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Passage du gué, Jean-Philippe Blondel

26 novembre 2008

Ca commençait bien, par une gentille dédicace faisant surgir Spirou où on ne l'attendait point. Merci, Caro[line], pour avoir fait voyager ce livre jusqu'au salon de Saint-Etienne. Merci, Jean-Philippe, pour ces quelques mots qui m'ont fait sourire. Ce furent les seuls, parce qu'après, vous m'avez fait pleurer.

Une rencontre inopinée dans les magasins d'usine de Troyes – je les ai écumés aussi quand j'étais ado ! Comme le temps passe… - fait resurgir le passé de trois personnages : Fred, Myriam et Thomas. Ils se succèdent dans la narration de leur aventure commune.

En 1985, Fred est pion dans un collège. Il est du genre rêveur, à se laisser voguer dans le sens du vent que lui imposera la vie. Un jeudi soir, juste avant de fermer le collège, un moment de grâce : Fred surprend la jeune professeur d'arts plastiques en train d'écouter une cassette. Elle est ailleurs, là où ni les élèves indisciplinés ni le triste décor de la ZUP ne peuvent l'atteindre. Elle s'appelle Myriam, et Fred tombe instantanément amoureux d'elle. Mais Myriam aime Thomas, qui a l'étoffe et la volonté implacable du "jeune cadre dynamique aux dents longues" et compte bien prendre la tête de l'hypermarché dans lequel il travaille. Etrange destin que celui de ce trio. J'ai été surprise par la tournure des évènements, je n'avais pas imaginé un seul instant que l'auteur bifurquerait dans cette direction alors que je m'attendais à un triangle amoureux classique. Par malchance, je suis tombée sur le passage le plus dramatique un dimanche soir à 23h, les larmes ont coulé – même si, fait rarissime, j'ai sauté quelques pages – et les cauchemars m'ont hantée toute la nuit.

Mais bien sûr (comme Accès direct à la plage, Juke box, 1979 et This is not a love songc'est un très beau roman que nous offre J.P. Blondel. Une histoire de gens ordinaires qui vivent quelque chose d'extraordinaire, qui laissera une empreinte indélébile sur chacun d'eux. Une écriture vivante, qui cisèle les sentiments, et des bouffées d'émotion achèvent de faire succomber le lecteur. On est en 1986, avec Myriam, Fred et Thomas, et on partage leur destin. On n'a pas le choix, c'est la vie.

Certains d'entre vous seront peut-être moins marqués que moi par ce roman, mais il faut dire que je l'ai lu à un moment propice à l'uppercut qu'il m'a mis. Brusquement, j'ai pris conscience de l'amour incommensurable qui grandit en moins sans crier gare. Je ne sais pas si c'est un cadeau ou un fardeau, mais il faut qu'il dure toujours.

 

L'avis d': Amanda qui renvoie sur les avis d'autres lecteurs. Jean-Philippe Blondel est omniprésent sur la blogosphère littéraire, anyway !

Elle a mis le paquet !!!

22 novembre 2008

Ca y est, c'est à mon tour de crier "hiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !!!!" comme une adolescente aux hormones débordantes !

J'ai commencé par aller sonner chez ma gardienne, qui, hilare, m'a tendu un colis rose bonbon bardé d'hommes tous plus beaux les uns que les autres et annoté d'un énorme SEXY SWAP !!! (Il paraît que la factrice a bavé un peu sur le colis aussi… hé hé, mais il est A MOI !).

J'ai bien l'impression que mon brave chat court plus vite que Daniiiiel, non ? Hum, sûrement une photo truquée.

Ensuite, j'ai dû patienter 3 heures avant de l'ouvrir (bain de bébé, dîner de bébé, et ouf, dodo de bébé !). C'est long, trois heures. D'ailleurs, je vais vous laisser là et mon prochain billet sera publié dans trois heures (y a pas de raison que vous ayez tout d'un coup, non mais).

