Tout ce que j’aimais, Siri Hustvedt
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New-York, années 70. Deux amis fondent une famille et emménagent dans des appartements voisins. L'un, Léo, est professeur d'histoire de l'art. L'autre, Bill, est un artiste à la notoriété encore modeste. Chacun d'eux à sa muse : Erika est la femme de Léo, Violet le modèle de Bill. Ce dernier a épousé Lucille, une poétesse à l'air fragile et froid. Par un heureux hasard, deux petits garçons vont naître à quelques mois d'intervalle dans chacune des deux familles : Matthew et Mark vont devenir des compagnons de jeux sous le regard attendri de leurs parents.
Voilà les éléments de départ. Ensuite, Siri Hustvedt nous entraîne dans une grande saga familiale et artistique qui s'étale sur deux décennies environ. C'est un roman foisonnant, à l'aspect psychologique très fouillé, tragique, intrigant et cruel. L'originalité réside principalement dans l'imbrication des oeuvres de Bill et de la vie personnelle des acteurs personnages (j'avais presque envie de laisser "acteurs" tant on a l'impression de les voir vivre dans leur quotidien). L'Art et la création (peinture, sculpture, poésie, écriture) sont au coeur de l'histoire… Il ne faut pas y être allergique pour apprécier ce roman, c'est un fait.
J'avoue avoir pris mon temps pour venir à bout de Tout ce que j'aimais. Ce n'est qu'un "mini-pavé" (nouveau concept !) de 455 pages mais l'intensité du récit demande un peu de concentration et les évènements un peu d'air pour souffler entre les deux parties du livre.
C'est un roman plutôt dur qui entremêle des sujets aussi variés que les sentiments amoureux, l'amitié, le mensonge, l'indifférence, la maladie, la perte d'êtres chers, la folie, la haine, la drogue, et – on l'aura compris – l'Art sous divers angles (des artistes aux galeries en passant par les critiques).
On partage les angoisses et les joies des personnages - âmes tourmentées et complexes s'il en est – on vit leurs séparations et leurs drames avec nos tripes… C'est la marque d'un bon roman, non ?
Extrait (p.31) :
"Depuis quelques temps, je dois m'efforcer de chasser la peur lorsque je suis couché, solitaire, à chercher le sommeil. Mon esprit est vaste, mais mon corps me semble plus petit qu'autrefois, comme si je rétrécissais régulièrement. Ce fantasme de réduction est sans doute lié au vieillissement et à un sentiment accru de vulnérabilité."
Je n'avais jamais rien lu de Siri Hustvedt (je fais un effort pour ne pas l'appeler "la femme de Paul Auster", tellement plus simple !) et j'ai apprécié sa plume, précise, détaillée et imaginative. Cependant, le format du texte m'a gênée : l'absence de chapitres est un peu étouffante et c'est ce qui m'a obligée à étaler ma lecture sur une semaine.
Un livre Lotobook : merci Camille !
Ed. Actes Sud (Babel), 2005, 455 p.

Je l’ai déjà noté celui là pour quand il sera disponible à la bibli. Tu confirmes ! Et puis Babel a de superbes couvertures (ici Hopper) cela ajoute au plaisir et compense le côté étouffant de l’intérieur…:lol:
23 décembre 2008 | #
Ce livre m’a laissé un souvenir mitigé (et comme je n’ai pas le courage de résumer mon commentaire, voici le lien vers lui : http://brize.vefblog.net/_Tout_ce_que_jaimais__de_Siri_HUSTVEDT )
23 décembre 2008 | #
@Keisha : j’adore les couvertures de Babel ! Quant à ce roman, c’est vrai qu’il faut un peu s’accrocher mais je pense qu’il vaut le coup d’être tenté !
