La rivière de l’exil, Colum McCann
En l'honneur de la Saint Patrick - bonne fête à tous les Pat ! - j'ai finalement choisi (sur les bons conseils de Christophe, sympathique libraire d' I love my blender) de lire l'auteur irlandais Colum McCann dont je n'avais strictement rien lu jusqu'à ce jour (personne n'est parfait).
La rivière de l'exil est un recueil de douze nouvelles dont le point commun est qu'elles évoquent des personnages d'origine irlandaise qui ont dû ou choisi d'émigrer, souvent aux Etats-Unis.
Il m'est bien difficile de parler des histoires racontées : elles sont percutantes, elles touchent là où ça fait mal mais regorgent d'une telle humanité, d'une telle tendresse, qu'on ne peut qu'être agréablement bouleversé par les mots de Colum McCann. L'écriture est terriblement belle. Je suis sous le charme !
Les relations humaines sont au coeur de chaque histoire : entre soeurs que la vie a séparées, entre amoureux, entre voisins, entre collègues, entre conjoints… et pourtant, toutes sont différentes, surprenantes, chavirantes, parfois tristes, parfois tendues, d'autres fois douces et simples. Et toujours, en filigrane, l'attachement à la mère patrie irlandaise…
Les deux nouvelles qui m'ont le plus touchée :
En avant, marchons gaiement : un vieux boxeur irlandais, depuis longtemps retraité, se rend tant bien que mal à la laverie… Un texte magnifique sur l'amour et la solitude.
Extrait :
"S'épongeant de nouveau le front, il s'écarte de la rampe et reprend l'escalier.
Bon Dieu, que la laverie est loin par une chaleur pareille. Et plus loin chaque jour, bien que tes pas soient lourds, légèrement tu trotteras vers ton amour. Une magnifique chanson, celle-là. Il la chantait il y a des années. L'air était si joli. A cent lieues de ces graffiti, c'est certain. Un peu moins imaginatifs de jour en jour, s'attriste-t-il, même s'il s'arrête devant son aphorisme favori, sur le palier du deuxième étage, où un pauvre hère a laissé une marre d'urine. Femmes du monde, levez-vous du lit de vos oppresseurs… pour faire le petit déjeuner."
Je peux placer un mot ? : un bel hommage à l'amour sororal… Très touchant, avec quelques pointes d'humour de vieille dame.
Extrait :
"En tout cas, en parlant de théière, c'est drôle comme les choses changent. Avant, une théière était une théière. Rien de plus et rien de moins. Juste une théière. Mais j'étais à Dublin la semaine dernière, je gardais le petit Kieran, sa maman et son papa étaient partis à Londres pour un congrès de publicité. Eh bien, je l'ai emmené se promener au bord du canal, tout ce smog et ce néon sur les rives, et puis l'eau est dégoûtante maintenant, elle charrie des gobelets en polystyrène, même deux ou trois préservatifs qui flottent sur l'eau. Sans blaguer ! Qui se servirait de ces trucs, de toute façon, Moira ? Comme dit Sean, ça doit revenir au même que de se laver les pieds en gardant ses chaussettes ! Mais, comme je disais, on jetait du pain aux canards, et tout d'un coup le petit Kieran me dit, il dit : "Regarde ces théières là-bas, Granny." Et il me montre deux garçons collés ensemble comme deux tranches de pain, sous le pont de Leeson Street, qui s'embrassaient en plein jour. Des théières. Je te demande un peu. Apparemment, cela aurait à voir avec la façon dont le bec s'incurve."
Spéciale dédicace au Club des Théières dont je suis ! (NB : lorsque j'ai suggéré le nom de notre club de lecture parisien, je n'avais aucune idée de ce sens là de théières !!!) ![]()
En conclusion : précipitez-vous sur La rivière de l'exil si vous aimez les nouvelles, et moi je m'en vais cueillir d'autres feuilles de Colum McCann… un auteur irlandais à découvrir absolument !

où est passé mon stylo que je note de toute urgence !
17 mars 2008 | #
moi aussi j’ai lu Colum McCann pour l’occasion, avec Zoli. Je te l’aurai volontiers prêter mais c’est en VO et je crois que ça ne t’attire pas trop…
17 mars 2008 | #
un receuil de nouvelles est un bon moyen de decouvrir l’auteur car je ne connais pas et hésite à acheter Zoli qui est assez épais.
