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Le Tigre blanc, Aravind Adiga

21 août 2008

Voici le dernier livre dont je vous parle qui faisait partie de mes envois du Jury Fnac pour la rentrée littéraire 2008… Et ce fut mon "coup de coeur" ! Pourtant, je l'avais mis d'emblée sous la pile des quatre car il ne me tentait guère… La preuve qu'il ne faut pas s'arrêter à des a priori !

Mot de l'éditeur : (extraits car il en dit trop, le bavard !)

[...] Le Tigre blanc c’est lui, Balram Halwai, l’enfant le plus intelligent du village mais d’une extraction si misérable qu’il n’a pu terminer ses études secondaires. Employé dans une de ces innombrables petites échoppes de thé qui essaiment le long des routes du pays, il doit son salut à l’un de ces nouveaux riches qui lui propose de devenir son chauffeur à Delhi.
Et tandis qu’il conduit son maître d’un centre commercial clinquant à un autre, d’un « call center » à un autre, Balram se rend compte des nouvelles immenses richesses et multiples opportunités qui l’entourent et lui rappellent qu’il ne pourra jamais faire partie de cette Inde prospère et rutilante du 21ème siècle, à moins de [...]
Des villages sordides des berges du Gange au nouvel eldorado sudiste et « high tech » de Bangalore, Le Tigre blanc nous raconte la vie et le destin d’un des laissés pour compte du miracle économique indien qui fascine tant l’occident, à travers un conte amoral, cynique, impénitent mais très charismatique, par l’un des représentants les plus talentueux de la jeune littérature indienne.

Mon avis :

Ce roman est un bijou indien : en sept nuits, sous la forme d'une lettre au Premier Ministre Chinois qui doit venir en visite officielle en Inde, le narrateur, Balram Halwai, explique comment il a réussi l'impensable : quitter sa caste modeste et les Ténèbres pour rejoindre l'autre Inde, celle de la Lumière, en devenant un entrepreneur prospère… mais à quel prix ! Une série d'aventures pittoresques et dépaysantes nous est contée avec un talent indéniable.

C'est un livre coloré et plein de saveurs, d'odeurs – pas toujours agréables ! – écrit avec beaucoup d'habileté et avec un ton délicieusement ironique. Je vous en recommande fortement la lecture : à la fois instructive (on apprend beaucoup sur la famille et la société indiennes), distrayante (pas question de lâcher le roman avant la fin) et drôle !

L'auteur :

Aravind Adiga est né en Inde en 1974. Elevé en partie en Australie, il a fait ses études à Columbia et à Oxford. Ex – correspondant du magazine Time, il a aussi écrit pour le Financial Times. Il vit à Bombay.

A paraître : septembre 2008

Editions Buchet / Chastel, 320 p.

Les inséparables, Marie Nimier

15 août 2008

Troisième et avant-dernier roman reçu dans le cadre du Jury littéraire Fnac 2008, c'est aussi le premier que je lis de Marie Nimier, qui a déjà écrit ou co-écrit une dizaine d'ouvrages.

C'est l'histoire forte d'une amitié entre deux petites filles parisiennes, Léa et "Bambi". Elles habitent dans de grands appartements à loyer modéré bloqué d'un chic quartier du 8ème arrondissement, non loin des Champs-Elysées. Très différentes l'une de l'autre, les deux jeunes filles sont comme les doigts de la main et font les quatre cents coups ensemble. Au fil des ans, le lien serré qui les uni deviendra plus ténu mais ne cessera jamais d'exister, malgré les chemins différents que prendront les deux amies.

La plume de Marie Nimier est fort agréable, parfois tendre, parfois cruelle, et procure beaucoup d'émotions au lecteur. Des personnages très étonnants apparaissent au détour des pages, des événements drôles ou tragiques se produisent… Ce que j'en retiens ? En amitié, pas de jugement !

Mon bémol : alors que le personnage de Léa est très approfondi, celui de l'autre héroïne, qui est aussi la narratrice, est plus flou… Cela reste un très beau roman, que je vous conseille !

Extrait :

"J'aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu'on peut dire cela? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s'ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte.
Que nous est-il arrivé ? Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton, les petites filles amoureuses, les adolescentes en colère? Il faudrait retrourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir l'image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au lieu de ça, un rideau se lève, et c'est Léa qui apparaît. Léa et son nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués.
Il n'est pas besoin d'aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde
."
 

A paraître : le 4 septembre 2008

Editions Gallimard – coll. Blanche, 272 p.

J’aime pas l’amour… ou trop peut-être, Vanessa Caffin

8 août 2008

Voici le second roman que j'ai reçu en tant que membre du Jury Fnac pour la rentrée littéraire 2008.