Bon, allez, je suis magnanime. J'ouvre. Et je rédige mon billet "en direct" (pardon à l'avance pour sa longueur ! Je savoure, comme dit Amanda).

RHAAAAAAAAAAAAAAAAA !!!! Brad et George surveillent mes paquets à l'intérieur !!!! Ils sont beaux, bronzés et ont l'air terriblement intelligents (si, si, c'est bien le mot que je voulais employer, comme synonyme de torrides).

Bon, j'ouvre. WAOUH, un terrible Dieu thaïlandais me regarde d'un air (pas trop) sexy… Ce sont Les cafards, la suite des aventures du beau Harry Hole, le détective de Jo Nesbo que j'ai découvert et aimé dans L'homme chauve-souris ! Yahou !

Rhâaaaa ! Marlon djeunz !! J'avais très envie de voir Un tramway nommé désir, je vais pouvoir réaliser mon fantasme (j'en ai d'autres en stock, ne vous inquiétez pas pour moi).

Ah, pardon, c'est l'heure de la Prévention Amoureuse.

L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Surtout s'il vous fait tomber raide dingue dans les bras d'un ténébreux inconnu au regard de velours.

OOOOOHHHHHH !! Ca y est, j'ai des bouffées de chaleur. Un calendrier 2009 avec George en couverture… et si vous voyiez l'intérieur !!!! J'adore M. Avril ! Et M. Juillet ! Et M. Décembre (lol, ça va réchauffer mon hiver 2009 !!!!). Ma swappeuse a bien saisi que mon coeur battait deux fois plus vite devant Daniel (Craig, l'avais-je précisé ?), du coup, elle l'a mis deux fois dans le calendrier, quelle excellente idée !!!

Uuuuh !!! Un cahier cinéma avec de craquants acteurs – salut aux petits nouveaux : Patrick (Demsey), Jeffrey (Dean Morgan), Gael (Garcia Bernal), Pierce (y en a qu'un pour s'appeler comme ça !)… Est-ce un cahier pour noter mes rêves ?! ;-)

AH ! Excellent : Amours chiennes, un film avec le formidable Gael, j'ai hâte de découvrir cette tragédie mexicaine oscarisée en 2001.

MIAM : ma tablette de chocolat préférée du moment : Côte d'Or citron – gingembre ! Et plein de petits coeurs fondants et craquants (ce sont les coeurs des sexy men que je vais croquer sans scrupules !)

LOL !!! Alors, là, je suis pliée de rire – no comment ! (Désolée, Fashion, il est A MOI, c'est maintenant officiel !!!)

Un énorme MERCI et plein de BISOUS à mon adorable et perspicace swappeuse : 

BLADELOR, JE T'ADORE ! (j'ai bien ouvert en dernier l'enveloppe rose à paillettes ! Mais chut, un courrier, c'est privé !)

Et tout cela n'aurait pu exister sans la BRILLANTE et KULTURELLE Fashion : merci, Sexy GO !

Bon, c'est pas que je m'ennuie, mais… "ils" m'attendent !

A moi pour toujours, Laura Kasischke

21 novembre 2008

Sherry Seymour est prof d'anglais dans une université du Michigan. Elle aime son mari, Jon, avec lequel elle est mariée depuis plus de vingt ans. Ils ont un fils, Chad, maintenant étudiant en Californie. Sherry souffre de la séparation avec son unique enfant, qui a grandit bien trop vite à son goût.

