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Expéron, Hélène Cruciani

31 décembre 2008

Ca y est, j'ai enfin lu mon premier roman de la maison d'édition Griffe d'Encre ! Comme leurs publications sont de l'ordre de l'imaginaire (fantastique, fantasy, SF), ce n'était pas gagné pour moi… Mais ce roman a des atouts qui m'ont aidée à aller jusqu'au bout.

Expéron se déroule dans les années cinquante… 2050 (sinon, on ne serait plus dans la SF, si vous m'avez bien suivie). Le Dr Sollow est un célèbre neurologue qui a développé des objets novateurs comme les fulguimas (des systèmes d'images qui permettent d'apprendre tout ce que l'on veut en quelques instants). Il est marié à Annabel, une jolie femme dont le plus cher désir est d'avoir un enfant. Hélas, elle n'a pas encore obtenu son AAE (diplôme d'Aptitude Auprès des Enfants), indispensable pour avoir l'autorisation d'élever un bébé.

Un jour, une femme désespérée amène son fils Ange, âgé d'une dizaine d'années, dans le centre de recherches du Dr Sollow. Son fils ne communique pas avec le monde qui l'entoure : il ne sait ni lire ni écrire et ne parle pas. Aidé de son invention, le fulguima, le Dr Sollow pense pouvoir aider ce petit garçon…

On entre assez facilement dans le monde inventé par Hélène Cruciani. L'histoire se passe à Lyon, dans un environnement qui ressemble à notre planète actuelle, sauf qu'il y a des évolutions technologiques et des avancées scientifiques qui ont fait évoluer certains domaines tels que l'éducation. Le lecteur débutant ou rebuté par la SF n'est donc pas complètement perdu.

L'intrigue se développe rapidement. D'une part, il y a la vie privée du Dr Sollow et de sa femme : l'une veut un enfant à tout prix, quitte à le rendre hors-la-loi, et l'autre préfère reporter le projet et privilégier l'obtention du diplôme nécessaire. Bien sûr, on n'arrête pas une femme de 38 ans avec de la paperasse… D'un autre côté, la guérison d'Ange prend une tournure inattendue et des enjeux importants vont mettre le Dr Sollow dans une position délicate.

Dans un style clair et agréable, agrémenté d'innovations intéressantes, le récit déroule sa trame en jonglant avec humour et moments dramatiques. Un roman qui m'a changée de mes lectures habituelles mais peut-être trop "soft" pour les amateurs de SF (si vous en êtes et que vous l'avez lu, n'hésitez pas à donner votre avis !).

Tout ce que j’aimais, Siri Hustvedt

23 décembre 2008

New-York, années 70. Deux amis fondent une famille et emménagent dans des appartements voisins. L'un, Léo, est professeur d'histoire de l'art. L'autre, Bill, est un artiste à la notoriété encore modeste. Chacun d'eux à sa muse : Erika est la femme de Léo, Violet le modèle de Bill. Ce dernier a épousé Lucille, une poétesse à l'air fragile et froid. Par un heureux hasard, deux petits garçons vont naître à quelques mois d'intervalle dans chacune des deux familles : Matthew et Mark vont devenir des compagnons de jeux sous le regard attendri de leurs parents.

Voilà les éléments de départ. Ensuite, Siri Hustvedt nous entraîne dans une grande saga familiale et artistique qui s'étale sur deux décennies environ. C'est un roman foisonnant, à l'aspect psychologique très fouillé, tragique, intrigant et cruel. L'originalité réside principalement dans l'imbrication des oeuvres de Bill et de la vie personnelle des acteurs personnages (j'avais presque envie de laisser "acteurs" tant on a l'impression de les voir vivre dans leur quotidien). L'Art et la création (peinture, sculpture, poésie, écriture) sont au coeur de l'histoire… Il ne faut pas y être allergique pour apprécier ce roman, c'est un fait.

J'avoue avoir pris mon temps pour venir à bout de Tout ce que j'aimais. Ce n'est qu'un "mini-pavé" (nouveau concept !) de 455 pages mais l'intensité du récit demande un peu de concentration et les évènements un peu d'air pour souffler entre les deux parties du livre.

