tamaculture

La soif, Andreï Guelassimov

25 juillet 2008

Constantin, alias Kostia (diminutif russe), était une jeune recrue de l'armée russe envoyé en Tchétchénie. Mais le véhicule dans lequel il se trouvait a été la cible de snipers, et Kostia a failli mourir. Un camarade, Sergueï, l'a sorti in extremis du brasier, mais Kostia a eu une grande partie du visage et du corps brûlée.

A présent, Kostia ne sort plus de chez lui que pour travailler sur des chantiers de rénovation et décoration d'appartements privés. Le reste du temps, il boit des litres de ce liquide aussi transparent que de l'eau, mais qui le réconforte davantage : la vodka, boisson nationale s'il en est.

Un jour, cependant, deux autre camarades – Pacha et Guéna – eux aussi victimes de l'attaque en Tchétchénie viennent tirer Constantin de sa cuite : leur ami Sergueï a disparu de son logement de Moscou. Malgré une sévère dispute entre Pacha et Guéna à la suite d'une disparition d'argent, les trois amis prennent la route et ne vont pas ménager leurs efforts pour retrouver leur camarade.

Pour Kostia, c'est l'occasion de se remémorer son enfance, notamment le directeur buveur qui l'a encouragé à dessiner, puis de revoir son père et sa nouvelle famille à Moscou. C'est un jeune homme que l'on devine fragile et qui pourtant a bon coeur et cache un talent certain de dessinateur.

Le rythme du texte d'Andreï Guelassimov est rapide, bourré de dialogues, comme s'il voulait enivrer le lecteur de mots sans lui laisser le temps de dessoûler.

J'ai beaucoup aimé ce court roman, dont j'avais l'impression qu'il parlait des combats en Tchétchénie : en réalité, ils apparaissent seulement en filigrane. Le personnage de Constantin est à lui seul le fil conducteur d'une aventure basée sur l'amitié et les liens créés par le service militaire de bidasses russes. La Soif est un beau portrait d'un jeune homme détruit trop tôt par la bêtise humaine, mais qui n'a pas tout à fait perdu l'espoir.

Ed. Babel (toujours aussi agréable), 2006, 127 p.

Special thanks : à Chiffonnette pour m'avoir offert ce livre lors du premier Lotobook !

Le journal de mon père, Jirô Taniguchi

20 juillet 2008

Dans ce manga "à l'endroit" (c'est-à-dire publié dans le sens de lecture occidental), Yoichi, le narrateur, vient d'apprendre le décès de son père. Or, il ne l'avait pas revu depuis quinze ans. C'est pour lui l'occasion de se remémorer son enfance et les événements qui l'ont conduit à s'éloigner des siens…

Ce livre est un très bel hommage posthume d'un fils à un père qu'il n'a pas compris de son vivant. Dans la petite ville de Tottori, Yoichi menait une enfance paisible dans le salon de coiffure de son père, avec sa mère et sa grande soeur. Mais en avril 1952, le Grand Incendie se déclenche et ravage la ville en quelques jours. Il faut repartir de zéro, et pour la famille de Yoichi, ce sera le début d'un clivage irréversible, entre le père fier qui travaille sans compter et sans voir que sa femme souffre de sa solitude…

Je n'en dis pas plus sur l'histoire, qui s'étale donc de l'enfance à l'âge adulte de Yoichi et au moment des retrouvailles avec sa famille, lors de la veillée funèbre de son père. Ces tranches de vie sont découpées en douze chapitres aux noms poétiques (Souvenirs écarlates, Le Printemps de ma ville natale…) et sont merveilleusement touchantes. Le lecteur est complètement pris par l'émotion qui accompagne chaque page, chaque dessin aux détails soignés et dont les expressions des personnages semblent presque réelles.

Le scénario est d'inspiration autobiographique (comme l'explique l'auteur à la fin de l'ouvrage) et cela a certainement fait la réussite de ce manga. Tout sonne vrai, les rapports difficiles entre les personnages, l'incompréhension d'un enfant abandonné, le ressentiment d'un adulte, le pardon, les valeurs familiales dans le Japon des années 1950 à 1995, avec le charme de la culture japonaise qui m'attire tant.