Cette année, le jour de la Saint Valentin, elle trouve dans son casier, à la fac, un billet avec ces mots laconiques : "Sois à moi pour toujours". Dans les jours qui suivent, d'autres billets du même type se succèdent. Sherry est à la fois flattée, amusée et intriguée. Lequel de ses collègues, des membres du personnel de l'université ou de ses étudiants est-il amoureux d'elle ? Sherry est, il est vrai, une belle femme qui a entretenu sa ligne avec des séances au gymnase. Mais elle est heureuse en ménage et n'envisage absolument pas de se lancer dans des complications sentimentales. Le Destin se fiche bien de son avis et la met dans une situation de plus en plus inextricable…

L'histoire de cette femme aussi pleinement mère qu'amante m'a beaucoup plu. Sherry est une femme que l'on admire et à laquelle on aime à s'identifier. Elle franchit une ligne que bon nombre d'entre nous n'envisage pas d'effleurer, elle s'adonne au plaisir charnel, sauvage et retrouve des impulsions inconscientes qu'elle croyait avoir oubliées. Et puis, tout s'emballe jusqu'à ce qu'elle ne contrôle plus rien.

Comme dans Un oiseau blanc dans le blizzard, Laura Kasischke transforme au fil des pages un lac bleu lagon en boue trouble et grouillante de vers. Le lecteur, pris dans le récit comme un papillon dans un filet, ne s'aperçoit que trop tard de la transformation, et finit, le coeur glacé, par tourner la dernière page.

La plume de Laura Kasischke est un délice. A la fois simple et poétique. Criante de vérité et imaginaire. Dans ce roman, il y a par exemple de magnifiques passages sur les sentiments partagés d'une mère fière de la réussite de son fils et un peu effrayée devant cet adulte qu'elle ne reconnaît plus. La nostalgie des goûters à la sortie de l'école, du visage que l'on enfouit dans le cou de son bébé en respirant son odeur… où s'envolent tous ces moments ? En quelques instants, on est une femme dont le visage accueillent de plus en plus de rides et dont la maison est désespérément trop grande. Alors des mots d'amour et l'imagination d'une auteur percutante, c'est sûr, ça vous remplit vos soirées et c'est un vrai bonheur !

Envolés

18 novembre 2008

Mais kes cé ksa ?!QUEL SOULAGEMENT !

Après des mois de torture intellectuelle (mais que vais-je bien pouvoir faire ???) et des heures de travail manuel (avec mes deux mains gauches, svp), je suis venue à bout de mes trois envois de PIF !

                          *****************

Adieu, donc, aux deux petits zoziaux qui se sont envolés chez Fashion et So.

Pff, pô facile ! Il manque un oeil !

Quant à Maijo, elle a reçu un cadre à photo décopatché (j'ai découvert de ces trucs, moi, avec ce challenge !) que je n'ai même pas osé prendre en photo, mais elle l'a fait .

 

Il s'avère en effet que je ne suis définitivement pas douée pour les bricolages nécessitant deux mains habiles et/ou de la patience !!!

Cui cui, je vole !

 

Message à mes Piffées :

OUPS ! SORRY ! JE NE RECOMMENCERAI PLUS ! Glurps

 

PS : au moins, ce PIF a été réalisé sans trucage, la preuve en images !

A Mélie, sans mélo – Barbara Constantine

12 novembre 2008

J'aime le bleu cielAprès l'étonnant Allumer le chat, voilà le second roman de Barbara Constantine. Elle est décidément une portraitiste de talent. Dans A Mélie, sans mélo, on a vraiment l'impression de partir en vacances avec la petite Clara, dix ans, chez sa grand-mère Mélie. C'est à la campagne, et chatastrophe, la console de jeux de la demoiselle déclare forfait… Heureusement, Mélie fait découvrir à sa petite-fille les mille et une petites joies de la vie campagnarde : les promenades à vélo, aller chercher le pain au village (là aussi, à coup de pédales), regarder pousser les bambous ou tisser les toiles d'araignée…   

Et puis, il se passe des choses étranges : tous les objets à moteur tombent en panne. Du coup, il faut appeler le vieux Marcel, du fond de sa maison de retraite, pour réparer tout ça. C'est qu'elle est maligne et généreuse, Mélie, elle n'a pas envie que son vieil ami se morfonde avec des moribonds. Alors, elle invente des pannes ! Quant aux meubles qui parlent, ma foi, le mystère reste entier…

D'autres personnages animent pour notre plus grand plaisir ce roman : Fanette (la maman de Clara), Gérard l'hypocondriaque, Bello le musicien vagabond, Antoine (l'amoureux de Clara), le jeune Pépé…

Tous forment une grande et (plutôt) joyeuse famille, malgré quelques soucis qui ne réussissent pas à entacher ces grandes vacances placées sous le signe de l'Amour.

