tamaculture

Mamma Mia !

29 septembre 2008

Après trois mois sans pouvoir aller au cinéma, mon retour dans les salles obscures fût une réussite !

D'abord, je remercie Fashion et Stéphanie qui se sont SACRIFIEES (n'ayons pas peur des mots) pour revoir ce film pour la (respectivement) 3ème et 2ème fois, et ce dans une salle à écran-de-télé avec une ambiance molle comme une huître au soleil (séance de l'après-midi en troisième semaine…).

A part cela, MAMMA MIA est un film jouissif, bourré de bons acteurs (et BEAUX, ce qui ne gâtent rien) tels que Meryl Steep, Pierce Brosnan, Colin Firth et la jeune Amanda Seyfried (jeune mais aussi belle, sourire Colg*te et qui chante superbement, pff, la vie est vraiment trop injuste ;-) )…

Pour les poisssons rouges qui vivent dans un bocal (comme moi, salut les amis), je résume l'histoire : dans un hôtel charmant mais un peu délabré, sur une magnifique île grecque (qui donne envie de faire ses valises sur le champ), une jeune fille (Sophie) va se marier (à Sky, tu parles d'un nom à coucher dehors… à la belle étoile). Sa curiosité insatiable l'amène à découvrir et à lire le journal intime de sa mère célibataire (Donna). Elle découvre qu'elle a trois pères potentiels (et pas un qui lui ressemble, soit dit en passant) et décide de les inviter en cachette à son mariage, histoire de faire une sacrée surprise à sa mère et à son fiancé (qui n'en demandaient pas tant).

Cette comédie musicale est entraînante (je me demande comment j'ai réussi à ne pas me mettre debout sur mon siège pour danser sur Dancing Queen & Cie…), drôle, émouvante, à la fois légère (par son scénario) et profonde (comment se construire lorsque l'on ignore ses origines, où se trouve le juste équilibre de la relation mère-fille ?, se découvrir homosexuel après 40 ans : faut-il absolument faire son coming out en plein mariage ? …).

Bref, un film à voir… et à revoir, n'est-ce pas, les filles ?!! (parce que les garçons sont bizarrement moins enthousiastes. Quelque chose contre ABBA, messieurs ?). Le CD de la BO est disponible, en attendant la sortie en DVD.

PS 1 : restez jusqu'à la fin du générique ! Rires garantis et costumes époustouflants !

PS 2 : Pierce Brosnan chante comme une casserole… une rutilante casserole en cuivre que j'aimerais bien accrocher dans ma cuisine !

PS 3 : ah non, désolée, je ne peux pas faire de pub ici. Et puis, les copines et moi, on préfère la OUI ;-)

PS 4 : plein de billets ont déjà paru sur les blogs littéraires (comme quoi, les lecteurs sont aussi des gens normaux qui vont au cinéma voir des films légers comme des plumes de boa), mais je n'ai guère le temps de les ajouter, sorry ! (Mamma mia, my baby you're a singing king… la la la… !)

Terre de rêves, Jirô Taniguchi

28 septembre 2008

Après Le journal de mon père et Le Sauveteur, je continue ma découverte du dessinateur japonais Jirô Taniguchi.

Terre de Rêves raconte cinq histoires. Les quatre premières nous invitent chez un couple de quadragénaires dans un pavillon de la banlieue de Tokyo.

Dans la première partie, ils nous parlent de Tam-Tam, leur vieux chien de quatorze ans. Il a accompagné une grande partie de leur vie, et maintenant que la sienne tire à sa fin, ils sont là pour lui, jusqu'au bout, malgré les difficultés et la fatigue que cela implique. C'est une histoire qui serrera le coeur de tous ceux qui ont déjà perdu un animal de compagnie…

Ensuite, arrive le gros chat persan dont personne ne veut car il est trop vieux : un an, tout de même !! Il s'avère que c'est une chatte, et le couple ne peut résister à son malheur : il l'adopte et l'appelle Boro ("en loques") en raison de sa fourrure grise qui ressemble à un vieux chiffon… Il n'est pas facile pour ce félin de croire enfin en sa bonne étoile, mais elle finit par adopter ces deux humains (chacun sait que les chats n'ont pas de maîtres !).

