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La conversation amoureuse, Alice Ferney

31 janvier 2008

Présentation de l'éditeur

Ce roman aurait pu s'appeler "le Livre de l'Amour". Gilles est un homme mûr en instance de divorce, Pauline est une belle jeune femme heureuse en ménage. Ils se connaissent à peine, et pourtant la soirée les mène inexorablement l'un vers l'autre. De sous-entendus en aveux, leur dialogue fait de silences et de trouble révèle la magie du commencement. En parallèle, d'autres couples se font et se défont en d'autres conversations amoureuses. On assiste, émerveillé, à la naissance d'une passion inéluctable tout en décryptant le jeu de la séduction. Avec talent, Alice Ferney saisit délicatement le désir et ses frémissements.

Divisé en huit chapitres (Début de soirée, Rencontre, A table…), ce récit amène le lecteur à découvrir la naissance de l'amour entre deux êtres humains. Le coup de foudre existe-t-il vraiment ? N'est-ce pas plutôt l'intérêt de l'un qui éveille les sens de l'autre ? Gilles, une bonne quarantaine, et Pauline, vingt-cinq ans à peine, vont expérimenter sous nos yeux les prémices de la découverte amoureuse. D'interrogations en hésitations, de sauts de puce en coups de folie, les deux coeurs se mettent peu à peu à battre à l'unisson. Parallèlement à leur histoire, d'autres couples de leurs amis se soudent ou se déchirent…

J'aime beaucoup la plume d'Alice Ferney… et je crois que c'est grâce à elle que je suis parvenue au bout des 317 pages de ce roman. En effet, il est écrit entièrement en prose, sans dialogues pour venir l'alléger. Cela rend le texte très dense, intense, et demande un effort particulier de concentration au lecteur, qui doit apprendre à lire en apnée. Cela dit, le propos est intelligent et amène à réflexion.

Si vous ne connaissez pas encore l'auteur, je vous conseillerai de découvrir d'abord Les Autres ou L'élégance des veuves. Si vous êtes déjà adepte d'Alice Ferney, alors vous pouvez prendre une grande respiration et vous lancer dans celui-ci !

Extrait (p.109) :

"Pauline Arnoult rougissait à la seule pensée de ce qui s'opérait en elle : elle était vraiment en train de tomber amoureuse d'un regard. Mais cette fois elle ouvrait son coeur sans plus pouvoir offrir sa vie – parce que sa vie était faite et donnée. Son mari l'embrassait, elle lui rendait ses baisers. Cet amour était tendre et résolu. L'autre était douteux et téméraire. Quelle qu'en fût la pureté, ce srait un amour illégal."

De manière à connaître le jour et l’heure, Nicolas Cauchy

29 janvier 2008

Jean est un patriarche qui dirige de main de maître son entreprise et sa famille. A l'occasion de son 54ème anniversaire, toute la famille est réunie dans l'hôtel particulier parisien où il vit avec sa femme Sophie.

Leurs trois garçons sont là : Pierre, l'aîné, qui a un poste clé aux côtés de son père, Alexis, aux ordres de ces derniers dans l'entreprise, et Guillaume, le marginal. Les épouses de Pierre et Alexis sont présentes : la belle Camille et son contraire, Amélie, mal à l'aise dans la chaleur de ce début d'été dans son corps de femme enceinte.

En plus de l'anniversaire de Jean, on fête le "Big Deal", une grosse affaire qui va rapporter le pactole à la société que dirige la famille. Mais ni cette heureuse perspective ni la joie des petits-enfants à l'occasion de cette réunion ne suffisent à dissiper le malaise qui s'empare de la maisonnée lorsque débarque un mystérieux messager, Gabriel, qui semble connaître certains secrets de famille…

Une semaine après la visite de Gabriel, Jean décède (ceci n'est pas un spoiler !). Chacun des membres de la famille prend successivement la narration de ce roman pour décrire ce qu'il a ressenti autour de ces deux événements, en s'adressant directement au défunt… Des bribes de révélations ici et là permettront alors au lecteur de reconstituer le puzzle de cette tragédie. Pour ma part, toutes mes suppositions initiales se sont révélées inexactes : pour mon doctorat ès détective, je repasserai !

Entre sentiments de haine, d'amour, de jalousie, et de secrets de famille, le récit est prenant et l'on s'immisce avec délectation dans l'intimité de cette famille hors du commun.

