L’arrière saison, Philippe Besson
//php wikiovote(); ?>Voilà un roman aux atmosphères chaloupées et torrides de Tenessee Williams. En septembre et dans la chaleur sucrée d'un soir, à l'intérieur d'un café. De pales ventilateurs tournent au-dessus des banquettes de moleskine, des rangées de bouteilles se reflètent dans l'immense miroir posé derrière le comptoir. Aux murs, les publicités pour Coca-Cola rappellent qu'ici c'est l'Amérique profonde.
À Cap Code, c’est l’été indien. Les estivants sont partis. Chacun savoure le calme retrouvé, la belle saison. Louise se rend, comme chaque soir, au café Chez Willies, attendre Norman qui doit la rejoindre « quand il aura fini ce qu’il a à faire ». Il est en retard. Dans le café, il n’y a personne, sinon Ben, le barman, et elle. Louise est au comptoir. Ils échangent des banalités, la suite d’une conversation ininterrompue depuis tant d’années qu’elle vient ici. C’est alors qu’apparaît un revenant : Stephen.
J'ai lu ce roman juste après La conversation amoureuse d'Alice Ferney, et il se trouve qu'ils abordent tous deux le même sujet, mais d'une façon différente.
Ici, place est faite au décor, aux silences entrecoupés de quelques paroles et de regards. On prend le temps d'exister, même s'il s'agit de reproduire chaque jour les mêmes tâches, de s'adonner à ses habitudes. Chacun des protagoniste est confronté à ses pensées, à ses regrets parfois.
Louise est le personnage principal du récit. Au milieu de la trentaine, elle fait encore bel effet dans sa robe rouge. Après que Stephen l'a quittée, cinq ans auparavant, Louise a connu le succès avec ses pièces de théâtres tragiques. Elle sort depuis quelques temps avec un homme marié, Norman, mais l'apparition inattendue de Stephen va la replonger dans un passé amoureux qu'elle n'a jamais pu oublier.
En quelques gestes et quelques mots, brusquement, les souvenirs affluent… les sentiments en feront-ils de même ?
On a ici une autre analyse de l'amour, vu par un auteur masculin, mais au travers d'un ancien couple, et non d'un couple sur le point de se créer comme chez Alice Ferney. J'ai aimé cette histoire, avec ses tourments intérieurs, et l'espoir qui en ressort. Le titre me plaît aussi, il a un agréable petit goût de nostalgie…
J'avais lu En l'absence des hommes, et cette deuxième rencontre avec Philippe Besson me conforte dans l'idée que je peux lire d'autres de ses romans sans grand risque d'être déçue.
Bonus (éditeur) :
Philippe Besson a pris pour point de départ un tableau d'Edward Hopper, Les Rôdeurs de la nuit, où figurent quatre personnages. À chacun il a donné un nom, un caractère, une histoire. L'Arrière-saison est donc une arrière-cour, une façade et ce qu'il y a derrière la façade… Ce qu'on peut imaginer au-delà d'une image et dépasser par l'imagination. C'est là un pur exercice d'écrivain, parti sur un sentier battu avant de s'en écarter, laissant libre cours à tous les possibles, empruntant différents chemins tout en respectant l'espace lieu. Il manque peut-être un peu d'émotion dans cette tranche de vie rassemblant quelques êtres isolés. Mais après tout, on peut trouver qu'il en manque également chez Hopper…

je note. j’aime beaucoup le principe de départ et le propos m’intéresse. Un de plus…
1 février 2008 | #
mince pour 1 fois, j’ai failli être le 1er commentateur.
je l’aurai un jour, je l’aurai
1 février 2008 | #
@goelen : bah, un de plus ou de moins…
@mobjazz : mais tu voulais dire quoi, en fait ?!
Merci de ta visite gratuite en tout cas !
1 février 2008 | #
Je ne lis pas ton billet puisque ce livre est dans ma PAL !!!
1 février 2008 | #
Qu’est-ce que j’avais aimé!
Je te sers un petit Martini blanc?
1 février 2008 | #
J’ai bien mal débuté avec cet auteur, mais je me dis maintenant que je peux peut-être rattraper le coup avec celui-ci !!
1 février 2008 | #
Je n’ai jamais lu cet auteur mais ayant souvent été à Cape Cod plus jeune (et aussi l’été dernier, juste de passage)… juste pour revoir dans ma tête les images, ça me tente bien!
1 février 2008 | #
@Caro[line] : c’est de bonne guerre !
@Anne : ah, j’voudrais bien, m’dame ! Mais je suis au bureau et je crains que mon haleine me trahisse !
@Florinette : lequel n’avais-tu pas aimé ?
@Karine : rhôooo, veinarde !!! mais attention, le livre parle surtout du bar où se déroule le roman, presque en huis clos, et très peu des alentours de Cape Cod… N’hésite pas à le lire cependant !
1 février 2008 | #
je n’ai toujours rien lu de Philppe Besson mais j’adore ce tableau de Hopper !!! Et rien que pour ça, j’avais déjà noté ce titre il y a quelques temps!
2 février 2008 | #
Je cherchais depuis une éternité les reférences de ce roman , tu me sauves !!!
2 février 2008 | #
lu l’année dernière, j’ai adoré ce livre
et très envie de lire, un autre roman de cet auteur
2 février 2008 | #
@Emeraude : tu sais à qui l’emprunter, comme ça !
@Cathulu : je mets ça sur mon compte crédit pour le Paradis : une Cathulu sauvée, une !
@Stéphanie : je dois avoir En l’absence des hommes en stock, si un jour tu songeais à un emprunt !
2 février 2008 | #
Mon premier Besson. Un de mes préférés mais je ne le conseillerais pas à tout le monde car ça reste un roman d’ambiance. Moi j’adore
2 février 2008 | #
Pour moi également, celui-ci est un de mes préférés. Contrairement à l’auteur pour qui L’arrière saison est un de ses romans qu’il aime le moins, ainsi qu’il l’explique dans l’interview d’Auteurs TV (http://auteurstv.blogspot.com/search/label/Besson%20Philippe) dispo également chez Caro[line] (http://krolinh-lectures.blogspot.com/2008/02/philippe-besson-sur-auteurstv.html).
3 février 2008 | #
@Flo : tu as raison… mais quand même, ça vaut le coup d’essayer !
@In Cold Blog : merci pour ces infos !
4 février 2008 | #
J’ai très envie de découvrir cet auteur et ce roman…
merci
26 juin 2008 | #