La troisième histoire est aussi touchante que les deux précédentes : l'arrivée de chatons bouleverse la vie de la maisonnée, y compris celle de Boro… Sera-t-elle une bonne mère ?

Et puis, un jour, une petite nièce de douze ans débarque à l'improviste : elle a fugué parce que sa mère va se remarier et que cela ne lui plaît pas… Un séjour chez sa tante et son oncle vont faire le plus grand bien à cette adolescente un peu perdue.

La cinquième histoire de ce manga est à part : elle présente un homme qui a pour passion la montagne. Lorsqu'il se marie, sa femme, inquiète, lui fait promettre de renoncer à sa passion. Après la naissance de deux enfants, elle voit que son mari n'a jamais oublié son amour des grands sommets, et l'autorise à partir une dernière fois en expédition. Cette nouvelle annonce Le Sauveteur, qui reprend le même thème de la montagne et de l'ivresse des sommets.

J'aime les dessins simples et appliqués de Jirô Taniguchi. Ses histoires sont profondément humaines, souvent avec une part d'autobiographie, et celles-ci ne dérogent pas à la règle. Un vrai moment de plaisir !

Ce manga a été publié par Casterman en 2005 dans le sens occidental de lecture.

Soleil couchant, Osamu Dazai

24 septembre 2008

Ce mois-ci, le thème du Club des Théières nous conviait à lire un roman / une BD / un manga dont le titre comporte un phénomène météo. Ni une, ni deux, me voilà plongée dans ma PAL pour trouver un livre approprié… Et ouf ! J'ai déniché un livre issu du Lotobook (ou comment faire d'une pierre deux coups) avec Soleil couchant d'Osamu Dazai (merci à Celia).

Pour cette édition du Club, personne n'a triché sur le thème ni lu qu'à moitié son bouquin (il faut dire que nous étions en équipe réduite) et c'était assez éclectique. Stéphanie nous a par exemple parlé de poésie (entre autres !!!) avec un minuscule recueil mais qu'elle a compensé par un manga (tous deux lus dans les transports en commun la menant au Club, si ce n'est pas faire ses devoirs "à l'arrache", je ne m'y connais pas ;-) ). Et Bébé Books a été sage comme les images du livre qu'il a présenté Noir sur Blanc, un super livre pour les nouveaux-nés.

J'avoue que ce que j'ai préféré, dans le roman que j'ai présenté, c'est la biographie de l'auteur qui précède le premier chapitre (cf. au pied de ce billet) !

"Les gens du Soleil couchant" est une expression inventée par Osamu Dazai pour désigner l'aristocratie japonaise sur le déclin, et elle a été reprise jusque dans les dictionnaires.

Voici l'histoire : "une femme de l'aristocratie nippone doit quitter pendant la guerre son hôtel particulier de Tokyo pour aller vivre modestement dans un petit chalet de montagne". Elle vit avec sa fille, Kazuko, une jeune femme de vingt-neuf ans, divorcée pour cause d'adultère… qu'elle a commis avec un artiste. Le frère de Kazuko, Naoji a combattu dans le Pacifique et a fini opiomane. Lorsqu'il revient dans la maison de sa mère, celle-ci est mourante et lui ne pense qu'à courir les femmes et à se saoûler, en puisant dans les dernières ressources de la famille.

Pourtant, la mère n'en veut pas à ses enfants, elle reste exemplaire de dignité dans la maladie et une mère aimante au pardon facile. C'est la dernière grande dame de la famille, pense Kazuko. L'intérêt de ce récit réside dans l'étude de la société japonaise juste après la Seconde Guerre Mondiale. En plein bouleversement, les repères sont perdus et les moeurs évoluent brusquement…

J'ai trouvé dans ce roman des détails intéressants sur la vie de la haute classe japonaise à cette époque. En revanche, l'histoire n'est pas vraiment passionnante, il s'agit de la photographie d'une famille et non d'une saga familiale à rebondissements. En quelques semaines à peine, on entre dans cette famille puis on se retire à pas feutrés lorsque prend fin la vie de la mère.

Un détail qui m'a marqué : l'emploi répété du verbe "sourdre"… à remettre au goût du jour pour briller en soirée !

