Le Proscrit, Sadie Jones 9


Présentation de l'éditeur :

Dans cette petite ville du Surrey, au sud de Londres, pendant les années cinquante, tout le monde va à l'église, joue au tennis et fête Noël dans l'insouciance et l'alcool ; les jobs s'obtiennent au cours de conversations de quelques minutes au coin du feu, et les jardiniers sont aux petits soins pour les massifs de fleurs des riches demeures victoriennes.

Mais cette façade hypocrite et fragile se fissure à partir du jour où le petit Lewis Aldridge, âgé d'une dizaine d'années, assiste, impuissant et terrifié, à la noyade de sa maman adorée, libre d'esprit et anticonformiste. Privé du réconfort d'un père à peine revenu de la guerre, homme froid, autoritaire et accablé par le veuvage, Lewis se rétracte dans la douleur et sombre peu à peu dans le doute, la solitude, l'automutilation, puis la délinquance… En 1957, quand il sort de prison où il vient de passer deux ans pour avoir incendié l'église de Waterford, il n'a que dix-neuf ans… Son retour chez son père, remarié et peu pressé de revoir son fils, fera non seulement exploser sa famille, mais une communauté tout entière…

Mon avis :

L'histoire, étalée de 1945 à la fin des années cinquante, raconte la quête de rédemption de Lewis et les barrières sociales et douleurs morales qui l'empêchent d'y parvenir. Ce premier roman est fondamentalement dur. Lewis, qui est donc le personnage principal, est un petit garçon rongé par le chagrin, qui veut se faire aimer de son père alors que ce dernier préfère l'ignorer et l'envoyer en pension. L'adolescent qui émerge n'a pas guéri de cette blessure. D'ailleurs, il s'en inflige d'autres en se mutilant les bras avec des lames de rasoir, ce qui lui procure un plaisir malsain et obsédant. Il est violent, boit, et ne sait comment se sortir de son enfermement mental. C'est un personnage complexe qu'on ne peut ni aimer ni vraiment détester, car il est fragile et on a envie de l'aider et qu'il s'en sorte. Une jeune voisine, Kit, voit aussi la lumière qui est en Lewis et n'aura de cesse de l'admirer et de le défendre envers et contre tous.

C'est un roman qui dépeint une petite communauté anglaise des années 50 avec un grand talent. On voit les mesquineries, les règles de voisinage, la méchanceté des gens. Les personnages paraissent réels, avec plus de failles que de qualités. La plupart jouent un double jeu, ayant l'air de n'avoir rien à se reprocher alors qu'en fait, c'est tout le contraire. Les scènes sont décrites avec minutie, ce qui contribue là encore à rendre le récit très vivant. Une fois le livre refermé, les personnages ne nous quittent pas pour autant. Un livre fort, une auteur à suivre, pour sûr !

Le réalisateur John Madden a décidé d'en faire un film (book trailer).

NB : j'ai lu ce livre pour le Club des Théières (virtuel) de février sur le thème : un livre, un film !

Les avis de : Cuné, Clarabel, Fashion, Amanda, Lily, Laurence


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9 commentaires sur “Le Proscrit, Sadie Jones