Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel
Et voilà. Me voilà devant la lourde tâche de présenter Le rapport de Brodeck. Je suis un peu intimidée, maintenant que j'ai rencontré son auteur, l'hypnotisant Philippe Claudel. Contrairement à beaucoup d'autres lecteurs / bloggeurs
, j'ai été très raisonnable lors de la rentrée littéraire, n'ayant acheté qu'une ou deux nouveautés. J'avoue avoir été aidée en cela par le prêt d'autres nouveaux brochés par certaines d'entre vous qui se reconnaîtront []…
En fait, c'est uniquement lors de la soirée dédicace de P. Claudel que j'ai décidé d'acquérir Le Rapport de Brodeck. Je n'avais jusqu'ici lu que Le café de l'Excelsior. Et alors, en rentrant de la soirée, j'ai commencé à lire : "Je m'appelle Brodeck et je n'y suis pour rien. Je tiens à le dire. Il faut que tout le monde le sache."
Et les 400 pages de ce roman ont défilé comme dans un rêve. J'étais dans un autre monde, on ne sait pas trop où, on ne sait pas trop quand, mais au moment d'une guerre et dans les années qui ont suivi. Brodeck était dans un de ces camps de réfugiés, de ceux dont on ne revient pas… Sauf que lui, par amour pour sa femme Emélia, a subi les humiliations suprêmes, jusqu'à finir comme un chien, et les douleurs les plus vives, mais il est revenu au Village. Ce n'est pas vraiment son village, non, il y est arrivé lorsqu'il était enfant, pauvre orphelin de guerre, emmené par sa nounou Fédorine, qui vit encore dans sa maison aujourd'hui. Elle est très vieille et fragile, mais il l'aime comme une mère. Tout cela pour dire qu'il n'est pas tout à fait chez lui, comme les autres villageois, mais qu'avec le temps, il a été accepté par la communauté. Sauf qu'avec l'arrivée de l'Anderer dans le secteur, tout va changer. Des animosités vont naître, jusqu'à l'Erigniës… la chose qui s'est passée. Et que sera forcé de raconter Brodeck, le lettré, dans un Rapport.
Le style de Claudel est véritablement envoûtant, je le trouve aussi intemporel et d'une force chargée d'émotions. Les faits sont racontés dans le désordre, avec des retours en arrière et des croisements fréquents, mais de façon assez miraculeuse, le lecteur ne perd pas le fil du roman, au contraire, cela permet de faire des pauses dans des parties du récit assez difficiles… En effet, ce roman fait réfléchir sur la bêtise sans cesse renouvelée des hommes, qui se font la guerre et commette des atrocités pour des idées ou de l'argent, alors qu'il y aurait tant de choses à faire pour s'entraider ou tenter de sauver la planète sur laquelle nous vivons tous… Et j'ai trouvé habile que l'auteur ne situe ni dans l'espace ni dans le temps ce roman, prouvant ainsi que les faits relatés sont - hélas - universels.
Vous l'aurez compris, je recommande donc chaleureusement à tous de lire le Rapport de Brodeck !
Un extrait :
"Un matin, en me réveillant, je n'ai rien entendu. Gerthe n'était plus dans le lit. Elle était au pied du berceau. Elle regardait l'enfant et elle ne bougeait pas. Je l'ai appelée. Elle n'a rien répondu. Elle n'a même pas tourné la tête vers moi. Je suis allé vers elle en chantonnant les prénoms, Stephan, Reichart… Gerthe s'est levée d'un bond et m'a sauté dessus, comme une bête devenue folle, essayant de me frapper, de déchirer ma bouche, de griffer mes joues. Dans le berceau, j'ai vu le visage de l'enfant. Il avait les yeux clos, et sa peau avait pris la couleur de l'ardoise."
Les avis de : Caro[line] , Emeraude

Ca fait envie, mais ça a l’air bien triste. Très dur le passage que tu as choisi …
2 novembre 2007 | #
dis… tu me le prêteras?

en attendant, suis en train de lire ton Stephanie Plum, c’est un autre genre!
2 novembre 2007 | #
@bladelor : ce roman m’a beaucoup plu… la tristesse fait partie de ce monde, même si ce n’est pas par plaisir que l’on s’y plonge, c’est aussi une nécessité de se confronter à ce type de lecture… pour ne pas oublier. Et oui, j’ai choisi un passage dur car il m’a beaucoup marquée, et comme Philippe Claudel dit que la littérature doit bousculer, j’ai pensé que ce passage en était une bonne illustration…
@Stéphanie : OUI ! Tu me donneras ton timing pour le prêt !
Moi aussi, j’ai lu un Stéphanie Plum hier, histoire de changer d’ambiance ! Je te prêterai donc également le tome 3 quand tu voudras !
2 novembre 2007 | #
@stéphanie et Tamara : tiens, moi aussi j’ai entamé un stéphanie Plum hier!