Biographie d'Osamu Dazai :

"Né en 1909 dans une riche et puissante famille du Japon, Osamu Dazai a mené jusqu'à sa mort une vie folle et desespérée. Morphinomane, tuberculeux et alcoolique, il tenta plusieurs fois de se suicider. Auteur d'une excellente nouvelle, La femme de Villon, parue en 1947, puis de ses deux romans principaux, Soleil couchant et Le disqualifié, il avait commencé un autre roman à épisodes sous le titre anglais de Good Bye. En 1948, il réussit enfin à se tuer en se jetant dans les eaux débordantes du barrage Tamagawa, à Tokyo."

De Niro’s game, Rawi Hage

19 septembre 2008

Quel gâchis !

La guerre : inépuisable jeu d'adultes qui entraîne trop souvent des adolescents, des enfants, même, à se mêler de batailles qu'ils ne comprennent pas. D'ailleurs, je ne comprends moi-même pas tout, dans cette guerre au Liban des années 80, à part que chrétiens, musulmans, juifs, Israëliens, Libanais, Syriens… se battent, faisant des milliers de morts parmi les civils. J'avoue que la stupidité des conflits armés ne me donne guère envie de m'apesantir sur qui a fait quoi et veut quoi et pourquoi et qui sont les gentils et les méchants…

Car on n'est pas dans Candy, ici, et le nuancier de gris est tel que qu'il n'y a que des hommes, embringués par des milices aux intérêts autant financiers que religieux et politiques, qui comptent. En particulier, Georges, surnommé De Niro, et Bassam, le narrateur. Ils n'ont pas encore vingt ans, sont amis d'enfance, chrétiens et vivent à Beyrouth. Leurs familles se sont progressivement réduites sous les bombes, il reste une tante à l'un, un oncle communiste à l'autre.

La guerre les entoure, mais ce n'est pas leur unique préoccupation. Ils restent des adolescents, aimant s'envoler sur leur moto, leurs petits boulots leur permettant de gagner un peu d'argent pour se payer des cigarettes et des pâtisseries. Et puis, il y a l'amour, bien sûr… Entre la tante sexy de Georges et sa jolie voisine, les hormones de Bassam s'emballent. Il rêve de quitter Beyrouth pour Rome. Georges, lui, se laisse embringuer dans la guerre…

J'avoue que je n'aurais pas été attirée par ce roman si je l'avais feuilleté en librairie. Il donne l'impression de traiter d'un sujet lourd, mais en réalité, il s'agit d'une histoire d'amitié d'adultes en devenir et de leurs choix dans un contexte chaotique. Le récit nous entraîne à toute vitesse dans cette ville en ruine, avec ces gens touchants qui vivent dans la peur des bombes et qui pourtant doivent continuer un semblant de vie "normale". C'est un roman puissant, marquant et très bien écrit. C'est le premier roman de Rawi Hage, libanais vivant au Canada, et il a obtenu le Prix des Libraires du Québec : c'est mérité !

Special thanks : à Violaine de www.Chez-les-filles.com et aux éditions Denoël grâce à qui j'ai découvert ce livre.

Les avis de : Fashion, Caro[line], Cathulu, Karine, Kathel, Levraoueg, Erzébeth… (n'hésitez pas à ajouter vos liens dans les commentaires !)

 

Le rêve de Martin, Françoise Henry

17 septembre 2008

Ce court roman se lit comme il est écrit : d'une traite.

Armande vit à la campagne et, même si elle est déjà mariée et a deux enfants, elle a à peine dépassée la vingtaine dans l'entre-deux guerres. Un jour, le hasard la confronte à son ancien amoureux de jeunesse, Antoine, devenu instituteur. Le coeur l'emporte sur la raison, et de leur unique rencontre charnelle naîtra Martin. Le mari d'Armande ne tique pas à l'arrivée du bébé, mais lorsqu'en 1940 la guerre resserre les ceintures, il demande à ce que Martin, le troisième de leurs six enfants, soit placé chez un couple de paysans sans enfants… Le 9 mai 1940 marque le tournant de la vie de Martin.