Après La Véritable Histoire de mon père, voilà l'exercice périlleux du second roman passé avec brio, bravo à Nicolas Cauchy ! Je continuerai de le lire avec plaisir, d'autant qu'il a un style d'écriture particulier qui me plaît bien.

Extrait (p.109) :

"Et j'ai repensé à ce cri que nous avions entendu depuis le salon, alors que nous t'attendions pour te fêter. Ce cri qui venait de ton bureau, "Sors d'ici ! Sors d'ici immédiatement !", cette injonction qui ne te ressemblait pas du tout, adressée à un inconnu, dans le fracas d'une porte violemment ouverte.

A qui parlais-tu ?

A cet homme ? Ou bien à nous tous, ta famille, dont tu aurais bien voulu te débarrasser, n'est-ce pas ?"

Special thanks : à Caro[line], qui a eu la gentillesse de me prêter ce livre-voyageur d'un de ses auteurs chouchous !

Books and the City

28 janvier 2008
L’idée de départ est simple : organiser une grande réunion bloggeurs (et leurs amis sans blog pour l'instant pour certaines :o )) à Paris.
 

Pour cela, il fallait un moyen de motiver le maximum de personnes et les prévenir suffisamment à l’avance pour qu’elles puissent se déplacer le jour J.

Donc, voici ce qu’il en est ressorti : un grand jeu de piste est proposé à Paris le samedi 5 juillet 2008 sur le thème de « Paris et la littérature ». Et après délibération des jeunes femmes dynamiques qui seront vos organisatrices, le nom retenu est Books and the city.

Le programme :

11h00 : accueil des participants
12h00 à 18h30 : jeu de piste avec découverte de Paris
19h30 jusqu’au bout de la nuit : pique-nique ou diner avec remise des prix

Une participation financière de 5 euros sera demandée à chaque participant afin de doter correctement les prix et de remettre à chaque équipe un petit kit de départ.

Toute l’organisation est bien sûr assurée bénévolement par les bloggeuses et bloggeurs parisiens impliqués.

Pour vous inscrire :
Envoyez un e-mail sur la boite : booksandthecity@droledeclub.com dès que vous pensez pouvoir venir pour réserver votre place. 

Dans votre message, n'oubliez pas d'indiquer :

- prénom et nom
- adresse e-mail en toutes lettres
- si vous viendrez accompagné(e) ou non

Le nombre de participants est limité à 50.

Les inscriptions en ligne seront closes le 15 juin. Les équipes seront constituées avant le 5 juillet, donc il est impératif de s'inscrire avant…

Eclats de rire et éclats de lire se mêleront sur la route des héros, écrivains et libraires de Paris !

Venez nombreux !!! Smile

PS : Un blog est mis en ligne afin de permettre à ceux qui le désirent de proposer ou demander un hébergement, et permettra de vous donner régulièrement des nouvelles…

Lignes de faille, Nancy Huston

24 janvier 2008

C'est l'histoire d'une tache. Une tache brune, veloutée, de la taille d'une pièce de cinq sous.

Sol, un petit garçon américain de six ans au caractère détestable, la porte sur sa tempe. Elle est (selon lui) sa seule imperfection, et sa mère a d'ailleurs pris rendez-vous chez le chirurgien pour la lui faire ôter.

Randall, son père, n'est pas favorable à cette opération : il a lui-même cette tache sur l'épaule gauche, telle une petite chauve-souris qui le guidait en chuchotant à son oreillle lorsqu'il était enfant… Une enfance pas toujours rose, comme il le raconte à l'époque, dont une partie s'est déroulée à Haïfa, en Israël. Son père travaillait sur ses scénarios à la maison, quant à sa mère…

Sadie partait souvent au diable vauvert pour travailler à sa thèse d'histoire, sur un sujet étrange  avec des "fontaines de vie". Et sa propre tache brune était honteuse : que faisait-elle sur sa fesse gauche ? Cet "horrible grain de beauté marron", est une "souillure", une "tare", dont Sadie, petite fille, se cachait honteusement.

Elle vivait alors avec Grand-maman et Grand-papa, qui eux étaient sans taches… Au contraire, ils l'avaient recueillis chez eux depuis sa plus tendre enfance, puisque sa mère, Kristina, traînait avec des bons à rien et ne pensait qu'à percer dans son métier de chanteuse à voix. Et pour lui porter chance, une tache brune nichée au creux de son bras gauche

"Monstrueuses ou drôles, attachantes ou désespérées, les voix de Sol, Randall, Sadie et Kristina – des enfants de six ans dont chacun est le parent du précédent – racontent, au cours d'une marche à rebours vertigineuse, la violence du monde qui est le nôtre, de San Francisco à Munich, de Haïfa à Toronto et New York." (extrait de la présentation de l'éditeur).

