Le chameau sauvage, Philippe Jaenada
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En octobre, le Club des Théières fêtait son premier anniversaire. Je me souviens de notre première rencontre, chez Chiffonnette… Je n'avais pas eu le temps de finir mon livre pour cette première édition, et j'appréhendais un peu la réunion. Heureusement, j'ai été vite rassurée quand j'ai su qu'une autre victime du temps qui passe n'avait lu que trois malheureuses nouvelles (
du recueil qu'elle avait choisi !
Tout cela pour dire qu'un an après, je suis allée le coeur beaucoup plus léger avec mon livre non fini au Club. D'ailleurs, j'ai un peu triché sur le thème "Anniversaire", puisque que le seul rapport du Chameau Sauvage avec un anniversaire est que je l'ai reçu lors du Lotobook il y a un an.
Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que je recherche qui me l'avait envoyé… Et bien, personne, finalement, je me suis fourvoyée (mais honnêtement, donc cette double triche ne compte pas). Je me demande bien d'où sort mon exemplaire. Il est dédicacé à André B., cela dit, ça fait une piste de départ pour qui veut se lancer dans l'enquête.
Le Chameau sauvage est l'histoire d'un type ordinaire, au physique quelconque et qui fait des petits boulots allant d'interprète à "pronostiqueur hippique". Plus qu'un type, il s'agit en fait d'un quidam malchanceux. D'abord, ses parents l'ont affublé d'un prénom improbable : Halvard. Ensuite, alors qu'il veut venir en aide à un petit vieux qui se fait agresser, il finit en taule où il rencontre Elvis. Quant il finit par sortir de garde à vue, il rencontre une fille trempée (par une bassine d'eau) qui tient une arme à la main (un tabouret cassé). Il en tombe immédiatement éperdument amoureux. Elle s'appelle Pollux Lesiak.
Tout ne va pas bien dans la vie d'Halvard (euphémisme flagrant). Il lui arrive des petites misères qui s'accumulent et l'incitent à boire du whisky pour donner une couleur plus floue et plus supportable à sa vie. D'abord, il faut qu'il retrouve Pollux Lesiak, qui s'est évaporée le soir de leur rencontre. Heureusement, Halvard a un ange gardien (Oscar) – comme chacun de nous a un ange gardien… Si vous videz votre tête, il vous soufflera son prénom – et il croit en la SECONDE CHANCE. Entouré de sa soeur Pascale, de sa chatte Caracas et de tas d'autres personnages qui croisent sa vie, Halvard traverse Paris en pensant très fort à la belle grande et molle Pollux…
Où cela nous mène-t-il ? A une histoire tirée par les cheveux mais qui m'a beaucoup plu, parce que je suis une adepte du style de Philippe Jaenada, reconnaissable à ses nombreuses parenthèses et à un humour entre autodérision et ironie qui me sied parfaitement. J'ai d'ailleurs éclaté de rire à plusieurs reprises au cours de ma lecture, c'est assez rare pour le souligner. A cela s'ajoute un sens de la formule qui pimente le récit… Outre les mésaventures du héros, des sujets plus sérieux sont abordés (sexe, drogue, sida, suicide ou accident…) et l'on trouve de belles réflexions sur l'amour, les femmes, les techniques de drague et les plis !
Un extrait parlera mieux que moi (p. 104 de l'édition Juillard, 1997) :
"Une nuit, en revenant de chez Marthe à pied (plus de métro, et je préférais marcher malgré le grand froid tramblogène plûtot que de me retrouver seul dans une voiture avec un chauffeur de taxi – en temps de crise, j'avais toutes les chances de m'asseoir derrière un forcené suicidaire ou un crampon chaleureux qui m'emmènerait de force taper le carton dans un coupe-gorge polonais devant un godet de schnaps artisanal (un seul emmerdeur ou un seul malade sillonne Paris cette nuit-là, et à tous les coups c'est pile pour ma pomme) : méfiance est soeur de prudence, donc tante de sûreté, et j'étais prêt à me fendre d'un ou deux kilomètres de marche pour ne pas retomber tout de suite dans le malheur [...])."
Quant au titre étrange, on en a l'explication dans les dernières pages du livre. Alors, laissez-vous tenter et vous serez peut-être aussi accro que moi au style Jaenada !
Lus aussi : La grande à bouche molle et Vie et mort de la jeune fille blonde

Je n’ai jamais lu Jaenada mais on me l’a souvent conseillé à cause de mon amour immodéré pour les parenthèses… ça semble déjanté à souhait, en tout cas… tout pour me plaire!
4 novembre 2008 | #
Quoi ???? Ce n’est même pas un livre Lotobook ??? Je vais rire un bon coup et je reviens!
Sinon, on est toujours dans la même galère chère Tamara, puisque moi, je n’avais carrément pas fait mes devoirs du tout…
4 novembre 2008 | #
@Karine : oui, oui, (je pense qu’)il peut vraiment (te) plaire, cet auteur !
@Fashion : euh…
Heureusement que tu es là pour jouer les cancres avec moi !
4 novembre 2008 | #
Un de trop rares livres qui fait vraiment rire !
5 novembre 2008 | #
@Cathulu : je suis d’accord avec toi, ils sont bien trop rares !
5 novembre 2008 | #
L’histoire m’a l’air complètement déjantée … comme je les aime
11 novembre 2008 | #