Le roman est en réalité une longue lettre posthume qu'écrit Armande à son fils. Il a soixante-dix-sept ans et il est sur le point de rejoindre sa mère dans l'autre monde. Avec une honnêteté bouleversante, cette mère ose enfin ouvrir son coeur et exprimer ses sentiments, lui dire combien elle a souffert de leur séparation. Aurait-elle dû quitter son mari pour rejoindre Antoine et recommencer une autre vie ? Celle de son fils, en tout cas, aurait certainement été meilleure…

Ce livre est poignant : on ne peut que se mettre à la place de cette mère déchirée et de cet enfant qui ne comprend pas pourquoi il est rejeté de sa famille. Tous deux sont aussi malheureux l'un que l'autre mais la culpabilité de l'une et l'obéissance de l'autre empêcheront les retrouvailles. La très jolie plume de Françoise Henry , riche et sans concession, incite le lecteur à poursuivre le roman malgré sa noirceur.

Voici l'instant où tout s'est joué, la Faute qui bouleversera la vie d'une femme et fera de son enfant l'esclave de paysans crasseux qui n'auront pas un seul brin d'amour à offrir :

"Il m'a caressé la joue comme jamais personne ne me l'avait caressée. J'ai fondu. J'ai tout oublié. J'ai tout donné. Je me suis laissé glisser à terre avec lui. Le crépuscule nous protégeait. La terre était mouillée, l'herbe giflait doucement nos bras nus, je me suis salie, j'ai ri, j'ai eu du plaisir. Tu n'étais pas encore là, Martin, tu venais de commencer le chemin qui te mènerait au jour. " Martin n'a jamais compris pourquoi il a, un jour, été rejeté par ses parents. Il va enfin découvrir sur quel secret reposait sa vie brisée." (quatrième de couverture)

Publié chez Grasset en 2006, 219 p. et chez Le Livre de Poche en mars 2008, 155 p.

Ailleurs, en ce pays – Colum McCann

10 septembre 2008

Il y a quelques mois, après être tombée sous le charme de La Rivière de l'exil, je m'étais promis de découvrir un autre recueil de nouvelles de Colum McCann, cet écrivain à la plume si passionnément irlandaise. Celui-ci en contient trois, la dernière étant presque une novella. Toutes mettent en scène des enfants qui souffrent indirectement de la situation politique de l'Irlande durant les années Thatcher.

Dans la nouvelle qui donne son nom au recueil, une jeune fille - Katie – vole au secours de son père, dont la jument préférée est coincée par un rocher dans la rivière en crue. Le hic : il ne sait pas nager. Katie a déjà perdu sa mère et ne voit pas d'un bon oeil son père s'enfoncer dans son veuvage taciturne. Quand des soldats viennent à la rescousse de la jument et de ses maîtres, on ne peut pas dire que ce sont la reconnaissance et les remerciements qui étouffent le père…

Dans Le Bois, c'est un adolescent qui aide sa mère à assurer une commande, en cachette du père de famille. Ce dernier est menuisier mais il a été victime d'une attaque ; il est cloué au lit. Il ne serait guère ravi d'apprendre que sa femme a accepté de fabriquer des hampes qui vont servir dans un défilé orangiste

Une grève de la faim raconte l'histoire de Kevin, 13 ans qui vit dans une caravane avec sa mère. Le père est mort et l'oncle du garçon est en prison, sans doute à la suite d'actions ou de conspiration contre la politique du gouvernement anglais à l'égard de l'Irlande. L'oncle réclame le statut de réfugié politique et pour se faire entendre, entame une grève de la faim. Au rythme des journées monotones du jeune garçon, les kilos de l'oncle s'envolent inexorablement…

J'avoue ne pas avoir été particulièrement emballée par les deux premières nouvelles. L'une a un fin qui me déplaît, l'autre m'a laissée sur ma faim ! La dernière, en revanche, ressemble davantage à mes attentes. Sombre, bien sûr, puisque tel est l'univers de cet auteur irlandais.

Mais toutes sont formidablement bien écrites, dans une langue bizarrement simple et pourtant très imagée. Colum McCann est fichtrement doué pour insérer des détails insignifiants dans une histoire, et au final, ce sont ces détails qui font l'histoire. Par exemple, l'eau apparaît sous différente forme dans Ailleurs, en ce pays : d'abord tumultueuse dans la rivière, puis bouillante dans la théière, et enfin, amère dans les larmes du père… Dans le Bois, on a l'impression d'être dans l'atelier, à sentir la sciure de bois et le bruit de la ponceuse. Et la façon dont le jeune garçon fabrique des pièces d'échecs avec de la mie de pain est si bien décrite que j'ai eu l'impression d'assister à la scène…

En définitive, même s'il faut un peu de courage pour plonger dans la palette de gris et de noirs de McCann, cela en vaut la peine : ses mots sont autant d'étincelles qui viennent éclairer le tableau de l'artiste.