Le journal de mon père m'a énormément plu, davantage que Le Sauveteur avec lequel j'avais découvert Jirô Taniguchi il y a quelques mois. Je ne peux que vous le conseiller, d'autant qu'il s'agit d'un bel objet broché (je fais ma Pierrette Bellemare) avec une jolie couverture aux couleurs douces.

Ed. Casterman, 2007, 275 p.

Special thanks : à Emeraude, qui m'a offert ce livre… Merci mamz'elle !! Il est maintenant dans les mains de Mister T. qui pour l'instant est aussi emballé que moi.

Faire-part

18 juillet 2008

Bonjour !

Je suis né le 10 juillet 2008, et depuis, je n'ai pas le temps de m'ennuyer :

- mon activité préférée ? MANGER ! Par chance, je n'ai pas besoin de surveiller ma ligne, avec mes 3,360 kg…

- du haut de mes 50 cm, j'admire mon Premier Livre… Merci à la Tatie Bloggeuse qui me l'a envoyé !

Bon, je retourne à ma seconde activité préférée : DORMIR !

Bisous

Bébé Books

 

Chers Bloggeuses et Bloggeurs de la Littosphère,

MERCI pour tous vos gentils messages et cadeaux, vous êtes tout simplement adorables ! 

Mon petit garçon est merveilleusement bien accueilli dans ce vaste monde virtuel, je regrette seulement de ne pas avoir le temps de répondre à chacun personnellement, mais je lis avec grand plaisir vos commentaires !

Des bises,

@+

Tamara, maman de bébé Books

 

Books & The City : l’épilogue

8 juillet 2008

Les reportages sur la journée du 5 juillet ne manquent pas… et chacun apporte sa petite note personnelle sur le vécu de cette mémorable journée, c'est très plaisant à lire !

Si vous voulez savoir combien les 45 participants ont souffert, combien les So Glamourous Organisatrices ont été sadiques, quel temps il a fait et combien d'ampoules ont été décomptées à la fin de la journée…

Si vous voulez connaître les réponses aux Enigmes, les noms des Gagnants dans chaque catégorie, le meilleur haïku, la quatrième de couverture la plus drôle, les magnifiques lots reçus…

Un seul lien : le blog de Books & the City !

Pour ma part, j'ai été ravie d'avoir au moins pu être présente au dîner à "La Montagne" (la seule montagne parisienne au climat tropical !) et ainsi avoir le plaisir de rencontrer des bloggeurs dont je ne connaissais pas le visage… et revoir d'autres têtes bien connues ! Merci à Emeraude de m'avoir chaperonnée dans le métro (on n'est jamais à l'abri d'un déboutonnage intempestif !).

Un grand MERCI à  tous les participants pour leur courage et leur bonne humeur, à toutes les bonnes volontés qui sont venues nous prêter main forte (famille et (ex)-amis !) et à toutes mes chères collègues Organisatrices* qui ont "grave assuré" tout en gardant leur glamourissime attitude jusqu'au bout de la nuit !

* Stéphanie, Fashion victim, Amanda, Caro[line] , Chiffonnette et Emeraude

Illustration : ZAG (détail du marque-page officiel)

B. BB-P.

5 juillet 2008

Mais que cache ce mystérieux titre ?!?!

Si j'en avais le temps, pour vous permettre de résoudre cette énigme :

 - j'organiserais un Grand Jeu de l'Eté doté de Superbes Prix… mais il y a déjà Books & the City (c'est AUJOURD'HUI ! Bonne chance à tous les participants !).

- ou alors, je proposerais de découvrir ce qui se cache sous une photo mystère :

mais comme les plus perspicaces (!!!) d'entre vous l'auront deviné, il y a :

- "du déboutonnage" dans l'air, comme dirait le petit Marcel dans La Gloire de Mon Père (un livre qui me rappelle mon enfance en Provence et que j'ai lu une bonne douzaine de fois depuis le CM2)

- ou "un petit habitant sous mon nombril" qui ne demande qu'à sortir, comme dirait mon chanteur chouchou 2007 Renan Luce.

Je déclare donc officiellement ce Blog en Bébé-Pause (bravo à ceux qui avaient décrypté le titre), et je vous dit "à bientôt…" (je sais, je suis pour une fois terriblement optimiste, il paraît qu'Après, on n'a plus le temps de lire, et encore moins de blogger ?!!! Bah… on verra bien !).

