Moins que zéro, Bret Easton Ellis
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Le thème du Club des Théières du mois étant "les formes géométriques", j'ai pioché dans ma PAL le titre ayant un rapport – certes fort vague, je l'avoue - avec les mathématiques… Et comme le signale Fashion victim, je suis loin d'être la plus machiavélique dans ma tricherie ce mois-ci !
Bret Easton Ellis est l'auteur du célèbre American Psycho adapté sur grand écran et plus récemment de Lunar Park. J'étais donc contente de découvrir Moins que zéro, son premier roman, encensé par la critique américaine lorsqu'il est sorti en 1985, alors que l'auteur n'avait que 21 ans, soit tout juste l'âge de pouvoir boire de l'alcool en public aux Etats-Unis…
Or, justement, Moins que zéro dépeint un mois de la vie de Clay, un jeune Américain de dix-huit ans qui rentre de sa fac dans le New Hampshire pour passer Noël en famille, à Los Angeles. Non qu'il ait l'esprit de famille : ses parents sont séparés, ont de nouveaux compagnons respectifs, et ses deux jeunes soeurs vivent leur vie d'adolescente sans lui… En réalité, c'est surtout Blair, sa plus-ou-moins-petite-amie, et ses potes que retrouve Clay.
Et leur principale occupation est d'écumer les soirées branchées, de s'enivrer au champagne ou avec divers cocktails, de se droguer (marijuana, coke, tout est bon pour la défonce), de cancanner sur leurs connaissances (celui-ci est-il homosexuel ? bi ? avec qui couche-t-il ?). Sur ce dernier point, de toutes façons, comme tout le monde couche plus ou moins avec tout le monde, la réponse a peu d'importance… Les dialogues sont parfois tellement creux entre les personnages (lesquels sont assez nombreux, d'ailleurs, si bien que l'on a du mal à les différencier… mais rien ne ressemble plus à un jeune ici qu'un autre jeune, ils sont effleurés sans être véritablement présentés au lecteur) qu'on se demande si l'imprimeur n'aurait pas pu économiser quelques litres d'encre…
Comme vous l'avez peut-être décelé, j'ai été très déçue de cette lecture. L'ambiance "rock n' roll attitude d'une jeunesse en perdition" est bien installée dès le départ, et j'attendais que l'auteur me mène quelque part… Il n'en est rien, hélas. Ce roman est un portrait d'une partie (fort réduite, me semble-t-il !) de la jeunesse dorée californienne des années 80, mais il n'y a pas d'intrigue ni de morale à l'histoire… Juste un cri : no future ! Avec sa plume percutante et qui sonne juste, Bret Easton Ellis décrit un monde superficiel et futile à vous désespérer de l'avenir des jeunes générations…
Je comprends qu'il y a vingt ans, ce roman ait pu paraître "trash" et "politiquement incorrect", mais depuis de l'eau a coulé sous les ponts et je n'ai trouvé là qu'une (bien écrite mais) banale histoire d'étudiants mal dans leur peau et sans repères qui cherchent refuge dans les plaisirs interdits. De là à comparer Moins que zéro à l'Attrape-Coeur de Salinger, tout de même… qu'ont fumé les critiques américains à l'époque ??!!
Cela dit, le style de l'auteur m'ayant plu et lui reconnaissant un talent certain, je ne peux pas dire que ce roman ne vaut pas un rond (NB : je tente ici lamentablement de recoller au thème des formes géométriques !!!), et je suis prête à tenter de lire un autre de ses livres !
L'avis de : Caroline (qui pose et répond à la question "est-on en présence d’une preuve de génie ou d'une totale fumisterie ?")

J’avais opté pour la preuve de génie, mais je reconnais que c’est une position très discutable
Au final, c’est un roman dont on ne sait pas trop que penser.
23 juin 2008 | #
« ce roman ne vaut pas un rond » mouhahahaha
23 juin 2008 | #
@Caroline : oui, je trouve que ton analyse est très bien faite : tu expliques les qualités du roman et montre que ses défauts sont délibérés, d’où l’habileté de l’auteur… J’ai été moins indulgente !
@Fashion : on se rattrape aux branches comme on peut !!
23 juin 2008 | #
Impression assez nauséeuse à la lecture de ce roman…
24 juin 2008 | #
jamais lu cet auteur. Je lui tourne autour depuis longtemps, mais ce ne sera pas avec ce titre!
24 juin 2008 | #
Le style ne m’avait pas plu, je ne lui ai reconnu aucun talent et n’ai aucune envie de retenter un autre de ses romans
tu vois il existe encore moins indulgente que toi
24 juin 2008 | #
Je rejoindrais personnellement l’avis de Caroline… Ellis est un auteur que j’affectionne tendrement, mais c’est vrai qu’il dresse dans ce livre (et dans d’autres) un constat assez désenchanté sur une époque (qui me paraît toujours d’actualité 20 ans après). Mais bon, évidemment, l’auteur est tellement particulier qu’il y a rarement des avis tièdes : on aime ou on n’aime pas ! Et ses autres livres sont bien plus trash. Je te trouve bien courageuse de vouloir lui laisser une seconde chance !