Un été policier {2/2}

6 septembre 2008

Voici la suite de mes aventures policières de l'été… Attention : que du bon !

Le Commissaire Montalbano

Enfin ! Grâce à une gentille tante sarde, j'ai pu découvrir le célèbre commissaire sicilien, Salvo Montalbano. Le personnage n'est pas si extraordinaire que cela : il pourrait être le Maigret italien, en vingt ans plus jeune. Ce qui fait toute l'originalité de ce roman policier, c'est la langue inventée par l'auteur : mélangeant allègrement italien et sicilien, argot et expressions régionales, elle donne toute la couleur méditerranéenne aux protagonistes. (Le traducteur a dû en baver, chapeau bas !).

D'ailleurs, au cours des premières pages, cette langue étrange et ce vocabulaire parfois incompréhensible m'ont rebutée. Je me suis dit : "c'est n'importe quoi, ce langage, on n'y comprend goutte !". Mais en fait, il suffit de s'accrocher un peu aux branches, et une fois que l'on a pris le coup, on savoure l'exotisme de la narration (on est parfois aidé par des notes du traducteur) et l'on s'attache assez rapidement au commissaire Montalbano.

J'ai été fort surprise en lisant La première enquête de Montalbano. La première partie s'intitule Sept lundis. Au bout de 80 pages, je me suis dit : "ça y est, on sait qui est l'auteur des crimes ! Il va y en avoir, des rebondissements, pour arriver à la 347ème page !!". Et en fait, non. Ce roman compte en réalité trois enquêtes distinctes, la première s'achevant à la page 99… Vous ne trouvez pas le titre du bouquin trompeur ? Non mais ! Je vous laisse découvrir la présentation de l'éditeur, qui donne le ton de "Sept lundis"…

La première enquête de Montalbano, Andrea Camilleri

"La Sicile doit sa notoriété à la splendeur d'un volcan, à la majesté de ses temples et au caractère impitoyable de certains de ses habitants. A ces attraits, il faut ajouter aujourd'hui un personnage hors du commun : le commissaire Montalbano. Pour la nonchalance, la gourmandise, l'érudition et le flegme, le "dottore" Montalbano n'a pas d'égal. Lui qui déteste les crimes de sang trop faciles à résoudre, le voici, pour sa première enquête, devant l'énigme la plus saugrenue, un condensé d'humour noir et de surréalisme : un lundi, on trouve un poisson abattu à coups de 7.65. Le lundi suivant, pareillement assassiné, un poulet. Ensuite un chien. A quand l'âne ou le bœuf, et quelques villageois ? L'affaire est sérieuse et Montalbano à pied d'œuvre."

Chien de faïence, Andrea Camilleri 

M'étant régalée avec le précédent polar, j'ai enchaîné avec celui-ci (ce qui suit n'est que la moitié de la présentation de l'éditeur, qui en dit trop) : 

"Tano u grecu, important mafieux menacé par ses pairs, décide de se livrer au commissaire Montalbano, mais il est abattu par ses anciens complices en même temps que deux policiers. Avant de mourir, il a révélé l'existence d'une importante cache d'armes dans une grotte aux environs de Vigàta."

Une histoire d'amour qui remonte à cinquante années, un mystérieux chien de faïence, des règlements de compte entre groupes mafieux, une promotion dont il ne veut pas, et une visite chez le coiffeur, voilà qui va donner du fil à retordre à Montalbano. Et comme dans toutes ses enquêtes, il se revigore par de bons petits plats dans la trattoria voisine… De quoi vous mettre l'eau à la bouche à chaque chapitre !

Extrait (p.131) : conversation entre Salvo Montalbano et un indic, Gegè (eh non, il n'y a pas de faute de frappe, une pirsonne, c'est une pirsonne !)