J'ai cependant programmé un billet pour chaque vendredi du mois d'août, chacun parlant d'un livre que j'ai lu dans le cadre du Jury Fnac 2008 et qui sortiront pour la rentrée littéraire de septembre.

A tous, je souhaite un bel été et pour les chanceux, de très bonnes vacances !

Ces petites choses, Deborah Moggach

4 juillet 2008

Comme dans la plupart des pays occidentaux, le Royaume-Uni doit faire face à deux problèmes conjoints : l'augmentation de la proportion de vieux et la défaillance des systèmes de santé et de retraite. Ravi Kapoor, un médecin indien exerçant dans un hôpital surchargé de Londres, et son cousin Sonny, homme d'affaires indien, ont alors l'idée du siècle : exporter les retraités britanniques dans une maison de retraite spécialement conçue pour eux… à Bangalore, en Inde.

Tandis que Sonny s'occupe sur place de l'aménagement d'une ancienne école en maison de retraite au charme suranné de l'époque coloniale, Ravi fait circuler parmi ses patients des brochures mettant en valeur ce lieu de repos exotique pour leurs vieux jours… Bien entendu, il ne mentionne pas certains détails, comme le fait que le médecin rattaché à la maison de retraite est en réalité spécialisé dans les MST, que la femme du gérant, prétendue infirmière, n'a qu'une formation d'assistante pédicure, que le cuisinier a une fâcheuse tendance à plonger le nez dans la bouteille et que le domestique est plus âgé que la plupart des futurs pensionnaires

A partir de cette idée originale, Deborah Moggah brosse le portrait d'une galerie de vieilles Anglaises et de deux ou trois retraités – dont le beau-père obsédé de Ravi – qui se retrouvent dans cette maison de retraite atypique, que l'on veut plus proche de l'hôtel que du mouroir. Malgré des caractères différents, ces expatriés vont former un groupe assez homogène et finalement, s'entendent plutôt bien. Chacun a bien sûr ses petits soucis, et pour d'autres, ce sera vraiment leur dernier voyage.

Le scénario est séduisant mais n'a peut-être pas été exploité suffisamment par l'auteur : j'aurais aimé que l'humour soit plus incisif, que les personnages soient davantage mis en difficulté par la divergence de modes de vie anglais et indien (car somme toute, ils semblent bien s'accomoder, malgré leur grand âge) et que ce livre donne envie de visiter l'Inde (or là, on a plutôt envie de rester chez soi). Par ailleurs, le problème du vieillissement de la population et du système de santé qui fonce droit dans le mur ne sont plus abordés après le constat des premières pages… Ce n'était sans doute pas l'objectif du roman. La délocalisation des vieux dans les pays en développement ne semble pas une solution très crédible mais on va devoir s'en contenter ici !

Ces petites choses est un roman divertissant qui se lit avec curiosité mais sans avidité, avec facilité mais sans fébrilité, bref, un roman tout indiqué pour une lecture estivale !

Special thanks : aux éditions du Livre de Poche, qui m'ont offert ce livre dans le cadre de sa sortie… en poche !

Les avis de : Clarabel, Lily, Anne, Praline

Le Grand Mort, t. 1 – Loisel / Mallié

2 juillet 2008

Cela faisait un moment que je n'avais pas lu de BD… C'est avec plaisir que j'ai déniché celle-ci dans une librairie spécialisée de mon nouveau quartier.

Présentation de l'éditeur (extraits) :

"Pauvre Pauline ! Elle comptait se mettre au vert pour préparer sa maîtrise de sciences éco… La nuit recouvre la forêt bretonne et la « deuch » vient de tomber en panne d’essence juste devant chez Erwan, à 20 kilomètres de tout village. Erwan est un métis du genre placide. [...] Il propose à Pauline de partager sa soupe et de l’héberger pour la nuit. [...] Tandis qu’elle mange, il parcourt un vieux grimoire traitant du « petit peuple ». Elle ricane de ces sornettes. Elle ignore, alors, que cette rencontre sera pour elle le point de départ vers un autre univers, un autre espace-temps, où toute sa vie et ses principes vont basculer…"

