Sous la dalle, Henri-Frédéric Blanc
Acheté sur un coup de tête, ou plutôt sur un coup d'oeil à la première et quatrième de couverture, je ne savais pas du tout à quoi m'attendre en ouvrant ce roman d'Henri-Frédéric Blanc. Eh bien, je peux dire que l'auteur a pondu un livre aussi original que son prénom.
Enterré vivant par mégarde, un homme doit affronter sa terreur, ses angoisses les plus enfouies (!) et surtout ses pertes de mémoire (ceux qui me connaissent comprendront que là, je ne peux que compatir !
). Il ne souvient plus de son nom ni de ses dernières années de vie avant qu'il ne se trouve dans cette fâcheuse posture… Et cela est particulièrement handicapant, d'autant qu'il s'aperçoit assez rapidement qu'on l'a mis en bière avec son téléphone mobile, qui a tout l'air de fonctionner sous terre (hélas, l'auteur ne mentionne pas l'opérateur fournissant ce service, pour ma part, je capte déjà mal chez moi et à mon bureau, j'aurais bien changé de fournisseur…).
Pour en revenir à notre pseudo-mort, sachez qu'il tente de succomber à la folie, mais malheureusement, sa lucidité semble au contraire s'affûter, le plongeant dans des affres de douleur et d'impossible espoir… En effet, il parvient à joindre différents interlocuteurs, à commencer par la police, mais personne ne le croit !
S'ensuivent alors des dialogues improbables avec les "viandeux d'en haut", de longues réflexions sur la vie et son passé en particulier, et plus la Mort approche, plus le futur cadavre se sent un amour immodéré pour la Vie et les choses insignifiantes du quotidien.
La plume d'Henri-Frédéric Blanc est particulière : grinçante, jouant avec les mots et l'humoir noir, tout le monde n'aimera pas… Pour ma part, j'ai plutôt aimé - malgré quelques longueurs du texte - et particulièrement la scène du pince-fesses avec les morts du cimetière : un chapitre très réussi !
Extrait (p. 144) :
"Il était sur le qui-vive, les défunts qui l'entouraient semblaient tous un peu jaloux du reste d'existence qui palpitait encore en lui, de l'odeur de réalité émanant de sa personne. Eux seuls pouvaient l'aider à survivre, mais les noyés se moquent bien du naufragé agrippé à sa planche, leur unique plaisir c'est qu'il y ait un noyé de plus.
L'orgue se déchaînait, accompagné à la cornemuse par le tué du remonte-fesses, tandis que défunts et défuntes, exaltés par un requiem de plus en plus frénétique, se montaient l'occiput et criaient vengeance en pointant leurs os vers le "plancher des lâches" où végétaient ces sales debout aux faces de mardi gras, ces emmachinés, ces temporeux rosâtres, ces existouilleurs, ces vivants d'eau douce, ces respirateurs téléguidés, ces puceaux de la mort, ces bitumeux ingrats, ces vivantards bouffis, tous ces "viandeux d'là-haut" qui possédaient encore des oreilles pour écouter le chant des oiseaux et les vagues de la mer, mais qui préféraient les inepties et les mensonges de la télévision."
Ed. Le Serpent à plumes, coll. Motifs, 193 p.

Un auteur que j’aimebien mais le thème me fait frémir !
30 avril 2008 | #
Ca a l’air marrant, quand même. Ce n’est d’ailleurs pas du tout le bon terme, délicieusement angoissant, plutôt
30 avril 2008 | #
Malgré tout, je ne suis pas convaincue… le sujet ne me tente vraiment pas ! Enfin surtout la situation dans laquelle se trouve le narrateur ne me plaît pas. Alors lire un roman construit là-dessus ? Bof !
30 avril 2008 | #
Mais c’est horrible, oui ! J’étais déjà étouffée, avec Kill Bill 2, quand Uma est enterrée vivante, mais là, tout un roman, c’est pas possible…
(faut que j’aille ouvrir ma fenêtre, là)
L’idée est vraiment originale, ça pique malgré tout ma curiosité ! Mais dehors, au grand air…
30 avril 2008 | #
Oh que ça à l’air pour moi ! Sûr que ça ferait une bonne suite à “Pissenlits et petits oignons” de Thomas Paris, un humour très funéraire également…
30 avril 2008 | #
Ca m’a l’air parfait pour moi, ça. J’achèèèète !
30 avril 2008 | #
pareil qu’ICB. Je le VEUX ::))
30 avril 2008 | #
Je suis tentée… mais en même temps, enterrée vivante… brrrrrrrrr… Juste y penser, ça me fait peur!!! À voir, donc!
30 avril 2008 | #
C’est une histoire digne d’un suspense hitchcockien que tu nous racontes là !!!
En tout cas, le sujet est original et bien tentant, même s’il est assez cauchemardesque !
30 avril 2008 | #
Ce livre a l’air assez drôle, en tout cas le sujet n’est pas commun, moi je note ! En plus j’aime beaucoup les couvertures de la collection Motifs, ça m’en fera un de plus
30 avril 2008 | #
Je crois que je suis trop claustrophobe pour lire une histoire pareille …
30 avril 2008 | #
Affreux!! Mais attirant!!!
30 avril 2008 | #
Je ne connais pas l’auteur, mais ton billet m’a rendue curieuse.
1 mai 2008 | #
pareil que ICB et Amanda!
1 mai 2008 | #
Bon, d’accord, vous le dites bien, ce livre fera rire. Mais, en attendant, votre billet a beau être croquignolet, j’en sors effaré. Tous mes cauchemars en un seul livre ! Je ne vais même plus oser m’enfouir sous la couette cette nuit. Si j’ai trop peur, vers deux heures du matin, qui puis-je appeler ? Vous, ou l’auteur ?
2 mai 2008 | #
@Cathulu : ah, tu connais l’auteur ? Bah, si tu le lis à la plage, au soleil, cela devrait aller !!
@Cuné : c’est cela, frissonnamment savoureux !!
@Caro[line] : puisque que c’est comme ça, je ne te le prêterai pas, na !
@erzébeth :
c’est vrai que Kill Bill 2, c’est l’horreur ! Mais là, comme tu dis, au grand air…
@Ys & In Cold Blog & Amanda : AH !! voilà des lecteurs courageux !! (pour les Parisiens et assimilés : possibilité de prêt, y a qu’à demander !)
@Karine : allez !!! mouille-toi !
7 mai 2008 | #
@Florinette et Co : je suis contente que d’autres lecteurs me rejoignent sur ce thème morbide mais traité de façon humoristique ! C’est vrai que la couverture n’est pas mal !
@Manu : tant pis !
@Chiffonnette & Maijo : deux indécises de plus !
@Goelen : BRAVO !
@Georges F. : je vous conseille d’appeler plutôt l’auteur de ce crime ! D’ailleurs, mon téléphone est éteint la nuit, vous risqueriez de n’être guère consolé par ma messagerie vocale !
7 mai 2008 | #