C'est un roman plutôt dur qui entremêle des sujets aussi variés que les sentiments amoureux, l'amitié, le mensonge, l'indifférence, la maladie, la perte d'êtres chers, la folie, la haine, la drogue, et – on l'aura compris – l'Art sous divers angles (des artistes aux galeries en passant par les critiques).

On partage les angoisses et les joies des personnages - âmes tourmentées et complexes s'il en est – on vit leurs séparations et leurs drames avec nos tripes… C'est la marque d'un bon roman, non ?

Extrait (p.31) :

"Depuis quelques temps, je dois m'efforcer de chasser la peur lorsque je suis couché, solitaire, à chercher le sommeil. Mon esprit est vaste, mais mon corps me semble plus petit qu'autrefois, comme si je rétrécissais régulièrement. Ce fantasme de réduction est sans doute lié au vieillissement et à un sentiment accru de vulnérabilité."

Je n'avais jamais rien lu de Siri Hustvedt (je fais un effort pour ne pas l'appeler "la femme de Paul Auster", tellement plus simple !) et j'ai apprécié sa plume, précise, détaillée et imaginative. Cependant, le format du texte m'a gênée : l'absence de chapitres est un peu étouffante et c'est ce qui m'a obligée à étaler ma lecture sur une semaine.

Un livre Lotobook : merci Camille !

Ed. Actes Sud (Babel), 2005, 455 p.

Dernier-nez

21 décembre 2008

Et voilà ! Mon dernier PIF est arrivé, remis en mains propres lors de la traditonnelle Choucroute de Noël (non, je ne confonds pas avec la dinde !).

Et comme il s'agit d'un superbe SLAT (Sac de Livres à Trimbaler), l'Artiste qui se cache derrière cette oeuvre n'est pas bien difficile à percer à jour (pour tous les participants de Books & the city, au moins) :  un grand merci et un gros bisou à FASHION pour ce nouveau SLAT chic et tendance qui me sied à merveille, il faut bien le dire (je dis ça au cas où une copine aurait l'idée saugrenue de vouloir me l'emprunter) ;-) !

Encore un cadeau avant Noël, c'est fort plaisant, ma foi !

L’annulaire, Yôko Ogawa

16 décembre 2008

"A la suite d'un léger accident de travail, la narratrice de ce récit a quitté son usine et trouvé un emploi d'assistante et réceptionniste auprès de M. Deshimaru, directeur d'un laboratoire de spécimens.

Dans ce lieu étrange, ancien foyer de jeunes filles pratiquement désert, elle reçoit la clientèle avant que M. Deshimaru [...] recueille, analyse et enferme à jamais les blessures et les souvenirs de ceux qui désirent échapper à leur mémoire. Sans vraiment comprendre ce qui se joue sous ses yeux, la jeune fille tombe peu à peu sous la coupe de cet homme…" (quatrième de couverture).

Ce récit ne déroge pas à la règle : il m'a beaucoup plu ! Je suis attirée par l'univers étrange de Yôko Ogawa. On fait la connaissance de personnages ordinaires qui travaillent dans un lieu qui l'est un peu moins. Au fil des pages, de plus en plus d'éléments deviennent particuliers, intrigants, fascinants. L'univers de l'auteur est instauré : le mystère et une légère odeur malsaine planent. Le lecteur veut découvrir l'autre côté de l'histoire, laquelle est comme une succession de tableaux regorgeant de détails comme des cacahuètes enrobées de chocolat ou des souliers parfaits symboles de l'attachement d'une jeune fille à son maître…

L'écriture est pensée, précise, imagée et frappante : elle donne une force incroyable au récit !

Comme le dit avec justesse l'éditeur : "Avec ce récit, Yôko Ogawa pénètre davantage encore dans le territoire de l'envoûtement et de l'étrange, et révèle, au coeur du suspense, l'empreinte d'une douleur qui va jusqu'au fétichisme."

C'est un roman que je recommande fortement aux lecteurs qui souhaiteraient découvrir Yôko Ogawa… Quant à ses fans, ils l'ont sans doute déjà lu (sinon, à rajouter d'urgence sur les listes de Noël) !

