Garden of love, Marcus Malte
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Un jardin de mystères. Voilà comment je qualifie Garden of love. D'emblée, le lecteur s'égare : de courts chapitres, chacun mettant un scène un personnage différent et des histoires sans rapport apparent. Ce sont donc des nouvelles ? Mais non, au bout de cinquante pages, on s'aperçoit qu'il s'agit bien d'un roman.
Marcus Malte s'amuse à cultiver le mystère. Des personnages troubles et troublants, fragiles, intriguants, presque cassés. Au lycée, Matthieu fait la connaissance d'Ariel, un étrange jeune homme, distant et charismatique. Ils deviennent inséparables, même lorsqu'ils font la connaissance de Florence, petit moineau attendrissant, mais qui porte en elle un lourd secret.
Alexandre est flic. La cinquantaine, plus de famille ni d'intérêt pour son métier. Il reçoit un jour un manuscrit anonyme qui raconte l'histoire d'une vie. Une vie qui ressemble étrangement à la sienne. De là au cadavre de la maison qui surplombe la falaise, il y a encore des obstacles à franchir…
On doit défricher les pistes qui s'entrecroisent, éviter de se piquer les doigts sur les épines de l'enquête d'Alexandre, et contourner les pièges de l'auteur qui s'escrime à semer le doute parmi nous. Le résultat est bluffant. Marcus Malte a fait pousser un specimen rare : roman très psychologique sur fond d'enquête, de quête de soi, de quête de l'autre, en quête de reconnaissance… Ou comment une histoire peut être interprétée différemment selon le personnage qui la vit.
La construction de ce roman est originale et pafaitement maîtrisée. Quant à l'écriture de l'auteur, que j'avais déjà appréciée dans Intérieur Nord, elle m'a également emballée. Les mots sont choisis avec soin, ils s'enfoncent en vous avec la précision d'un bistouri et vous laissent une jolie cicatrice. Un auteur à lire, sans hésiter.
Extrait (p. 40):
"La question qui me hante est celle-ci : y a-t-il quelque chose que j'aurais pu faire pour que cela dure ? Quelque chose comme ériger une clôture, un rempart, une forteresse entière, imprenable, un cloître à notre amour. S'il ne s'était agi que de cela. Mais je crois que le mal était déjà dans la place. Je crois, je sais, qu'il était là, à l'intérieur, qu'il y était de longue date et que toutes mes pauvres tentatives pour l'éradiquer, toutes mes sincères mais dérisoires gesticulations n'avaient eu pour seul effet que de le tenir assoupi. Dormant sous les pétales des fleurs. Parfums anesthésiants. Mais il était là, oui. Tapi. Bien vivant. Le mal dans notre coeur. Il attendait son heure. On l'avait réveillé."
Les avis de : Cathulu (qui n'a pas aimé) et Florinette, Emeraude, Goelen et Amanda (qui ont beaucoup aimé)

Tout comme toi j’ai énormément aimé et j’ai bien hâte de poursuivre ma découverte de l’auteur….
10 novembre 2008 | #
je suis en train de lire la part des chiens, du même auteur donc (il me reste 10 pages, j’ai tout lu d’une traite hier soir mais je commençais à vraiment fatiguer!!) et c’est toujours pareil… Garden of love reste mon favori mais c’est effectivement un auteur à lire !
10 novembre 2008 | #
J’ai adoré ce roman et je suis tout à fait d’accord avec ton avis. Jusqu’à cette lecture, je ne connaissais Marcus Malte que pour ses romans jeunesse.
10 novembre 2008 | #
conquise, tu es, conquise tu resteras.
j’en ai terminé un la semaine dernière, et encore une fois,…. j’ai plongé, entièrement
10 novembre 2008 | #
Toujours pas commencé, alors je ne fais que survoler ton billet!
10 novembre 2008 | #
Bonjour,
je découvre ton blog. Nos deux sous titres se ressemblent quelque peu… rires !!!
Je vais me faire l’avocate du diable : j’ai détesté ce bouquin. Il en faut !
10 novembre 2008 | #
@Bladelor : Amanda fait des émules !
@Emeraude : je ne connais pas celui-là, je pense de toutes façons que je lirai ses autres romans !
@Saxaoul : et moi je ne savais pas qu’il écrivait aussi des romans jeunesse !!
@Amanda : je te crois sur parole. Merci de m’avoir fait découvrir M.M. !
@Maijo : survole telle une plume légère et délicate … (qui a dit que le lundi n’était pas propice à la poésie ?!)
@Anna : en effet (pour nos blogs) ! Et pour Garden of love, ma foi, tu n’es pas la seule à ne pas avoir accroché… Peut-être essaieras-tu un autre livre de Marcus Malte ?
10 novembre 2008 | #
Il était dans ma pile d’emprunts longue durée à la bibliothèque, cet été… et il est reparti sans que je l’aie lu. Je l’ai feuilleté, j’ai hésité, je ne le sentais pas. Ce que je me disais, en revanche, c’est qu’il fallait que je l’aborde quand j’aurais l’état d’esprit requis pour ce type de narration, de peur de passer à côté.
10 novembre 2008 | #
donc encore une sous le charme!
11 novembre 2008 | #
@Brize : peut-être as-tu fait le bon choix ? Donne-lui une seconde chance !
@Stéphanie : eh oui… Le craquage est facile, ces temps-ci… Il faut bien se réchauffer à ,l’approche de l’hiver !!!
11 novembre 2008 | #
Je l’ai lu il y a peu (c’était d’ailleurs une gracieuseté Emeraude!) et j’ai eu un gros coup de coeur pour ce roman. Une de mes très belles lectures de 2008!
11 novembre 2008 | #
Troublant et fascinant, c’est tout à fait ça !!
11 novembre 2008 | #
Je pencherais plutôt du côté de Cathulu mais en moins sévère ! En fait, avec le recul, je n’ai presque aucun souvenir de cette lecture !
11 novembre 2008 | #
@Florinette : je suis ravie qu’on soit du même avis !
@Joëlle : je te dirai ça dans six mois, pour l’instant elle reste bien fraîche pour moi !
11 novembre 2008 | #