Comme beaucoup d'entre vous, j'ai été remuée par ce récit intergénérationnel à quatre voix enfantines, et je ressors enchantée de cette première rencontre avec Nancy Huston. A travers l'histoire d'une famille, de la musique et de la religion, c'est une partie tragique de l'Histoire du XXème siècle que nous conte l'auteur.

Ceci est un livre Lotobook : merci Françoise !

NB : je classe ce roman en "romans français" mais il s'agit en fait d'un roman francophone : l'auteur est canadienne et vit en France.

D'autres avis : partout sur la bloggosphère littéraire ! (bouh, quelle flemmarde je fais !) Innocent

Le combat ordinaire, T.3 – Manu Larcenet

22 janvier 2008

J'ai craqué.

Le tome 3 de cette fantastique bande dessinée est tout aussi réussi que les tomes 1 et 2.

J'ai adoré retrouver les personnages qui m'avaient tant émue, et qui continuent de le faire ici. Marco est décidément en proie à des questions existentielles, mais l'important est de ne pas oublier Ce qui est précieux (sous-titre de ce tome).

Une sensibilité à fleur de peau se dégage de ces images, des silences aussi précieux que de l'or, des photographies d'autrefois… Un magnifique tableau magnanime, mêlant tendresse et réflexion.

Que dire de plus ? J'aime, j'adore, je chéris Le Combat Ordinaire, c'est mon plus gros coup de coeur BD de ces derniers mois !

Et le tome 4 Planter des clous paraîtra le 7 mars 2008 !

Tsubame, le poids des secrets (3/5), Aki Shimazaki

18 janvier 2008

Enfin ! Le tome 3 de la pentalogie Le poids des secrets vient de paraître dans la collection de poche Babel, et elle est dotée d'une jolie hirondelle en couverture !

J'aurais dû relire mes billets des tome 1 (Tsubaki) et tome 2 (Hamaguri) parce que j'ai eu un peu de mal à resituer le personnage principal… Ma pauvre mémoire défaillante ! ;-)

Dans Tsubame, une petite fille d'origine coréenne, Yonhi Kim, commence par subir bien des catastrophes : lors du terrible tremblement de terre qui a détruit une partie du Japon en 1923, elle perd les seuls membres de sa famille : sa maman et son oncle. Recueillie par un prêtre catholique surnommé Monsieur Tsubame (= Monsieur Hirondelle), la jeune fille grandit en silence, car elle ne doit pas dévoiler son accent coréen à une époque où les Japonais, après avoir colonisé la Corée, traquent et tuent encore les exilés coréens dont beaucoup avaient participé au mouvement d'indépendance de la Corée.

Une fois encore, j'ai été sous le charme de l'écriture tout à la fois poétique et poignante d'Aki Shimazaki, et happée par le récit passionnant de Yohni. Malgré les terribles épreuves qu'elle a dû traverser au cours de sa vie, elle garde force et courage, et la fin de sa vie sera plus douce… Et le dénouement du récit nous dévoile de quel personnage il s'agit* (car on la connaissait dans les précédents romans sous son nom japonais, donné par le prêtre). Entre faits historiques et romancés, l'auteur trouve le juste ton et l'émotion prend le lecteur à la gorge.

* Warning : je déconseille, une fois de plus, de lire la 4ème de couverture, elle révèle ce point capital !

Ce livre charnière (puisqu'au "mi-yeux" de la pentalogie !) m'a beaucoup plu… Ma seule angoisse : combien de temps devrais-je encore patienter pour lire les tomes 4 et 5 ?!

Les avis de : Papillon ; Jules ; Katell (qui a lu la pentalogie)
 

Anticyclopédie Universelle, Emmanuel Vincenot & Emmanuel Prelle

15 janvier 2008

Ce livre est arrivé entre mes mains samedi… et j'ai aussitôt été pliée en deux… non pas prise de coliques, mais de rire ! Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant gloussé avec un livre !

Mais je vais vous expliquer de quoi il s'agit : l'Anticyclopédie Universelle (Tout sur tout et son contraire) répond, dans différents domaines, à toutes les questions que vous ne vous êtes jamais posées (à tort !), avec d'abondantes illustrations et moult traits d'humour.