Avec une plume enjouée et optimiste, parfois teintée d'une douce nostalgie, Barbara Constantine nous offre – en 53 très courts chapitres – un récit léger et sympathique, comme une bouffée de chaleur pour réchauffer les lecteurs ! Merci, Barbara !

Les avis de : Clarabel & Cathulu, Delphine, Carolyn (merci pour le prêt !)

Ed. calmann-lévy, 2008, 247 p.

Garden of love, Marcus Malte

10 novembre 2008

Un jardin de mystères. Voilà comment je qualifie Garden of love. D'emblée, le lecteur s'égare : de courts chapitres, chacun mettant un scène un personnage différent et des histoires sans rapport apparent. Ce sont donc des nouvelles ? Mais non, au bout de cinquante pages, on s'aperçoit qu'il s'agit bien d'un roman.

Marcus Malte s'amuse à cultiver le mystère. Des personnages troubles et troublants, fragiles, intriguants, presque cassés. Au lycée, Matthieu fait la connaissance d'Ariel, un étrange jeune homme, distant et charismatique. Ils deviennent inséparables, même lorsqu'ils font la connaissance de Florence, petit moineau attendrissant, mais qui porte en elle un lourd secret.

Alexandre est flic. La cinquantaine, plus de famille ni d'intérêt pour son métier. Il reçoit un jour un manuscrit anonyme qui raconte l'histoire d'une vie. Une vie qui ressemble étrangement à la sienne. De là au cadavre de la maison qui surplombe la falaise, il y a encore des obstacles à franchir…

On doit défricher les pistes qui s'entrecroisent, éviter de se piquer les doigts sur les épines de l'enquête d'Alexandre, et contourner les pièges de l'auteur qui s'escrime à semer le doute parmi nous. Le résultat est bluffant. Marcus Malte a fait pousser un specimen rare : roman très psychologique sur fond d'enquête, de quête de soi, de quête de l'autre, en quête de reconnaissance… Ou comment une histoire peut être interprétée différemment selon le personnage qui la vit.

La construction de ce roman est originale et pafaitement maîtrisée. Quant à l'écriture de l'auteur, que j'avais déjà appréciée dans Intérieur Nord, elle m'a également emballée. Les mots sont choisis avec soin, ils s'enfoncent en vous avec la précision d'un bistouri et vous laissent une jolie cicatrice. Un auteur à lire, sans hésiter.

Extrait (p. 40):

"La question qui me hante est celle-ci : y a-t-il quelque chose que j'aurais pu faire pour que cela dure ? Quelque chose comme ériger une clôture, un rempart, une forteresse entière, imprenable, un cloître à notre amour. S'il ne s'était agi que de cela. Mais je crois que le mal était déjà dans la place. Je crois, je sais, qu'il était là, à l'intérieur, qu'il y était de longue date et que toutes mes pauvres tentatives pour l'éradiquer, toutes mes sincères mais dérisoires gesticulations n'avaient eu pour seul effet que de le tenir assoupi. Dormant sous les pétales des fleurs. Parfums anesthésiants. Mais il était là, oui. Tapi. Bien vivant. Le mal dans notre coeur. Il attendait son heure. On l'avait réveillé."

Les avis de : Cathulu (qui n'a pas aimé) et Florinette, Emeraude, Goelen et Amanda (qui ont beaucoup aimé)

Paul à la pêche, Michel Rabagliati

7 novembre 2008

Tabernacle, j'ai une prise !Si, comme moi, vous n'y connaissez rien à la pêche et que vous ne souhaitez surtout pas en savoir plus sur les différents types de leurres, NE FUYEZ PAS !