17 mars 2008 | #
je n’ai pas vraiment aimé “Zoli” mais j’ai bien envie de tenter celui-ci…
17 mars 2008 | #
Ouaouh ! je note !
17 mars 2008 | #
Oui Zoli bof aussi pour moi !
17 mars 2008 | #
Un autre recueil de nouvelles irlandaises de Colum, encore plus fort, plus émouvant, “Ailleurs en ce pays”, c’est une pure merveille. Ses livres, à part “le Chant du coyote” se passant dans d’autres pays, E-U pour “Les saisons de la nuit”, URSS/E-U pour “Danseur”, Europe centrale pour “Zoli”.
17 mars 2008 | #
Je viens de chez Stéphanie et je vois que cet auteur irlandais excelle dans l’écriture des nouvelles, très tentant tout ça !!
17 mars 2008 | #
@Cathulu : bravo !
@Emeraude : c’est gentil… mais même en VF, Zoli ne me tente pas en fait !!!
@Goelen : ah oui, c’est un très bon recueil !
@Bellesahi : je ne suis pas tentée par Zoli mais celui-là, tu peux y aller !!!
@C. Sauvage : ho ho, je note votre conseil tout de suite… j’ai hâte de lire “Ailleurs en ce pays” s’il est encore mieux ! Mais qu’avez-vous pensé de ZOLI ? (les bloggeurs n’ont pas l’air emballés en général…) ?
@Florinette : il va falloir craquer !
17 mars 2008 | #
Encore des nouvelles de Colum Mc Cann ! Que de tentations aujourd’hui !
17 mars 2008 | #
J’adore cette citation! Merci Tamara!
17 mars 2008 | #
Je l’ai moins aimé que “Danseur” qui est un exercice incroyable réussi (chacun des personnages prend la parole à son tour sans être désigné: Noureiev, sa prof, sa soeur, son amant malade, etc. Peu à peu on reconnait sa voix et on parcourt le monde à la vitesse et avec la légèreté de Noureiev) et un roman sublime. Disons que je mets “Zoli” sur le même plan que “Les couleurs de la nuit” (je ne me trompe pas de titre?). Entre Danseur et ces deux livres je mets “Le chant du Coyote” qui est pour moi l’un des plus beaux livres sur les relations entre un père et un fils, sujet moins traité que les relations mère-fille. Mais, de toute façon j’ai cessé depuis longtemps d’être objectif avec Colum qui est devenu un ami et qui, outre son talent, est vraiment quelqu’un de bien. Il fait même du bien j’en ai fait l’expérience.
17 mars 2008 | #
Les SAISONS de la nuit.
Signé Al Zeimer
17 mars 2008 | #
J’ai lu comme toi un recueil de nouvelles de MCCann mais j’ai été un peu déçue, je réessaierai avec ce recueil là puisqu’il t’a plu.
17 mars 2008 | #
Bonjour.
Je rejoins l’opinion de C. Sauvage « Ailleurs en ce pays » est beaucoup plus prenant que « La rivière de l’exil ».
Yvon
17 mars 2008 | #
J’ai appris un mot aujourd’hui…
18 mars 2008 | #
@Kathel :
@Chiffonnette : on n’est pas à l’abri d’autres étonnements du même genre ! C’est chouette, la littérature !
@Al Zeimer : (hé hé, je me sens moins seule avec mes problèmes de mémoire de titres !) ah, mais si c’est un ami, alors, votre avis a autant de valeur que celui d’un radis rose !!!
Merci pour toutes ces précisions concernant l’oeuvre de McCann, je sens que je vais craquer sur plusieurs de ses bouquins…
@Ori : je pense que cela vaut la peine de lui laisser une seconde chance ! J’espère que tu aimeras celui-là…
@Yvon : c’est bien noté, j’ai déjà fait ma demande d’emprunt !
@Jonx : tant mieux, tu n’es pas passé pour rien !
18 mars 2008 | #
Oh, je ne connaissais pas celui-là ! J’aime beaucoup les nouvelles et vu ce que tu en dis, je note !
22 mars 2008 | #