Ainsi, au chapitre Histoire, vous apprendrez ce qu'est un gorak, et qu'il est difficile – mais pas impossible - de s'en débarrasser… Vous vous souviendrez que "Les hommes du Moyen Âge pratiquent l'amour courtois (c'est-à-dire sans pénétration)", et vous y trouverez la recette du philtre d'amour !

Je me suis esclaffée tout au long du récit "Mon voyage chez Mao" par Philippe Solers !

Mais ce n'est que le début, car suivent :

- l'Education (dont "comment reconnaître un élève sans se tromper ?")

- la Spiritualité & Philosophie (notamment : en quoi les Hommes et les Femmes aimeraient-ils être réincarnés… poilant !)

- Arts & Spectacles (entre autres, quelques critiques de films bien senties !)

- Sciences & Techniques (une très scientifique explication du système solaire ; vous saurez enfin à quoi servent les nombres premiers et le corps humain n'aura plus de secrets pour vous !)

- Témoignages et documents : que fait la police ? et autres sujets de société…

Vous l'aurez compris, si une petite déprime hivernale vous étreint, plongez dans cette désopilante Anticyclopédie, c'est un excellent remède ! Les risques : crampes d'estomac et de zygomatiques à force de se gondoler… Les nombreuses illustrations et la conception graphique réussie confère à cet ouvrage un charme fou : au début je pensais le picorer, et en réalité je l'ai lu d'une traite !

Un chouette livre (126 p.) publié chez Mille et Une Nuits, qu'il serait dommage de ne pas (s')offrir !

Extraits du Corps Humain (p.102) :

"Les empreintes digitales. Elles sont absolument uniques, pour faciliter les enquêtes de police."
"L'intestin. Une fois déplié, il couvre 2600 fois la distance séparant la cuisine des toilettes."
"Les muscles. Très susceptibles, ils se froissent facilement."

Le mot des auteurs :

"De quoi parle l'Anticyclopédie Universelle ? C'est très simple : d'absolument tout. Depuis les dinosaures jusqu'à la Grande Muraille de Chine, en passant par l'Apocalypse, Pif-gadget, et la recette du philtre d'amour, chaque sujet est abordé en détail, dans un souci de rigueur scientifique qui force l'admiration. Comme les meilleurs spécialistes n'étaient pas disponibles, nous avons dû vérifier par nous-mêmes le nombre de poils de l'oppossum ou la distance entre la Terre et Pluton. Mais nous ne regrettons rien, car nous avons la certitude que cet ouvrage sera utile à nos contemporains : il s'agit là d'une étape considérable dans le progrès des connaissances humaines. " E. P. et E. V.

Les avis tout aussi positifs de Fashion victim, Gachucha et Laurence du Biblioblog

Special thanks : à Emmanuel P. , pour m'avoir fait tant rire ! Merci mille fois !

Le premier prix

14 janvier 2008

Au mois de décembre, j'avais joué chez Emeraude à son jeu "Les 10 trucs de ouf de ma vie"… Parmi ces dix vérités loufoques, l'une était fausse… Et comme j'ai trouvé la première la bonne réponse (elle n'a jamais porté de robe de haute couture), j'ai reçu mon cadeau… qui s'est multiplié, voyez plutôt :

- Un bonhomme de neige dans son sapin et fleurs : TOUT EST EN CHOCOLAT, miam, miam !

- une carte postale de chat qui se marre !

- un cache-clé : on glisse sa clé dans la tête du chat, et c'est bien plus joli, miaou ! J'aime beaucoup !

- un carnet pour noter plein de listes ! Moi qui oublie souvent la moitié des choses, ça tombe à pic !

Merci beaucoup, chère Emeraude, tu m'as vraiment gâtée (et je vois que tu as adapté les cadeaux à la personnalité du gagnant !  ;-) )

 

Le baron perché, Italo Calvino

13 janvier 2008

Voilà un livre lu pour la première rencontre de l'année du Club des Théières. Le thème choisi étant l'Italie, on pouvait piocher un roman qui se passe dans ce pays ou dont l'auteur est italien.

Le Baron Perché est "un autoportrait, un conte philosophique, une éblouissante invention littéraire, où Côme circule au milieu des yeuses comme Calvino dans les lignes" (extrait de la quatrième de couverture).

Pour ma première rencontre avec cet auteur, je peux dire que c'est une réussite ! 