Car Paul, le héros de cette bande dessinée, n'y connait rien non plus et s'en porte très bien, ma foi. Il travaille comme infographiste pour une agence de publicité, dans les années 80, au moment de l'explosion de l'informatique. Sa compagne, Lucie, est enceinte, tout comme la femme de son pote, le grand et séduisant Peter

Vous-ai je dis que l'histoire se déroulait au Québec ? Non ? J'ai eu tort, car cela explique une grande partie de ce qui fait le charme de cette merveilleuse BD. AH, tabernacle, il est vrai qu'il faut se lever de bonne heure pour comprendre les expressions drôlissimes de nos chers cousins ("Câliboire ! Lâchez-moé mes taboires !") !!!

Allez, mes maudits, lisez-donc l'histoire de Paul et Lucie, de leur jeunesse, de leur famille, de leurs amis, de leurs joies et de leurs drames, vous en sortirez revigorés et chamboulés, secoués par les rires et les larmes !

Moi, j'ai adoré. Sibonac ! Qu'est-ce que j'ai pu rigoler ! J'ai aussi eu le coeur serré, parfois. Et j'ai découvert des tas de mots que je vais tâcher de replacer dans la conversation, au risque de voir augmenter le nombre d'yeux écarquillés de mes interlocuteurs… (dommage qu'il me manque l'accent).

Je ne veux pas en dire trop pour vous laissez le plaisir de la découverte, tabaslac ! Mais vous verrez, ces petites touches du quotidien sont écoeurantes (au sens québécois du terme, c'est-à-dire géniales), les personnages terriblement attachants et le dessin en noir et blanc simple et efficace.

Indispensable !

PS : et parce que les québécois sont généreux, cette BD compte 199 planches (éd. La Pastèque), et elle a été récompensée à foison : Prix des libraires du Québec 2007, Festival de la BD francophone de Québec 2007, Grand prix de la ville de Québec, Meilleure bande dessinée québécoise Bédélys Québec 2006, Association des libraires du Québec, Album québécois de l'année. AYOILLE, RIEN QUE CA !!!

Special thanks : à mes amis Jonx & Nath qui ont eu l'excellente idée de me rapporter ce cadeau de leur voyage canadien.

Un, deux, trois… Cinéma !

6 novembre 2008

Fait rarissime : je suis allée trois fois au cinéma en trois jours. A croire qu'il y a une Fête du Cinéma dans les parages… Pas du tout ! Je n'ai pas encore repris le travail (pas avant un très lointain lundi 10 novembre) et mon bébé fait une semaine d'adaptation chez sa nounou… Autant dire que je profite à fond de ces quelques jours de liberté (shopping, coiffeur, lecture et) : cinéma, me voilà !

Pour faire simple et explicite, voici un petit bulletin de notes pour chacun des films que j'ai vus :

- Aparté : n'hésitez pas à 1) caresser les photos (avec votre souris, voyons !!) 2) cliquer pour mieux voir les détails époustoufflants de l'Acteur en Action, surtout pour le film n°2 ! -

affiche où le photographe a raté son cadrage

 Vicky Christina Barcelona (de Woody Allen)

Scénario : 4/10   Un homme, trois femmes… Mwouais, on a déjà vu plus original.

Exotisme : 6/10   Barcelone, c'est mieux que Dijon mais moins bien que Yangon.

 Action : 2/10      Un voyage en jet privé et un coup de feu, pas de quoi en faire une tortilla.


 

les brunes ne comptent pas pour des prunesSentiments : 9/10  Amour, haine, attirance, jalousie, amour, amour…

Température moyenne des spectatrices : un petit 38,3°C pour Javier Bardem. En revanche, les spectateurs masculins montent jusqu'à 40,7°C devant le hotrio Penelope Cruz, Scarlett Johansson et Rebecca Hall !

