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Passage du gué, Jean-Philippe Blondel

26 novembre 2008

Ca commençait bien, par une gentille dédicace faisant surgir Spirou où on ne l'attendait point. Merci, Caro[line], pour avoir fait voyager ce livre jusqu'au salon de Saint-Etienne. Merci, Jean-Philippe, pour ces quelques mots qui m'ont fait sourire. Ce furent les seuls, parce qu'après, vous m'avez fait pleurer.

Une rencontre inopinée dans les magasins d'usine de Troyes - je les ai écumés aussi quand j'étais ado ! Comme le temps passe… - fait resurgir le passé de trois personnages : Fred, Myriam et Thomas. Ils se succèdent dans la narration de leur aventure commune.

En 1985, Fred est pion dans un collège. Il est du genre rêveur, à se laisser voguer dans le sens du vent que lui imposera la vie. Un jeudi soir, juste avant de fermer le collège, un moment de grâce : Fred surprend la jeune professeur d'arts plastiques en train d'écouter une cassette. Elle est ailleurs, là où ni les élèves indisciplinés ni le triste décor de la ZUP ne peuvent l'atteindre. Elle s'appelle Myriam, et Fred tombe instantanément amoureux d'elle. Mais Myriam aime Thomas, qui a l'étoffe et la volonté implacable du "jeune cadre dynamique aux dents longues" et compte bien prendre la tête de l'hypermarché dans lequel il travaille. Etrange destin que celui de ce trio. J'ai été surprise par la tournure des évènements, je n'avais pas imaginé un seul instant que l'auteur bifurquerait dans cette direction alors que je m'attendais à un triangle amoureux classique. Par malchance, je suis tombée sur le passage le plus dramatique un dimanche soir à 23h, les larmes ont coulé - même si, fait rarissime, j'ai sauté quelques pages - et les cauchemars m'ont hantée toute la nuit.

Mais bien sûr (comme Accès direct à la plage, Juke box, 1979 et This is not a love songc'est un très beau roman que nous offre J.P. Blondel. Une histoire de gens ordinaires qui vivent quelque chose d'extraordinaire, qui laissera une empreinte indélébile sur chacun d'eux. Une écriture vivante, qui cisèle les sentiments, et des bouffées d'émotion achèvent de faire succomber le lecteur. On est en 1986, avec Myriam, Fred et Thomas, et on partage leur destin. On n'a pas le choix, c'est la vie.

Certains d'entre vous seront peut-être moins marqués que moi par ce roman, mais il faut dire que je l'ai lu à un moment propice à l'uppercut qu'il m'a mis. Brusquement, j'ai pris conscience de l'amour incommensurable qui grandit en moins sans crier gare. Je ne sais pas si c'est un cadeau ou un fardeau, mais il faut qu'il dure toujours.

 

L'avis d': Amanda qui renvoie sur les avis d'autres lecteurs. Jean-Philippe Blondel est omniprésent sur la blogosphère littéraire, anyway !

17 commentaires »

  1. valdebaz says

    oh la honte ! je suis l’exception ! jamais lu mais, mais, mais… noté ! Bon début !

    26 novembre 2008 | #

  2. Ys says

    Oui, en effet, omniprésent, et moi, je ne l’ai jamais lu :oops: il va falloir que j’y remédie on dirait…

    26 novembre 2008 | #

  3. saxaoul says

    JPB fait partie de mes auteurs préférés mais malheureusement, j’ai lu tous ses romans. J’attends son prochain avec impatience.

    26 novembre 2008 | #

  4. kathel says

    Voici donc un des livres que j’aurais pu gagner… :wink:
    Je le note en tout cas, et pas seulement à cause des magasins d’usines (j’avais lu quelque part que l’auteur était troyen, mais oublié aussi vite. Un ex-voisin, en quelque sorte)

    26 novembre 2008 | #

  5. Tamara says

    @Valdebaz : ne commence pas par celui-là (si tu veux mon avis), c’est le plus dur (émotionnellement parlant).

    @Ys : ah oui, alors ! Et vite, encore ! De toutes façons, tu vas sûrement tomber sur des billets des gagnantes du jeu organisées par Caroline, Fashion, Amanda et Stéphanie pour te le rappeler !!!

    @Saxaoul : BRAVO ! Enfin une bloggeuse qui a bien fait ses devoirs ! :wink:

    @Kathel : oui, il est Troyen ! J’espère que c’est son seul point commun avec Passage du gué… Bonne chance pour le prochain jeu !

    26 novembre 2008 | #

  6. erzébeth says

    J’aime ces billets où l’on sent que la personne derrière a vraiment été secouée, c’est touchant et puis ça prouve qu’il y a eu une réelle rencontre entre le livre et le lecteur… ça me plaît !

    26 novembre 2008 | #

  7. sylire says

    Je veux à tout prix le lire, et des petites piqures de rappel me le remettent en tête régulièrement. :wink:

    26 novembre 2008 | #

  8. Stéphanie says

    ce livre est une petit merveille!

    27 novembre 2008 | #

  9. Tamara says

    @Erzébeth : eh oui, il y a une âme derrière l’ordinateur !! :wink:

    @Sylire : tu dois être toute trouée, alors, vu le nombre de piqûres !! :lol:

    @Stéphanie : une terrible merveille, on va dire !

    27 novembre 2008 | #

  10. Joelle says

    Vu que je suis une des chanceuses qui ont gagné les livres de Blondel, je devrais le lire bientôt ! Ils sont tous tellement tentants que je me demande bien par lequel je vais commencer :)

    27 novembre 2008 | #

  11. amanda says

    je pense comprendre à quoi tu fais allusion ds le dernier paragraphe de ton billet…

    (ps : joelle : lis les dans l’ordre ;)

    27 novembre 2008 | #

  12. Tamara says

    @Joëlle : et si tu les lisais dans l’ordre, tout bêtement ?! :wink:

    @Amanda : normalement, les personnes qui ont lu le livre savent de quoi je parle… Je ne voulais pas en dire trop dans mon billet pour les autres !

    27 novembre 2008 | #

  13. Florinette says

    Un très beau roman qui depuis a fait le tour de la famille avec ce même résultat enthousiasme ! ;-)

    28 novembre 2008 | #

  14. nicolas says

    Je ne sais pas si ce livre est recommandé pour une lecture pendant ce magnifique mois de novembre, en tout cas Monsieur BLONDEL sonde encore parfaitement les âmes pour nous livrer un roman chargé d’émotion et dont on ne sert pas vraiement indemne.

    28 novembre 2008 | #

  15. Karine :) says

    Ton billet donne vraiment envie de lire ce livre. j’adore ta phrase “des gens ordinaires qui vivent quelque chose d’extraordinaire”… on sent que tu as été bouleversée!

    29 novembre 2008 | #

  16. Tamara says

    @Florinette : si en plus tu l’as “rentabilisé”, c’est le pompon ! :razz:

    @Nicolas : voilà un bien joli résumé, fort juste !

    @Karine : tant mieux si j’ai réussi à retranscrire les émotions qui m’ont traversées pendant cette lecture… J’espère que tu le liras !

    30 novembre 2008 | #

  17. tamaculture : Des livres, des mots... délivrent des maux » Le baby-sitter, Jean-Philippe Blondel says

    [...] de bien vouloir supprimer de vos prochains romans un certain fait qui s’était déjà produit dans Passage du Gué et qui m’avait grandement contrariée. Par pitié, cessez de faire saigner mon cœur [...]

    8 janvier 2010 | #

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