Du même auteur, j'ai lu et aimé : Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie et La petite pièce hexagonale

Ed. Babel (jolie couverture, non ?!), juin 2005, 94 p.

Bonnet ?

14 décembre 2008

Mais non, il ne s'agit pas d'un bonnet, mais d'un beau PIF (attention, un jeu de mot pitoyable se cache dès la première ligne de ce billet, je n'ai peur de rien !).

Il y a quand même un rapport avec l'hiver, puisque la chouette idée de So fut de se remettre au tricot et au crochet pour me confectionner de bien jolies mitaines fleuries ! J'en suis ravie, ce sont les premières que je possède (comme quoi, tout arrive, même par des chemins inattendus). Je suis vraiment admirative de ce genre de travaux manuels qui demandent patience et rigueur… et d'autant plus quand le résultat est aussi réussi !

MERCI SO, tu m'as fait très plaisir avec ce PIF !

(Désolés, les amis, mais il faisait vraiment trop froid ce matin pour une photo d'extérieur, alors bon, hein, je fais mon sapin avec des mitaines si je veux !)

Manque de chance : j'ai déjà un manteau gris et un chapeau gris qui iront parfaitement avec ces mitaines… Je n'aurais donc pas de bonne excuse pour faire les soldes en janvier !! (bah, si, tiens, il me manque des bottes grises !)  ;-)

PS : si vous ne connaissez pas le blog et l'humour savoureux de So, précipitez-vous à l'adresse suivante : http://www.conjurationdeslivres.com

Le voyageur de Noël, Anne Perry

8 décembre 2008

Dire que je n'avais jamais rien lu de ce prolifique auteur de romans policiers qui fête ses 70 ans cette année ! Heureusement, grâce au Club des Théières qui a eu l'audacieuse idée de choisir le thème de Noël ce mois-ci, j'ai pu combler cette lacune.

J'ai choisi Le Voyageur de Noël, ce qui signifie qu'il n'y a pas l'ombre d'une tricherie dans mon choix de lecture – j'en suis moi-même toute déboussolée ! On m'a dit qu'Anne Perry publiait un roman sur ce thème chaque année, celui-ci est le cru 2004. Une bien mauvaise année, si vous voulez mon avis.

Le vieil Henry Rathbone est le personnage central du roman. Il vient passer les fêtes de Noël (1850) chez sa filleule, Antonia, dont le mari, Judah Dreghorn, juge respecté, a été retrouvé mort près de la rivière quelques jours auparavant. Henry doit accueillir les deux frères et la belle-soeur de Judah qui viennent tous d'autres continents et vont donc apprendre la mauvaise nouvelle alors qu'ils se préparaient à de réjouissantes retrouvailles familiales. Comme ils trouvent la mort de Judah suspecte (qu'allait-il faire en pleine nuit près de la rivière ?), les membres de la famille s'allient pour découvrir la vérité.

J'ai été déçue par ce court roman policier (150 p.). Ses deux points forts : les personnages sont intéressants et l'histoire s'installe en douceur et en détails… Et puis, zou, deux trois démarches à droite et à gauche et deux pages avant la fin, "tiens, c'est lui le coupable, à la police de faire son travail", point final. Autrement dit, une histoire qui se finit en deux coups de cuiller à pot… Ce n'est pas dans l'esprit de Noël, ça, que je sache !

A coup sûr, cela ne me donne guère envie de découvrir d'autres polars d'Anne Perry. Mais je suis ouverte à des suggestions de titres si des fans souhaitent la réhabiliter à mes yeux ! ;-)

NB : les autres Théières présentes ont aussi été déçues de leur lecture, à deux exceptions près… Heureusement que Chiffonnette avait concocté de délicieux biscuits de Noël, des dattes fourrées à la pâte d'amande maison, et une non moins succulente tarte poire-chocolat… Merci, Chiff', on s'est bien consolé !!!