 

 

 

affiche avec une fille en trop dessusQuantum of solace (de Marc Forster)

Scénario : 6/10   Une histoire claire comme de l'eau de roche (enfin, presque), vengeance d'une jolie fille et combat contre une méchante et secrète (of course) Organisation… Juste de quoi pouvoir intégrer le quota de courses-poursuites (en auto, bateau, vieux coucou et même, soyons fous, à pied).

Exotisme : 8/10   Sienne, Londres, la Bolivie… et l'Autriche, voilà un voyage épicé en 1h47 !

Cours, Daniel, cours !

Action : 10/10      James Bond = film d'action, au cas où quelqu'un aurait passé plus de temps qu'il ne faut en cryohibernation. Des spectatrices ont même applaudi à l'atterrissage du parachute au fond du gouffre, si vous voyez ce que je veux dire… En gros, il y a 1h41 d'action pour 6 minutes de réflexion !

Sentiments : 5/10  Peu mieux faire. Pas de scènes torrides ou de folle passion. Les sentiments de haine et l'esprit de vengence règnent sur cet opus.

Bond, Daniel Bond, who else ?

Température moyenne des spectatrices : le thermomètre a malheureusement explosé durant la projection, mais je soupçonne un 58,9°C devant Daniel (ton nom rime avec miel) aux yeux turquoise (qui me laissent pantoise) et au sourire enjôleur (qui fait fondre mon coeur). Dire qu'il ne s'est même pas mis en slip de bain cette fois (cf. Casino Royale) et qu'on frôle tout de même la crise cardiaque ! Il est fort, ce Daniel.

 

 

 

affiche Pour ou Contre le kilt ?Le crime est notre affaire (de Pascal Thomas)

Scénario : 7/10   Inspiré d'Agatha Christie, donc ne peut pas être mauvais. Je lui reproche quelques longueurs. Hélas, je me souvenais parfaitement de l'auteur du crime (pour une fois que ma mémoire ne me fait pas faux bond… pff !).

Exotisme : 3/10   La campagne française ! Un certain charme suranné (décor, costumes) plonge le spectateur dans une autre époque… mais l'effet est malheureusement gâché par l'introduction d'éléments modernes (téléphone portable, vêtements des adolescentes…)

Action : 5/10    D'accord, il y a des meurtres, mais l'enquête n'avance pas à grands pas…

Sentiments : 5/10   Ne comptez pas sur moi pour dévoiler s'il s'agit d'un crime passionnel ou non… Sachez seulement que l'amour complice du vieux couple Beresford est touchant !

Température moyenne des spectatrices : 36,5°C  parce qu'André Dussolier en kilt, ça refroidit un peu la ménagère de moins de 50 ans !

 

Le tiercé gagnant :

1. James Bond et le Quantum Salace ;-)

2. Les Barcelonanas

3. Le crime, c'est mieux quand on lit Agatha Christie

Merci de ne pas baver sur la photo

 

PS : pour Fashion (prière de coller ta photo à la place de la tête d'Eva Green)

 

Le chameau sauvage, Philippe Jaenada

3 novembre 2008

En octobre, le Club des Théières fêtait son premier anniversaire. Je me souviens de notre première rencontre, chez Chiffonnette… Je n'avais pas eu le temps de finir mon livre pour cette première édition, et j'appréhendais un peu la réunion. Heureusement, j'ai été vite rassurée quand j'ai su qu'une autre victime du temps qui passe n'avait lu que trois malheureuses nouvelles ( ;-) du recueil qu'elle avait choisi !

Tout cela pour dire qu'un an après, je suis allée le coeur beaucoup plus léger avec mon livre non fini au Club. D'ailleurs, j'ai un peu triché sur le thème "Anniversaire", puisque que le seul rapport du Chameau Sauvage avec un anniversaire est que je l'ai reçu lors du Lotobook il y a un an.