24 juin 2008 | #
@Cathulu : bon, tu es dans le clan des « pas convaincues » avec moi !
@Amanda : j’espère que les autres sont plus « animés »…
@Erzébeth : ah, mais si tu commences déjà à me décourager… !!!
24 juin 2008 | #
Cet auteur m’attirait… jusqu’à maintenant ! Après ton commentaire (même nuancé par la lecture du billet de Caroline) et la remarque d’Erzébeth, j’ai l’impression qu’il va discrètement s’éclipser de ma liste d’auteurs à découvrir (il y en a tant !) !
24 juin 2008 | #
Depuis American Psycho j’ai définitivement tiré un trait sur cet auteur : pas pour moi
A part ça, ce type de roman nihiliste était très à la mode dans las années 80. Il a probablement mal vieilli.
24 juin 2008 | #
@Brize : oh, je ne voulais pas décourager des vocations ! Si tu changes d’avis, je te passe volontiers Moins que zéro !!
@Papillon : roman nihiliste ! Mais oui, c’est exactement cela, j’ai raté une belle occasion d’utiliser cet adjectif, dis donc !
24 juin 2008 | #
« american psycho » m’a fait posé beaucoup de questions sur mon côté pervers qui me fait tourner les pages malgré l’horreur décrite. Ceci dit, cet univers glauque, sombre, sans humanité est très bien décrit. Et du coup j’ai bien envie de tenter « glamorama » de cet auteur que mon frère m’a prêté.
24 juin 2008 | #
En même temps, les formes géométriques c’est pour le coup assez tordu comme thème
Et là je dois dire que ton billet risque fort de plonger cette période indéterminée
Je ne sais pas depuis combien d’années j’ai ce livre qui ère d’une étagère à l’autre sans que l’envie de l’ouvrir ne me gagne
24 juin 2008 | #
@Goelen : ton côté pervers !!!
Moi aussi, c’est Glamorama qui me tenterait en 2ème choix… Toi d’abord !
@Co : oui, j’avoue que ce thème était difficile à assumer ! Bon, je suis navrée de décourager les lecteurs potentiels d’Ellis !!! Puisque tu l’as, tente ta chance… un jour !
24 juin 2008 | #
Mon com’ d’hier doit être dans tes spams…
25 juin 2008 | #
De cet auteur je n’ai lu et beaucoup aimé que « Luna Park » (si tu veux, tu peux aller lire la critique sur mon blog), mais tout le reste m’a été déconseillé par ma bibliothécaire, à part « Glamorama », mais pour l’instant je n’arrive pas à me décider !
25 juin 2008 | #
Niveau d’écriture zéro. Pour un roman nihiliste c’est plutôt cohérent, mais imbuvable.
http://carnets-du-sous-sol.jimdo.com/
26 juin 2008 | #
Ne t’en fais pas tout livre mettant en scène un jeune dans les années 80 a déjà été comparé à Salinger. C’était l’époque.
Je n’ai que des bribes de souvenirs de ce livre. Ce n’est pas le meilleur BEE, c’est une évidence, et… euh… voilà. Je ne m’en souviens plus trop (mais j’ai dû le lire il y a dix ans, je suis excusable). « Les lois de l’attraction » est autrement meilleur. Comme les autres du reste. Mais surtout.
3 juillet 2008 | #
La lecture de Glamorama a fait naître pas mal de questions en moi. Mais je n’ai pas vraiment accroché : mêmes dialogues creux et même jeunesse dorée que tu décris. Bref je ne remets pas le nez dans un livre de cet auteur avant un bon bout de temps.
3 juillet 2008 | #
@Anne : je pars à la pêche alors !
@Florinette : merci, je vais aller voir ton billet…
@Aranud (Arnaud ?) : décidément, ce roman n’a pas conquis grand’monde…
@Thom : tu es tout excusé de ta mémoire défaillante (SOLIDARITE !)… Et bon, pour l’instant, je suis un peu vaccinée de BEE, mais je saurai où piocher un autre titre le jour venu !
@Phil : bon, alors si Glamorama est de la même veine, me voilà peu tentée !!!
3 juillet 2008 | #
Je n’ai lu qu’American Psycho que j’ai trouvé … bof ! J’ai la sensation à lire ton billet, qu’il recycle toujours les mêmes thèmes (drogue, sorties, superficialité, no future et manque de motivation et d’espoir) sur différentes variations (tueur en série, étudiants …). Mais j’ai « Glamorama » dans ma PAL alors je verrai bien !
12 juillet 2008 | #