Voilà un début prometteur ! Dans ce premier tome, intitulé Larmes d'abeille, nous faisons connaissance des deux jeunes protagonistes de l'histoire. Âgés d'une vingtaine d'années, Pauline la rationnelle et Erwan le mystérieux n'ont rien en commun, jusqu'au jour où ils se trouvent embarqués dans le même monde parallèle, peuplés de quatre clans d'étranges petits êtres. Erwan a une mission : accompagner les prêtresses. Il est à la fois le traducteur et le Transporteur… Pauline, elle, cherchait simplement à récupérer ses lunettes…

Les dessins soignés de Mallié et les couleurs chatoyantes de Lapierre sont un pur régal pour les yeux. L'histoire co-écrite par Loisel et Djian commence sous un bon auspice : on sourit et on a terriblement envie de connaître la suite… Le hic : aucune date de parution n'est encore annoncée pour le tome 2 du Grand Mort. C'est l'inconvénient de commencer une série toute neuve : il faut s'armer de patience !!!

 

Un été prodigue, Barbara Kingsolver

1 juillet 2008

J'ai lu ce roman dans le cadre de la Lecture Commune du Blogoclub : tous les autres avis des lecteurs participants sont répertoriés chez les animatrices Sylire et Lisa.

Quatrième de couverture :

"Dans le décor sauvage et grandiose des Appalaches, Un été prodigue tisse trois histoires de femmes. Celle de Deanna, employée par l'office des forêts, dont la solitude va être bouleversée par l'arrivée d'un jeune chasseur. Celle de Lusa, une intellectuelle qui, devenue veuve, décide de rester dans la vallée et de gagner le cœur d'une famille hostile. Celle de Nannie, enfin, dont les opinions en matière de religion ou de pesticides suscitent des querelles de voisinage. Dans ce roman foisonnant et généreux, Barbara Kingsolver traite du thème qui lui est le plus cher – le respect de la nature – avec un charme et une grâce qui suscitent l'enthousiasme."

Mon avis :

J'avoue avoir eu beaucoup de mal à entrer dans ce roman, que l'on peut effectivement qualifier de foisonnant… ou alors d'ennuyant, selon le point de vue. Les descriptions des décors naturels sont au coeur du récit, et on peut rapidement être lassé de cet aspect contemplatif qui prend largement le pas sur l'action ou le fond de l'histoire.

Mais puisqu'il s'agissait d'une lecture commune et surtout d'un livre Lotobook offert par Fashion (alors future victime ignorante de lla seconde édition du jeu ! Merci, miss, pour ce livre qui m'a permis de faire d'une pierre deux coups), je me suis un peu forcée à poursuivre ma lecture au-delà des 100 premières pages. En fait, jusqu'à une bonne moitié du roman (qui compte 559 pages en poche), j'oscillais entre le désir d'abandonner et celui de voir ce qui avait valu l'enthousiasme fashionien…

Et puis, finalement, je me suis laissée bercée par le rythme lent de la Nature et de la vie tranquille des trois personnages principaux : Deanna la garde forestière un peu sauvage, fervente défenseuse des coyotes, qui va se laisser approcher par un jeune mâle ; Lusa, jeune veuve devenue apprentie fermière et éleveuse de chèvres, et Garnett Walker (plutôt que sa voisine Nannie comme l'indique la 4ème de couverture), un vieil homme grincheux et querelleur dont la seule passion est de repeupler sa contrée de châtaigners, anéantis voilà des années par une maladie.

Au bout d'un certain temps, on s'attache à ces personnages qui ne se connaissent pas mais ont pourtant un lien que l'on découvre petit à petit. C'est un long été qui apporte malheurs et bonheurs à chacun des personnages, simplement, il faut accepter de prendre le temps de vivre avec eux et de partager leur amour de la nature pour apprécier pleinement ce roman, qui nous amène à réfléchir sur la course aux pesticides, la chasse systématique des coyotes et autres prédateurs, et l'utilisation de produits chimiques à outrance alors que des méthodes plus naturelles et moins automatiques sont parfois tout aussi efficaces. Ce livre plaira aux amoureux de la Nature, d'autant que Barbara Kingsolver maîtrise parfaitement la langue savante et poétique qui fait le charme de ce récit.

Le plus gros défaut que je lui ai trouvé : une abondance de papillons (c'est ma phobie !) et d'insectes en tous genres dont j'ai parfois dû passer les descriptions (bah… je suis une grosse bête effrayée par les petites qui ont plus de pattes que moi !).

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