Enfin, c'est ce que je croyais jusqu'à ce que je recherche qui me l'avait envoyé… Et bien, personne, finalement, je me suis fourvoyée (mais honnêtement, donc cette double triche ne compte pas). Je me demande bien d'où sort mon exemplaire. Il est dédicacé à André B., cela dit, ça fait une piste de départ pour qui veut se lancer dans l'enquête.

Le Chameau sauvage est l'histoire d'un type ordinaire, au physique quelconque et qui fait des petits boulots allant d'interprète à "pronostiqueur hippique". Plus qu'un type, il s'agit en fait d'un quidam malchanceux. D'abord, ses parents l'ont affublé d'un prénom improbable : Halvard. Ensuite, alors qu'il veut venir en aide à un petit vieux qui se fait agresser, il finit en taule où il rencontre Elvis. Quant il finit par sortir de garde à vue, il rencontre une fille trempée (par une bassine d'eau) qui tient une arme à la main (un tabouret cassé). Il en tombe immédiatement éperdument amoureux. Elle s'appelle Pollux Lesiak.

Tout ne va pas bien dans la vie d'Halvard (euphémisme flagrant). Il lui arrive des petites misères qui s'accumulent et l'incitent à boire du whisky pour donner une couleur plus floue et plus supportable à sa vie. D'abord, il faut qu'il retrouve Pollux Lesiak, qui s'est évaporée le soir de leur rencontre. Heureusement, Halvard a un ange gardien (Oscar) – comme chacun de nous a un ange gardien… Si vous videz votre tête, il vous soufflera son prénom – et il croit en la SECONDE CHANCE. Entouré de sa soeur Pascale, de sa chatte Caracas et de tas d'autres personnages qui croisent sa vie, Halvard traverse Paris en pensant très fort à la belle grande et molle Pollux…

Où cela nous mène-t-il ? A une histoire tirée par les cheveux mais qui m'a beaucoup plu, parce que je suis une adepte du style de Philippe Jaenada, reconnaissable à ses nombreuses parenthèses et à un humour entre autodérision et ironie qui me sied parfaitement. J'ai d'ailleurs éclaté de rire à plusieurs reprises au cours de ma lecture, c'est assez rare pour le souligner. A cela s'ajoute un sens de la formule qui pimente le récit… Outre les mésaventures du héros, des sujets plus sérieux sont abordés (sexe, drogue, sida, suicide ou accident…) et l'on trouve de belles réflexions sur l'amour, les femmes, les techniques de drague et les plis ! 

Un extrait parlera mieux que moi (p. 104 de l'édition Juillard, 1997) :

"Une nuit, en revenant de chez Marthe à pied (plus de métro, et je préférais marcher malgré le grand froid tramblogène plûtot que de me retrouver seul dans une voiture avec un chauffeur de taxi – en temps de crise, j'avais toutes les chances de m'asseoir derrière un forcené suicidaire ou un crampon chaleureux qui m'emmènerait de force taper le carton dans un coupe-gorge polonais devant un godet de schnaps artisanal (un seul emmerdeur ou un seul malade sillonne Paris cette nuit-là, et à tous les coups c'est pile pour ma pomme) : méfiance est soeur de prudence, donc tante de sûreté, et j'étais prêt à me fendre d'un ou deux kilomètres de marche pour ne pas retomber tout de suite dans le malheur [...])."

Quant au titre étrange, on en a l'explication dans les dernières pages du livre. Alors, laissez-vous tenter et vous serez peut-être aussi accro que moi au style Jaenada !

Lus aussi : La grande à bouche molle et Vie et mort de la jeune fille blonde

La trilogie new-yorkaise, Paul Auster

1 novembre 2008

Dans le cadre de la lecture commune organisée par Sylire et Lisa, pas de Brooklyn Follies pour moi mais un autre titre de Paul AusterTrilogie new-yorkaise. En fait, j'avais déjà lu la première des trois histoires : Cité de verre il y a un an et demi, et j'ai saisi l'occasion de finir ce roman… (comme quoi, tout arrive !)