@Brize : je vois que tu as davantage développé l’axe artistique (qui m’a un peu lassée, à la longue, j’avoue) alors que j’ai préféré retenir l’aspect « vie réelle » des personnages. Moi aussi je reste sur un avis positif sur l’auteur et ce roman tout en reconnaissant avoir frôlé l’abandon à certains moments !
23 décembre 2008 | #
J’avais bien aimé cette lecture sans que ce soit un coup de coeur pour autant. Un moment donné, les éternels recommencements m’ont un peu énervée. Mais bon, j’ai quand même beaucoup aimé la plume de l’auteure et je te seconde… il ne faut pas être allergique à l’art!!
23 décembre 2008 | #
J’ai découvert Siri Hustvedt avec ce livre, que j’ai beaucoup aimé, malgré les longueurs. J’ai lu ensuite L’envoûtement de Lily Dahl, que j’ai moins aimé sur le moment, mais qui crée une ambiance particulière, à laquelle je repense souvent. Je crois que je le relirai avec plaisir.
23 décembre 2008 | #
@Karine : je crois qu’on a un peu le même ressenti !
@Nanou : je vais attendre un peu avant de me lancer dans d’autres livres de cet auteur… J’ai besoin de choses plus légères en ces périodes de fêtes !
23 décembre 2008 | #
Je me souviens encore très bien de ce livre, le premier que je lis de l’auteur et certainement pas le dernier !
Je te souhaite de joyeuses fêtes de Noël et de fin d’année Tamara, bises !
23 décembre 2008 | #
Hum Soniya c’est ta copine Alise en fait! Je suis déjà en Inde dans ma tête et j’utilise mon pseudo indien!
24 décembre 2008 | #
Alors je m’enmèle les pinceaux dans les commentaires mais voilà ce que je voulais t’écrire:
- je suis contente que tu aies lu ce livre que je t’avais conseillé (tu te souviens?)
- ce roman est l’un de mes préférés depuis que je l’ai lu, j’adore le mélange des genres qu’on y trouve: la saga familiale, la critique d’art, le polard à la fin…
- j’aime le style à la fois poétique et précis de l’auteur, j’aime également l’idée qu’elle ait choisi un narrateur homme.
J’aurais aimé que tu aimes plus ce roman, je suis contente que tu l’aies quand même apprécié.
Et Eureka Street tu t’y mets quand?
24 décembre 2008 | #
L’un des rares livres que je n’ai pas pu finir cette année, bizarrement je n’ai pas accroché au côté artiste peintre du livre.
24 décembre 2008 | #
Moi j’ai adoré ! Joyeuses fêtes Tamara !
24 décembre 2008 | #
la couverture est superbe et ma foi, ton billet fait que ce titre est noté dans ma LAL
Joyeux Noël Tamara!
25 décembre 2008 | #
Hors sujet du billet… Joyeux Noël Tamara!
25 décembre 2008 | #
ça fait longtemps que j’entends du bien de ce roman et de cette auteure. Il faudrait vraiment que je m’y mette !
en attendant joyeux noël à toi, à Mr T. et à bébé books of course!
25 décembre 2008 | #
@Florinette : oui, j’avais lu ton billet ! Bonnes fêtes à toi aussi !
@a-lise : eh non, je ne me souviens pas que tu m’en aies parlé (gloups, mémoire de poisson rouge…
)… Je n’oublie pas Eurêka Street !
@deliregirl1 : je peux comprendre l’abandon en cours de route… C’est très axé sur l’art, quand même…
@praline : les avis sont donc partagés sur ce roman !
@Katell : je suis contente de t’avoir tentée !
@Karine : euh… j’arrive trop tard pour te souhaiter un joyeux Noël… J’espère qu’il le fût !
@Emeraude : il est disponible au prêt ! Bises !
27 décembre 2008 | #
Je me souviens très bien de ce charmant livre…
30 décembre 2008 | #
@Une ville, un poème : hum, il m’est difficile de le qualifier de « charmant », pour ma part. Il est plutôt dur, au contraire !
7 janvier 2009 | #