La mort apaisée, Elise et Michaëlle Gagnet
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Elise Gagnet est infirmière de nuit dans un service de soins palliatifs : il s'agit d'un service hospitalier où l'on accueille les personnes en fin de vie, qui souffrent en général de maux incurables et dont on va soulager ici la douleur et rendre plus confortables leurs dernières semaines, sans plus chercher à guérir la maladie.
Elise a raconté ses années d'expérience (déjà sept, alors qu'elle n'a que trente ans) dans les services d'hématologie, cancérologie et soins palliatifs à sa soeur, Michaëlle Gagnet, journaliste, qui les a racontées dans La Mort apaisée : chroniques d'une infirmière en soins palliatifs.
Avec pudeur, justesse et sans pathos déplacé, Elise nous parle de ses patients, ses "presque-morts" comme elle les appelle avec affection. Parfois, ils sont murés dans un silence qu'il est nécessaire de briser pour qu'ils se libèrent, d'autres fois, ils appellent sans cesse les infirmières pour ne pas être seuls.
Elise doit répondre à chaque besoin sans s'apitoyer, sans se décourager lorsqu'elle doit s'occuper de patients difficiles ou au lourd passé judiciaire, et sans trop s'attacher aux personnes qui séjournent dans le service. Pourtant, elle vit une expérience particulière avec chacun de ses patients, et ces chroniques montrent toute la difficulté de sa tâche, tout le courage nécessaire pour revenir travailler chaque nuit en soins palliatifs, et aussi toutes les petites joies qui se produisent parfois et le réconfort qu'apportent les remerciements des familles lorsqu'elles savent que leurs proches sont partis entourés et sans souffrance.
C'est un livre de témoignage qui réussit son pari : parler d'un sujet encore tabou dans nos sociétés occidentales (alors que d'autres peuples ont un rapport avec la mort moins tragique) sans larmoiement ni impudeur, et dans le respect des familles concernées. J'ai ressenti toutes les difficultés de cette infirmière, son impuissance, parfois, et surtout, son humanité.
Bravo, Elise, et bravo à tous vos collègues pour avoir choisi d'accompagner nos "presque-morts" dans leurs derniers moments.
Extrait (p. 163) :
"… travailler dans ce service n'est pas si facile. Il faut de la force, vraiment, pour supporter autant de douleurs au quotidien, de deuils qui se répètent. Il faut être gai, justement, être jouisseur et non pas morbide. Il faut aimer la vie doublement et vouloir en faire profiter nos patients jusqu'au bout."
Editions de La Martinière, 2007, 201 p.
Merci à Babelio et aux éditions de La Martinière de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage.


Ca alors, c’est marrant (enfin façon de parler) car j’avais demandé le même bouquin à Babelio et je viens également de le lire (mon billet est prêt mais ne paraîtra que le 14 juillet sur mon blog).
Je ne suis nullement étonnée que tu aies choisi ce livre, et j’imagine que je l’ai choisi pour les mêmes raisons que les tiennes…
Je partage ton avis, j’ai trouvé ce livre très juste, remplissant le difficile pari qu’il s’était fixé. De l’émotion mais rien de morbide, à lire pour savoir ce qui se passe…
27 juin 2008 | #
Quand je restais près de mon frère ou ma mère, j’ai constaté le courage qu’il faut à ces infirmières pour affronter chaque jour leur quotidien et surtout s’en protéger moralement…Ce livre me tente, mais en même temps replonger dans cette ambiance me fait hésiter…Je le note et verrais bien !
Bon week-end Tamara !
27 juin 2008 | #
@Bladelor : oui, j’ai vu ta critique sur Babelio, et j’avais été voir sur ton blog mais je vois que tu as une programmation de billets d’avance !!! Et effectivement, je pense qu’on l’a choisi pour la même raison et qu’on a le même avis !
@Florinette : je comprends ta réticence, j’avais moi-même un peu d’appréhension. Voilà ma proposition : je te l’envoie, et tu le liras, si tu veux, quand tu te sentiras prête.
27 juin 2008 | #
Tamara : oui, je prévois des billets à l’avance, en fait dès que j’ai terminé un livre je rédige un billet, et le programme à une date libre, mais en essayant de ne pas mettre des jours successifs, j’aime bien qu’il y ait un ou deux jours de libres entre deux billets.
Florinette : je redoutais aussi cette lecture et je puis t’assurer qu’elle n’est pas si dure
27 juin 2008 | #
ma 3è grand mère donnait son temps aux soins palliatifs aussi… c’est un sujet très dur mais je crois que je te l’emprunterai bien… si possible !
28 juin 2008 | #
Alors là pas pour moi du tout!
A faire uniquement si tu peux y prendre du plaisir: http://insatiable-lectrice.over-blog.com/article-20683035.html
29 juin 2008 | #
@Bladelor : just like me !
@Emeraude : d’accord, miss, je te le prête et ensuite je l’enverrai à Florinette !
@Anne : c’est noté, je m’y colle !
29 juin 2008 | #
Je l’avais repéré lors de l’opération Masse critique et j’attendais de savoir qui allait le lire ! Le sujet m’intéressait beaucoup mais je ne me sentais pas le courage de lire un tel livre en ce moment.
12 juillet 2008 | #