Revenants est une étrange histoire d'enquête, ou l'histoire d'une enquête étrange, au choix. "L'affaire semble relativement simple. Blanc voudrait que Bleu file un dénommé Noir, qu'il le tienne à l'oeil aussi longtemps qu'il le faudra" (extrait, première page du récit).

Bleu est détective privé. Un client quelque peu mystérieux (puisqu'il ne souhaite avoir de contact que par boîte postale interposée) lui demande d'observer un individu et lui a loué un appartement faisant face au logement du type à surveiller. Il n'y a pas de limite temporelle à l'enquête demandée. Intrigué, Bleu accepte le marché après quelques hésitations. Et jour après jour, semaine après semaine, il observe minutieusement tout ce que fait Noir, sa cible. Mais contrairement à toute attente, Noir ne semble pas avoir une vie passionnante. Il lit, écrit, fait ses courses… Combien de temps le pauvre détective privé tiendra-t-il en se torturant les méninges pour trouver un sens à sa mission ?

Ce récit commence comme un polar mais se transforme peu à peu en questionnement métaphysique. Tous les personnages portent des noms de couleurs, ce qui donne un côté à la fois absurde et amusant à l'histoire. J'ai été complètement happée par l'intrigue sortie de l'imagination de Paul Auster. A la fois simple et complexe, à la fin ouverte et laissant place aux supputations du lecteur, Revenants m'a beaucoup plu, même si j'avoue ne pas avoir compris le choix du titre.

La Chambre dérobée est l'histoire de deux amis d'enfance. L'un d'eux, Fanshawe est doué pour l'écriture. L'autre, le narrateur, a un profil ordinaire, sans singularité. Après avoir perdu de vue son ami Fanshawe, il reçoit un jour une lettre de sa part. Celui-ci lui annonce sa disparition et l'investit d'une mission : aller trouver sa femme Sophie et examiner les manuscrits qu'il a laissés derrière lui. Selon leur valeur, ces manuscrits pourront être détruits ou envoyés à des éditeurs potentiels.

Le narrateur trouve rapidement un éditeur emballé par l'oeuvre de Fanshawe, et voilà que le disparu devient un auteur à succès ! Mais beaucoup de questions s'ensuivent : pourquoi Fanshawe a-t-il souhaité s'éclipser de sa vie, abandonnant femme et enfant derrière lui ? Pourquoi a-t-il choisi son ami d'enfance pour le remplacer ? Est-il réellement possible d'emprunter la vie d'un autre ?

Ce récit tourne autour de personnages très particuliers. Les liens de la famille, de l'amitié, de l'amour se mêlent jusqu'à former un noeud inextricable. C'est une fiction palpitante qui tourne autour de l'écriture et où une odeur de mystère plane jusqu'au bout du roman.

Pourquoi une trilogie de récits apparemment sans rapport, alors ? Eh bien, non seulement ils se déroulent tous à New-York, mais en plus, plusieurs indices les relient : le fameux (et tout aussi mystérieux que celui d'Agatha Christie) détective Quinn de Cité de verre est mentionné dans La Chambre dérobée, de même qu'un cahier rouge à spirales… D'autres fausses coïncidences sont parsemées dans les trois fables, mais je vous laisse le soin de les dénicher (et à la fin du roman dans l'édition Babel se trouve une lecture de Marc Chénetier qui propose une analyse intéressante du monde pseudonyme de Paul Auster).

L'univers austerien est vraiment particulier. Paul Auster a une plume envoûtante doublée d'un don extraordinaire pour conter des histoires farfelues que le lecteur gobe avec délectation, je me réjouis donc d'avoir encore plusieurs de ses livres dans ma PAL !

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