"- Allô, Salvo ? Gegè, je suis. Laisse-moi parler et ne m'interromps pas pour dire des couillonnades. J'ai besoin de te voir, poursuivit-il en dialecte, j'ai une chose à te dire.
- C'est bon, Gegè, ce soir même, si tu veux.
- Je suis pas à Vigàta, à Trapani, je suis.
- Alors, quand donc ?
- Aujourd'hui qué jour on est ?
- Jeudi.
- Ca te va samedi à minuit, à l'endroit habituel ?
- Ecoute, Gegè, samedi, je vais manger avec une pirsonne, mais je peux venir pareil. Si j'ai du retard, attend-moi."

Petit bréviaire du braqueur, Christopher Brookmyre

Dans ma PAL depuis très longtemps (2 ans ?), j'ai enfin lu ce Petit Bréviaire du Braqueur (pas si petit que ça : 459 pages). Autant vous dire d'emblée que j'ai adoré.

L'inspectrice Angélique de Xavia n'a pas beaucoup d'amis, et encore moins dans la police de Glasgow. Être une femme, passe encore, mais elle est noire de peau, supportrice des Rangers (équipe de football), a déjoué une action terroriste presque à elle toute seule (dans Petite bombe noire). Solitaire, la belle ? Oui, mais terriblement efficace. C'est donc à elle que l'on fait appel lorsqu'une banque est braquée par une bande de joyeux lurons

Je ne veux pas en dire trop pour préserver toute la saveur et le suspense de cet excellent polar. Sachez (mesdames) qu'il y a un personnage masculin à fort potentiel, voyou mais craquant (toute ressemblance avec un autre héros de polar serait absolument forfuite) et que Chritopher Brookmyre a un style insolent, très drôle et a su mener de front intrigue, passion, danger et musée. Un cocktail détonnant, à boire absolument !

NB : je vais lire tous les polars de cet auteur, pour sûr ! Et je pense que ce tome ferait un excellent film !

Queue de poisson, Cari Hiaasen

Chaz n'a vraiment pas de bol. Marié depuis deux ans à une jolie femme, intelligente, très riche et pleine d'humour, voilà qu'elle ose contrarier ses plans en ne mourant pas lorsqu'il la jette par-dessus bord du paquebot sur lequel ils font une croisière-anniversaire de mariage, au large de la Floride.

Joey est en effet bonne nageuse et réussit à nager puis à flotter jusqu'à ce qu'un pêcheur vienne la récupérer. Or, ce dernier est en fait un ancien flic. Ensemble, ils décident de faire payer chèrement à Chaz sa tentative de meurtre… 

Ce roman policier est atypique puisque l'on sait dès le début que le meurtre n'a pas abouti et que l'on connait le(s) coupable(s). Il s'agit davantage d'une histoire de vengeance, sur fond de magouille financière anti-écologique au possible. On se balade dans les Everglade, marais indispensable à l'équilibre de la région mais pollué par les nombreuses exploitations agricoles aux dirigeants peu scrupuleux… Mais rassurez-vous, le sang coulera et le lecteur aura son compte d'émotions !

J'avoue que l'écriture de Carl Hiaasen n'est pas marquante (il est journaliste au Miami Herald) mais ce polar est original et ma foi, fort distrayant. Rira bien qui rira le dernier, voilà ce que Joey a en tête, et elle mènera jusqu'au bout sa vengeance (bien méritée).

Special thanks : à Fashion !

Un été policier {1/2}

3 septembre 2008

Chers lecteurs involontairement délaissés,

Je regrette de ne plus pouvoir écrire autant que je le désire, mais bon, on ne peut pas tout avoir, un bébé QUI FAIT SES NUITS (depuis 1 semaine, je revis… enfin, je redors !) et un blog à jour…

En revanche, j'ai le temps de lire et j'ai choisi de piocher les polars de ma PAL, histoire de n'avoir pas trop à me concentrer. Voici quelques mini-critiques de mon été policier :

Millenium 3 (La reine dans le palais des courants d'air), Stieg Larsson

Je n'ai pas besoin de faire un résumé ni de présenter l'auteur, vous ne pouvez pas y avoir échappé.
J'ai dévoré ce troisième tome, et je conseille à ceux qui n'ont pas encore lu la trilogie de le lire juste ou peu après le second tome. En revanche, on peut attendre entre le 1 et le 2 puisque le premier tome raconte et termine une enquête de Mikael Blomkvist.