Côme  est un  jeune homme de 12 ans, dont le père est le baron Arminius Laverse du Rondeau, la mère la générale Konradine (elle est ainsi appelée car son père était Général, mais elle est femme au foyer, je vous rassure), et dont le jeune frère s'appelle Blaise et la soeur Baptiste (!). Le foyer se compose aussi de quelques étranges personnages comme l'Abbé Fauchelafleur et Aeneas-Sylvius Carrega, frère illégitime du Baron et régisseur du domaine. Celui-ci est situé à Ombreuse, dans la région du Piémont. 

La vie de ce petit monde va être bouleversé le jour où Côme, refusant de manger le plat d'escargots préparé par sa sournoise soeur Baptiste, grimpe dans un chêne et refuse d'en descendre. C'est le début d'un long, très long séjour dans les arbres…

Blaise, le jeune frère, est le narrateur des aventures de son frère Côme. Celui-ci aménage peu à peu son territoire aérien, se constitue une garde-robe grâce à la chasse, et fait de passionnantes rencontres, comme celle de la petite voisine Violette ou, bien plus tard, du terrible bandit Jean des BruyèresLes livres ont une grande importance dans ce roman, ce cher Côme entretenant même une correspondance avec Voltaire et autres philosophes des Lumières…

Ce roman est trop foisonnant et extraordinaire pour être réduit à quelques lignes. L'idée de départ est complètement loufoque et pourtant exploitée à merveille, ce qui fait du Baron perché un roman passionnant et incongru. J'ai été emporté par le flux du récit – très bien écrit, dans une langue chantante et imagée – sans approfondir le côté philosophique ou la métaphore politique que certains y voient (mais si vous lisez la préface après le roman, vous aurez toutes les explications voulues !). Il semblerait aussi que Côme soit en réalité un autoportrait de l'auteur… Ne le connaissant pas, je suis mal placée pour en juger.

Quoi qu'il en soit, je vous recommande sans hésitation de découvrir ce roman rempli d'aventures et de littérature !

Special thanks : à Stéphanie et Olivier, qui m'ont prêté ce roman à un moment fort opportun (mon premier choix de livre pour le Club des Théières s'étant révélé décevant !)

Un extrait (p.97) : Côme fait découvrir son installation perchée à son frère Blaise

"Côme souleva un pan de toile et me fit entrer. A la lueur de la lanterne, je découvris une sorte de petite pièce couverte et fermée de tous côtés par des rideaux et des tapis ; au centre passait le tronc du frêne ; en guise de parquet, des planches reposaient sur les branches maîtresses. Au premier instant, j'eus l'impression de pénétrer dans un palais ; mais je ne tardai pas à m'apercevoir que ce palais était instable ; le poids de deux enfants en compremettait l'équilibre et Côme dut aussitôt s'évertuer à réparer des voies d'eau et des affaissements. Il employa les deux parapluies, grands ouverts, pour obvier à deux trous du plafond ; mais l'eau coulait par maints autres interstices ; nous étions tous les deux trempés."

Le combat ordinaire, T.2 – Manu Larcenet

12 janvier 2008

Aussitôt acheté, aussitôt lu ! Si ce n'est pas malheureux d'être aussi faible !! ;-)

Dans Les quantités négligeables, le second tome du Combat ordinaire dont j'ai parlé récemment, Marco le photographe vit avec son amie vétérinaire (c'est elle qui a emménagé dans sa petite maison de campagne) et il a un projet d'exposition dans une galerie. Il choisit comme sujet les ouvriers du chantier naval où son père a travaillé durant toute sa vie… L'occasion de rencontres et de souvenirs…

Je n'en dirai pas plus afin de vous laisser découvrir toute la saveur de cette histoire, qui m'a terriblement émue (ce qui est rare pour une bande dessinée). Je ne peut que féliciter l'auteur pour la justesse des sentiments qui transparaissent à travers ses dessins : je me suis véritablement attachée à la famille de Marco, j'ai un peu l'impression de les connaître… La qualité du scénario est irréprochable, touchant l'âme humaine avec beaucoup de pudeur. Des grandes difficultés de la vie aux petits bonheurs quotidiens, de la politique au politiquement correct, de l'apparence à la profondeur des gens, tous les thèmes abordés le sont avec délicatesse et sans jugement. Un art subtil que maîtrise parfaitement Manu Larcenet : bravo, bravo, bravo ! Ce tome est encore meilleur que le premier.

PS : il faut que je résiste à acheter le tome 3 tout de suite, le tome 4 ne paraissant qu'en mars… 

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