Les avis de : Florinette (également déçue) et de Clarabel (moins sévère)

Un tramway nommé Désir

5 décembre 2008

Ca y est, j'ai enfin vu ce film culte ! Merci encore, Bladelor ! Eh c'est confirmé, ce DVD avait vraiment toute sa place dans le colis Sexy Men.

Pour sa première apparition au cinéma, Marlon Brando incarne un parfait bad boy, beau, ténébreux, au caractère bien trempé et au sourire enjôleur. Et la scène où il enlève son T-shirt blanc moulant (alors considéré comme faisant partie de l'intimité, nous sommes en 1948, rappelons-le) et dévoile sa splendide musculature… Mamma mia !!!

 

Je me demande tout de même si le scénario suffirait encore à faire un film de 2h00 de nos jours.

Une jeune femme belle et intrigante, Blanche Dubois, rend visite à sa soeur Stella, mariée à un ouvrrier d'origine polonaise, Stanley (incarné par Marlon, donc, quand on est aussi beau on peut jouer toutes les nationalités, c'est un fait). Stella et Stanley ne s'entendent pas du tout, mais il y a une sorte de fascination mêlée de haine qui émerge alors que la belle prolonge son séjour… et pour cause, elle est dans le pétrin.

 

 

Tout repose sur les personnages et leurs relations basculant de l'amour à la haine en un clin d'oeil. Blanche est une femme diabolique, à moins qu'elle ne soit un peu folle… Quant à Stanley, il n'est pas l'incarnation de la douceur envers sa femme enceinte jusqu'aux dents (pas sexy, ça, Stanley !), et il casse la belle vaisselle de la fête d'anniversaire (le côté brute sauvage, ça peut en séduire certaines, il faut le reconnaître).

J'ai bien aimé me plonger dans l'ambiance de la Nouvelle-Orléans de l'après-guerre et partager ces deux heures de t-shirt déchiré cinéma classique !

20th Century Boys (t.1 à 10) – Naoki Urasawa

1 décembre 2008

En 2007, j'ai découvert Monster. En 2008, je m'attaque à l'autre grande oeuvre de Naoki Urasawa : 20th Century Boys.

Cette saga en 20 volumes (j'en suis donc à la moitié, comme votre calculette mentale vous l'aura indiqué), raconte l'histoire d'une bande de jeunes garçons japonais. En 1969, l'un d'entre eux, Kenji, a l'idée d'écrire un Cahier de Prédictions. Ils réunissent leurs idées et imaginent que des Méchants vont prendre le pouvoir lors du passage à l'an 2000 (ne riez pas et rappelez-vous que vous étiez inquiets que vos ordinateurs pêtent un boulon et perdent toutes vos belles photos). A la fin des vacances, ils enterrent une boîte de souvenirs et le fameux cahier.

Quelques années plus tard, on retrouve Kenji et sa bande dans leurs vies d'adultes. Kenji tient une épicerie et a la garde de sa nièce, Kanna depuis la disparition inexpliquée de sa soeur. Une organisation mi-religieuse mi-politique commence à se faire entendre dans le pays et fait de nombreux adeptes. Elle est mené par un homme étrange, insaisissable, qui porte un masque. Il s'appelle Ami.

Peu à peu, on découvre que les prédictions imaginées par Kenji et sa bande de copains se réalisent…

J'aime l'idée d'Urasawa. Cette série réunit suspense, intrigue policière et politique, aventures et humour, le tout noué par un fort lien d'amitié qui perdure sur les décennies durant lesquelles se déroule le récit.

Quelques points négatifs : il y a beaucoup de personnages (dans la bande de Kenji, déjà) et je n'arrive jamais à me souvenir de qui est qui (il faut dire que j'espace la lecture des tomes puisque je les emprunte à la médiathèque). Par ailleurs, les 5 premiers tomes ne font presque pas progresser l'histoire. Ils campent les personnages mais j'aurais aimé un peu plus d'action et de résolution d'énigmes… Bon, il faut être patients, au tome 10, on a déjà bien avancé. J'imagine que de nombreux rebondissements vont intervenir, vu que je n'en suis qu'à la moitié et que beaucoup de personnages ont déjà disparu !

A suivre…

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