Ce dernier volet ne pas pas déçue, j'étais prise dans le filet sans pouvoir en sortir… J'ai remarqué quelques maladresses de traduction, mais cela reste une excellente série. J'aurais bien aimé que l'auteur se mette à écrire plus tôt (message aux écrivains qui hésitent à se lancer !), ses polars auraient pu être les Agatha Christie du XXI ème siècle…

J'espère que l'adaptation cinématographique sera à la hauteur !

Septième ciel, Janet Evanovich

Si vous ne connaissez pas cette série qui fait rimer glamour avec humour, je vous renvoie au tome 1, La Prime.

Pour les autres, voici la présentation de l'éditeur qui met l'eau à la bouche… et qui est à la hauteur de ses promesses, sauf pour… (cf tome 8 ci-après !).

"Une nouvelle enquête "casse-tête" pour la chasseuse de primes Stéphanie Plum. Lancée cette fois-ci aux trousses du vieillard Eddie DeChooch, mafieux bigleux, dépressif et aussi insaisissable qu'un cafard sur une plinthe, l'irrésistible traqueuse de têtes doit parallèlement composer avec une série de truculentes aventures. Coincée entre sa soeur qui, à peine larguée par son mari, décide de virer sa cuti, les avances matrimoniales de l'entreprenant Joe Morelli et les incursions de deux "Laurel et Hardy" de la pègre adeptes des visites par effraction, la belle fait appel à son mentor, le sulfureux Ranger. Seulement voilà, celui-ci l'aidera mais à une seule condition : qu'elle lui offre son corps le temps d'une nuit d'amour torride… "

Le Grand Huit, Janet Evanovich

Rhâaaaa !!! Ce huitième tome des aventures de la chasseuse de primes la plus célèbre de la blogosphère recèle l'Evènement tant attendu !!! Celles qui suivent le suspense torride Morelli / Ranger savent de quoi je parle ! Cependant, l'auteur est avare de détails et laisse place à l'imagination du lecteur…
Dans cet épisode, Stéphanie Plum enquête sur la disparition d'une fillette et de sa mère, et des personnages (encore plus) loufoques font leur apparition : le pitoyable et touchant petit avocat Albert Khloune, et un lapin géant… En résumé, attendez-vous à une bonne tranche de rigolade !

 

L'homme chauve-souris, Jo Nesbo

"Parce qu'une jeune Norvégienne a été sauvagement jetée d'une falaise à l'autre bout du monde en Australie, l'inspecteur Harry Hole de la police d'Oslo est envoyé sur place par une hiérarchie soucieuse de l'évincer. Ce qui n'aurait dû être que routine diplomatique va se transformer en traque impitoyable au fur et à mesure de meurtres féroces qu'Harry Hole refuse d'ignorer. Autre hémisphère, autres méthodes… Associé à un inspecteur aborigène étrange, bousculé par une culture neuve assise sur une terre ancestrale, Hole, en proie à ses propres démons, va plonger au cœur du bush millénaire. L'Australie, pays de démesure, véritable nation en devenir où les contradictions engendrent le fantastique comme l'indicible, lui apportera, jusqu'au chaos final, l'espoir et l'angoisse, l'amour et la mort : la pire des aventures." (présentation de l'éditeur)

J'ai beaucoup aimé ce polar. D'abord, parce qu'il est très dépaysant et instructif : non seulement l'enquête se déroule à Sydney, mais en plus la culture aborigène est présente tout au long du roman, notamment grâce à la présence d'un policier qui va collaborer avec Harry Hole, le personnage principal. Ce dernier est norvégien et il est bourré de défauts et de fragilités : c'est un autre point qui m'a fait accrocher à l'histoire. Les personnages sont atypiques et l'auteur réussit à nous embrouiller suffisamment pour que l'on ne sache plus à quel indice se vouer – ce qui est la moindre des choses pour qu'un polar soit réussi, me direz-vous ! Je suis très heureuse d'avoir découvert Jo Nesbo, dont le style m'a plu, et espère bien mettre la main sur d'autres de ses polars.

L'avis plus mitigé d'Emeraude.

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