Tamara, ton billet es magnifique et représente très bien ce qu’on ressent tout au long de ce roman!
2 novembre 2007 | #
Chouette billet ! Je suis sure que Philippe t’enverrait des bises s’il le lisait.
@ Stéphanie : Tu vas emprunter un livre dédicacé à Tamara et pas à moi ?!?
2 novembre 2007 | #
@Emeraude : merci !
Bienvenue au Club des Liseuses de S.Plum les Jours Fériés !!!
@[] : tu crois ?!!
Et pour le prêt, loin de moi l’envie de te voler ta spécialité, si tu souhaites prêter TON P.Claudel à Stéphanie, je m’incline !! 
2 novembre 2007 | #
Lu il y a quelques jours, je l’ai adoré!
2 novembre 2007 | #
Il me fait envie celui-là !!! Je n’ai toujours pas vue un avis négatif sur lui
2 novembre 2007 | #
Oui, rassure-toi, j’ai bien compris qu’il fallait lire ce roman…
Tu as écrit une très belle critique: dis donc, la timdité te donne de l’inspiration
2 novembre 2007 | #
@Lisa : AHH ! Merci d’apporter de l’eau à mon moulin !
@Héri : moi non plus à vrai dire… Peut-être aura-t-il même un prix renommé la semaine prochaine… ?!
@Anne : je ne sais pas si c’est de la timidité ou de l’aveuglement passionné qui m’a inspirée !
2 novembre 2007 | #
Tamara, maintenant que j’ai repris un travail, figure toi que les jours feriés je bosse! (c’est cool les centres commerciaux ouverts même les jours feriés, non ? de toute façon j’ai jamais connu les jours feriés!)
)
Aujourd’hui c’est juste un repos hebdomadaire. J’ai quitté l’hôtellerie pour avoir des horaires un peu plus normaux mais en fait c’est pas du tout le cas! (et je me rends compte que c’est très bien ainsi
Tu en es au combien de S. Plum ? J’ai entamé le 3è
2 novembre 2007 | #
Et bin là….. je n’ai pas le choix… je dois le lire :))
2 novembre 2007 | #
@Emeraude : j’ai lu le 3ème hier ! Mais là je passe à autre chose, histoire de ne pas me lasser…
@Carine : E-XAC-TE-MENT !
2 novembre 2007 | #
Je l’ai acheté et comme toi je me le suis fait dédicacer. J’attends un peu pour le lire…
2 novembre 2007 | #
J’attends encore un peu, besoin de choses plus légères …
3 novembre 2007 | #
J’ai adoré ce livre, il est merveilleusement bien écrit ! Et tu dis trés justement qu’il est envoutant !
3 novembre 2007 | #
@Sylire : tu es plus patiente que moi !
@Cathulu : dans ce cas, en effet, mieux vaut remettre à plus tard… Bon week-end !
@amanda : encore une fan sous le charme !
3 novembre 2007 | #
J’ai beaucoup aimé ce livre. Un des meilleurs de Claudel. Ah pourvu qu’il gagne le G:grin:oncourt
3 novembre 2007 | #
3 novembre 2007 | #
C’est prévu dès que mon tour viendra sur la longue liste d’attente de la biblio !!
4 novembre 2007 | #
@Bellesahi : oui, moi aussi j’espère qu’il aura le Goncourt ! Mais sinon, ce n’est pas grave, cela n’enlèvera rien à la qualité de ce roman !
@Florinette : oui, j’imagine la longueur de la liste… Patience !
4 novembre 2007 | #
L’a pas eu !
6 novembre 2007 | #
je viens de terminer le rapport j’ai mis 3 mois à le terminer,parce que dans ma vie perso et professionelle c’était aussi une période difficile.je travaillais auprès des étrangers,demandeurs d’asile,sans papiers à présent. je suis licenciée,hier mon directeur m’a demander d’effacer et de détruire tout les dossiers,une galerie immense de portraits et d’histoires d’hommes et de femmes et de leurs enfants ,chacune aurait mérité un roman,un film…tout cela partira au feu.je ne sais pas aujourd’hui,comment on racontera ce qui est en train de ce passer maintenant,je ne sais pas comment on le racontera demain,je ne sais pas comment le raconter à mes enfants et à qui d’autre?voilà comment ce livre m’a accompagné pendant trois mois ,je le relirai plus tard,quand tout ira mieux
9 juin 2008 | #