Passage du gué, Jean-Philippe Blondel
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Ca commençait bien, par une gentille dédicace faisant surgir Spirou où on ne l'attendait point. Merci, Caro[line], pour avoir fait voyager ce livre jusqu'au salon de Saint-Etienne. Merci, Jean-Philippe, pour ces quelques mots qui m'ont fait sourire. Ce furent les seuls, parce qu'après, vous m'avez fait pleurer.
Une rencontre inopinée dans les magasins d'usine de Troyes – je les ai écumés aussi quand j'étais ado ! Comme le temps passe… - fait resurgir le passé de trois personnages : Fred, Myriam et Thomas. Ils se succèdent dans la narration de leur aventure commune.
En 1985, Fred est pion dans un collège. Il est du genre rêveur, à se laisser voguer dans le sens du vent que lui imposera la vie. Un jeudi soir, juste avant de fermer le collège, un moment de grâce : Fred surprend la jeune professeur d'arts plastiques en train d'écouter une cassette. Elle est ailleurs, là où ni les élèves indisciplinés ni le triste décor de la ZUP ne peuvent l'atteindre. Elle s'appelle Myriam, et Fred tombe instantanément amoureux d'elle. Mais Myriam aime Thomas, qui a l'étoffe et la volonté implacable du "jeune cadre dynamique aux dents longues" et compte bien prendre la tête de l'hypermarché dans lequel il travaille. Etrange destin que celui de ce trio. J'ai été surprise par la tournure des évènements, je n'avais pas imaginé un seul instant que l'auteur bifurquerait dans cette direction alors que je m'attendais à un triangle amoureux classique. Par malchance, je suis tombée sur le passage le plus dramatique un dimanche soir à 23h, les larmes ont coulé – même si, fait rarissime, j'ai sauté quelques pages – et les cauchemars m'ont hantée toute la nuit.
Mais bien sûr (comme Accès direct à la plage, Juke box, 1979 et This is not a love song) c'est un très beau roman que nous offre J.P. Blondel. Une histoire de gens ordinaires qui vivent quelque chose d'extraordinaire, qui laissera une empreinte indélébile sur chacun d'eux. Une écriture vivante, qui cisèle les sentiments, et des bouffées d'émotion achèvent de faire succomber le lecteur. On est en 1986, avec Myriam, Fred et Thomas, et on partage leur destin. On n'a pas le choix, c'est la vie.
Certains d'entre vous seront peut-être moins marqués que moi par ce roman, mais il faut dire que je l'ai lu à un moment propice à l'uppercut qu'il m'a mis. Brusquement, j'ai pris conscience de l'amour incommensurable qui grandit en moins sans crier gare. Je ne sais pas si c'est un cadeau ou un fardeau, mais il faut qu'il dure toujours.
L'avis d': Amanda qui renvoie sur les avis d'autres lecteurs. Jean-Philippe Blondel est omniprésent sur la blogosphère littéraire, anyway !
