairière, sur les bords d'une forêt profonde et inexplorée, se dresse une cabane où l'on vient se ressourcer.
Tous ces lieux et ces personnages (et d'autres encore) s'entremêlent d'une joyeuse et habile manière pour donner un récit initiatique conté d'une part par Kafka (le jeune fugueur) et par un narrateur omniscient, d'autre part. A la recherche d'une mère et d'une soeur perdues, de la pierre de l'entrée, ou d'un passé inoubliable, les personnages de ce roman sont tous atypiques et exercent sur le lecteur une fascination certaine, servie par la plume magique et poétique de cet auteur japonais inimitable.
C'est fluide, c'est beau : un grand Murakami.
Ed. 10/18, juin 2007, 638 p.
