Voici la suite de mes aventures policières de l'été… Attention : que du bon !
Le Commissaire Montalbano
Enfin ! Grâce à une gentille tante sarde, j'ai pu découvrir le célèbre commissaire sicilien, Salvo Montalbano. Le personnage n'est pas si extraordinaire que cela : il pourrait être le Maigret italien, en vingt ans plus jeune. Ce qui fait toute l'originalité de ce roman policier, c'est la langue inventée par l'auteur : mélangeant allègrement italien et sicilien, argot et expressions régionales, elle donne toute la couleur méditerranéenne aux protagonistes. (Le traducteur a dû en baver, chapeau bas !).
D'ailleurs, au cours des premières pages, cette langue étrange et ce vocabulaire parfois incompréhensible m'ont rebutée. Je me suis dit : "c'est n'importe quoi, ce langage, on n'y comprend goutte !". Mais en fait, il suffit de s'accrocher un peu aux branches, et une fois que l'on a pris le coup, on savoure l'exotisme de la narration (on est parfois aidé par des notes du traducteur) et l'on s'attache assez rapidement au commissaire Montalbano.
J'ai été fort surprise en lisant La première enquête de Montalbano. La première partie s'intitule Sept lundis. Au bout de 80 pages, je me suis dit : "ça y est, on sait qui est l'auteur des crimes ! Il va y en avoir, des rebondissements, pour arriver à la 347ème page !!". Et en fait, non. Ce roman compte en réalité trois enquêtes distinctes, la première s'achevant à la page 99… Vous ne trouvez pas le titre du bouquin trompeur ? Non mais ! Je vous laisse découvrir la présentation de l'éditeur, qui donne le ton de "Sept lundis"…
La première enquête de Montalbano, Andrea Camilleri
"La Sicile doit sa notoriété à la splendeur d'un volcan, à la majesté de ses temples et au caractère impitoyable de certains de ses habitants. A ces attraits, il faut ajouter aujourd'hui un personnage hors du commun : le commissaire Montalbano. Pour la nonchalance, la gourmandise, l'érudition et le flegme, le "dottore" Montalbano n'a pas d'égal. Lui qui déteste les crimes de sang trop faciles à résoudre, le voici, pour sa première enquête, devant l'énigme la plus saugrenue, un condensé d'humour noir et de surréalisme : un lundi, on trouve un poisson abattu à coups de 7.65. Le lundi suivant, pareillement assassiné, un poulet. Ensuite un chien. A quand l'âne ou le bœuf, et quelques villageois ? L'affaire est sérieuse et Montalbano à pied d'œuvre."
Chien de faïence, Andrea Camilleri
M'étant régalée avec le précédent polar, j'ai enchaîné avec celui-ci (ce qui suit n'est que la moitié de la présentation de l'éditeur, qui en dit trop) :
"Tano u grecu, important mafieux menacé par ses pairs, décide de se livrer au commissaire Montalbano, mais il est abattu par ses anciens complices en même temps que deux policiers. Avant de mourir, il a révélé l'existence d'une importante cache d'armes dans une grotte aux environs de Vigàta."
Une histoire d'amour qui remonte à cinquante années, un mystérieux chien de faïence, des règlements de compte entre groupes mafieux, une promotion dont il ne veut pas, et une visite chez le coiffeur, voilà qui va donner du fil à retordre à Montalbano. Et comme dans toutes ses enquêtes, il se revigore par de bons petits plats dans la trattoria voisine… De quoi vous mettre l'eau à la bouche à chaque chapitre !
Extrait (p.131) : conversation entre Salvo Montalbano et un indic, Gegè (eh non, il n'y a pas de faute de frappe, une pirsonne, c'est une pirsonne !)
"- Allô, Salvo ? Gegè, je suis. Laisse-moi parler et ne m'interromps pas pour dire des couillonnades. J'ai besoin de te voir, poursuivit-il en dialecte, j'ai une chose à te dire.
- C'est bon, Gegè, ce soir même, si tu veux.
- Je suis pas à Vigàta, à Trapani, je suis.
- Alors, quand donc ?
- Aujourd'hui qué jour on est ?
- Jeudi.
- Ca te va samedi à minuit, à l'endroit habituel ?
- Ecoute, Gegè, samedi, je vais manger avec une pirsonne, mais je peux venir pareil. Si j'ai du retard, attend-moi."
Petit bréviaire du braqueur, Christopher Brookmyre
Dans ma PAL depuis très longtemps (2 ans ?), j'ai enfin lu ce Petit Bréviaire du Braqueur (pas si petit que ça : 459 pages). Autant vous dire d'emblée que j'ai adoré.
L'inspectrice Angélique de Xavia n'a pas beaucoup d'amis, et encore moins dans la police de Glasgow. Être une femme, passe encore, mais elle est noire de peau, supportrice des Rangers (équipe de football), a déjoué une action terroriste presque à elle toute seule (dans Petite bombe noire). Solitaire, la belle ? Oui, mais terriblement efficace. C'est donc à elle que l'on fait appel lorsqu'une banque est braquée par une bande de joyeux lurons…
Je ne veux pas en dire trop pour préserver toute la saveur et le suspense de cet excellent polar. Sachez (mesdames) qu'il y a un personnage masculin à fort potentiel, voyou mais craquant (toute ressemblance avec un autre héros de polar serait absolument forfuite) et que Chritopher Brookmyre a un style insolent, très drôle et a su mener de front intrigue, passion, danger et musée. Un cocktail détonnant, à boire absolument !
NB : je vais lire tous les polars de cet auteur, pour sûr ! Et je pense que ce tome ferait un excellent film !
Queue de poisson, Cari Hiaasen
Chaz n'a vraiment pas de bol. Marié depuis deux ans à une jolie femme, intelligente, très riche et pleine d'humour, voilà qu'elle ose contrarier ses plans en ne mourant pas lorsqu'il la jette par-dessus bord du paquebot sur lequel ils font une croisière-anniversaire de mariage, au large de la Floride.
Joey est en effet bonne nageuse et réussit à nager puis à flotter jusqu'à ce qu'un pêcheur vienne la récupérer. Or, ce dernier est en fait un ancien flic. Ensemble, ils décident de faire payer chèrement à Chaz sa tentative de meurtre…
Ce roman policier est atypique puisque l'on sait dès le début que le meurtre n'a pas abouti et que l'on connait le(s) coupable(s). Il s'agit davantage d'une histoire de vengeance, sur fond de magouille financière anti-écologique au possible. On se balade dans les Everglade, marais indispensable à l'équilibre de la région mais pollué par les nombreuses exploitations agricoles aux dirigeants peu scrupuleux… Mais rassurez-vous, le sang coulera et le lecteur aura son compte d'émotions !
J'avoue que l'écriture de Carl Hiaasen n'est pas marquante (il est journaliste au Miami Herald) mais ce polar est original et ma foi, fort distrayant. Rira bien qui rira le dernier, voilà ce que Joey a en tête, et elle mènera jusqu'au bout sa vengeance (bien méritée).
Special thanks : à Fashion !