Ida, Irène Némirovsky
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Ce Folio à 2 € (je rassure ainsi tout de suite les bourses percées, elles peuvent lire ce qui suit !) présentent tour à tour le destin "cruel et intimiste" (selon la 4ème de couverture) de deux femmes qui n'ont pourtant rien en commun.
La première nouvelle, Ida, met en scène – c'est le cas de le dire – une femme d'âge mûr parfaitement conservée, qui parade chaque soir en vedette sur la scène d'un cabaret parisien. Ida Sconin fait ce métier depuis très longtemps, la danse et les paillettes sont toutes sa vie. Malgré les jalousies de filles plus jeunes, avides de la remplacer, elle tient bon : danser le soir est sa drogue. Des admirateurs ? Oh, elle en a toujours. Mais jusqu'à quand lui seront-ils fidèles ? Voudront-ils encore la voir quand son ventre s'affaissera ? Que ses premières rides seront visibles ? Que ses jambes se déroberont perchées sur les hauts talons ? Et alors, qui se souviendra d'Ida, elle qui a tant besoin de reconnaissance et de l'amour du public ? Voilà un récit cruellement lucide…
Le second texte détonne après Ida : dans La comédie bourgeoise, Madeleine, une jeune fille de la campagne du Nord, "plate et mélancolique", est présentée par ses parents à un jeune homme de bonne famille prénommé Henri. Après quelques semaines de fréquentation, les deux jeunes gens sont mariés. Nous est alors contée leur vie à deux, que l'on pourrait qualifier comme la campagne du Nord, de calme et mélancolique. Deux adultes mariés sans passion, des enfants, des tromperies du mari avec les ouvrières de l'usine… Des phrases simples égrennent les années qui passent. Seule une rencontre fera palpiter le coeur de Madeleine… Mais décidera-t-elle de changer le cours de son destin immobile ?
N'ayant pas lu Une suite française, c'était ma première rencontre avec Irène Némirovsky, née en Ukraine en 1903, réfugiée en France en 1917 lorsqu'éclate la révolution russe, et déportée à Auschwitz en 1942. En 1934 paraît en France Films parlés d'où sont extraits ces deux nouvelles.
J'ai apprécié l'écriture simple et touchante de l'auteur, qui utilise le rythme des phrases pour faire durer ou racourcir des années de vie. Les destins des femmes présentées dans les deux nouvelles sont très bien décrits, on ne peut s'empêcher d'éprouver une certaine sympathie mêlée de pitié face à ces âmes tourmentées par l'angoisse de l'âge ou la platitude de la vie. La comédie bourgeoise fait davantage penser à une pièce de théâtre, par sa forme. Des petits bouts de phrases décrivent des scènes, comme des tableaux.
Je pense que je lirai un jour, sans doute avec plaisir, les autres oeuvres d'Irène Némirovsky.
Les avis de : Gambadou ; Caroline ; Lou

De la même auteure, j’avaisbien aimé « le bal », très cruel et drôle aussi .
13 juin 2008 | #
@Cathulu : évidemment, tu me tentes encore, là !
13 juin 2008 | #
Je crois avoir Suite française dans ma PAL
Ben oui, avec une telle pal, je ne me souviens pas de tout
14 juin 2008 | #
@Stéphanie : ça, je ne peux pas te le reprocher ! Moi-même ayant failli acheter des livres figurant déjà dans ma PAL !! Et pourtant, elle est plus petite que la tienne !
14 juin 2008 | #
« un récit cruellement lucide », c’est exactement l’impression que je garde de « Suite française ». C’était très bien écrit, et surtout très finement analysé, quand on pense qu’elle écrivait au moment même où les choses se passaient…
Tu me donnes encore plus envie de retrouver Irène Némirovsky!
14 juin 2008 | #
Je n’aime pas trop cette collection Folio à 2 euros, très frustrante si l’on aime ce que l’on y lit. Je préfère me tromper en achetant le livre dont est extrait le texte, pour la vision d’ensemble et le sentiment (bon ou mauvais) sur une oeuvre écrite et non montée en kit à la base. Cela me rappelle trop les funestes collections expurgées Reader’s (in)Digest.
16 juin 2008 | #
@Mo : et vice-versa !!!
@LVE : je comprends ton point de vue. Au contraire, j’aime avoir la possibilité de « goûter » à un auteur sans avoir à dépenser trop, comme ça si on est déçu, c’est à moindre frais. Quitte à compléter par l’achat de l’oeuvre complète en cas de coup de coeur, bien sûr !
16 juin 2008 | #
Voilà un bon moyen pour découvrir les oeuves de cet auteur, je note !
16 juin 2008 | #
Je l’ai offert en cadeau… j’aurais dû le lire avant de l’offrir!!:roll:
17 juin 2008 | #
@Florinette : oui, c’est tout de même pratique, ces folio !
@Jules : bien sûr, c’est ce que tu aurais dû faire, voyons !!!
17 juin 2008 | #
Effectivement ce livre donne envie de découvrir son oeuvre… sachant qu’à l’origine elle ne m’attirait pas particulièrement. Je ne manquerai pas de mener une exploration méthodique dans les années à venir
18 juin 2008 | #