Quatrième de couverture :

"Que feriez-vous si vous découvriez que votre fiancé(e) vous trompe et que vos amis vous cachent d’inavouables secrets ? Partiriez-vous en quête de la vérité ? Écrivain à succès en pleine crise de la trentaine, Alice décide de lever les masques un à un, naviguant à vue entre les amours tortueuses et les états d’âme envahissants de son entourage. Clara aime un homme marié, Rose cherche en vain l’amour parfait, Fred assume difficilement sa bisexualité, Arthur tente de refaire sa vie après son divorce, Sam et Romain ont juré d’être abstinents… Mais, en réalité, tous taisent leur véritable nature. Entre jeu de dupes et rondes amoureuses, Alice va tenter de faire de sa vie un roman et de ses proches, les héros d’une mise en scène implacable. Un roman moderne et incisif qui brosse un tableau à la fois tendre et cruel des relations humaines, et un vrai talent d’écriture." 

Mon avis :

Voilà un roman surprenant : d'après le thème (aahh, l'Amouur !) et les premiers chapitres, on pourrait s'attendre à de la "chick litt". Il n'en est rien ! A travers les personnages torturés qui se craquèlent au fil des pages, l'auteur sonde les bas fonds de l'âme humaine et remet en cause l'existence d'un véritable sentiment amoureux. Cette approche originale et l'étude psychologique approfondie des personnages m'ont séduite.

En revanche, j'ai trouvé que le style de l'auteur tombe parfois dans les clichés, dommage ! J'ai par exemple relevé l'adjectif "suranné" au moins 3 fois dans les 42 premières pages. (attention, petit spoiler)Le choix d'une "happy end" relative enlève peut-être un peu de force à l'acidité de ce récit, que j'ai néanmoins apprécié. Vanessa Caffin est journaliste et c'est son premier roman : un auteur à suivre !

A paraître : 20 août 2008

Editions Anne Carrière, 210 p.

El Hadj, Mamadou Mahmoud N’DONGO

1 août 2008

Comme promis il y a un mois, voici le premier des quatre livres que j'ai reçus en juin dans le cadre du Jury Fnac Rentrée littéraire 2008 et dont je parlerai chaque vendredi du mois d'août.

J'ai choisi de vous les présenter dans l'ordre où je les ai lus, qui – fruit du hasard – correspond à un ordre croissant d'intérêt. Voici donc le livre que j'ai le moins aimé.

Quatrième de couverture :

Dans El Hadj il y a un wagon qui n’ira plus nulle part, il y a une petite fille aux allumettes, il y a une cité, des assassins, un feu qui vient du ventre et embrase tout. Dans El Hadj il y a Dieu et les hommes. Dans El Hadj il y a surtout El Hadj… et El Hadj ne veut pas oublier.

Mamadou Mahmoud N’Dongo nous dévoile ici les secrets d’une âme torturée par sa propre mémoire, alimentée et corrompue par la noirceur d’une mémoire collective dont les traces l’entourent comme une fatalité. Une descente aux enfers au style dépouillé à l’extrême pour le second roman de l’auteur de Bridge Road.

Mon avis :

El Hadj plonge directement le lecteur dans l'univers froid et sans pardon du banditisme parisien. Il met en exergue la complexité de s'échapper de la vie de voyou lorsque l'on n'a, comme le héros, connu qu'elle. Riche en dialogues et en action, ce roman est comme un coup de revolver : rapide et efficace.

Mais si le dur passé du personnage principal (El Hadj) est évoqué à plusieurs reprises, j'aurais aimé en savoir davantage : son profil reste un peu trop flou pour que l'on s'y attache. Par ailleurs, je me suis perdue dans le grand nombre de personnages secondaires.

Quand à la plume de cet auteur sénégalais que je découvrai avec son second roman, elle m'a parue ici trop froide (ce qui peut se justifier par le contexte du récit), presque trop simple, pour réellement me séduire.

Ce fut donc une lecture rapide et sans déplaisir mais qui ne restera sans doute pas longtemps dans ma mémoire…
Extrait :
"J’arrêtais le film et posais le cendrier, en me disant qu’elle n’avait pas tort, qu’il était temps que je réfléchisse à un moyen pour me sortir de là… J’étais devenu suspect, le doute avait fait son apparition, ce qui équivalait à une sanction, j’étais sous surveillance… Il me fallait prendre une décision, avant qu’on le fasse pour moi. Vu le temps que j’ai passé dans la communauté, je sais qu’elle n’a pas été faite pour se protéger des autres, mais pour empêcher les nôtres de nous quitter…"


A paraître :
le 25 août 2008
Editions du Rocher – Le Serpent à Plumes

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