Compartiment pour dames, Anita Nair
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Voilà le premier roman que je lis dans le cadre des lectures communes du Club de Lecture des Bloggeuses qu'ont repris Sylire et Lisa.
Sans cela, je serais peut-être passée à côté de ce joli livre, car la littérature indienne ne m'attire pas forcément (bien que j'ai vraiment beaucoup aimé récemment Les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devint milliardaire).
Anita Nair narre dans ce roman les destins de six femmes que le hasard a réunies dans le compartiment pour dames d'un train (à l'époque, et jusqu'à il y a dix ans, les femmes ne voyageaient pas avec les hommes).
Le personnage principal est Akhila, raccourci d'Akhilandeswari. Elle a la quarantaine bien sonnée, et n'est pas mariée, chose assez extraordinaire dans cette culture. En fait, elle a perdu son père assez jeune, et s'est occupée depuis lors de sa mère et de ses frères et soeurs. A part une brève liaison et le fait qu'elle mange parfois des oeufs, ce qui est interdit par les croyances de sa communauté, Akhila ne s'accorde aucun répit, aucun moment de liberté. Et puis un jour, elle décide qu'elle a assez donné à son entourage, et qu'il est temps qu'elle s'occupe d'elle. Elle prend alors un billet de train, et lorsque les présentations sont faites et qu'une certaine intimité s'installe dans le compartiment, Akhila demande à ses compagnes de voyage si elles pensent qu'une femme peut s'en sortir toute seule.
Et alors, chacune à son tour prend la parole et raconte un bout de sa vie aux oreilles attentives des autres femmes :
Janaki, la plus âgée, évoque son mariage, arrangé bien sûr. Voilà quarante ans qu'elle côtoie le même homme. Elle évoque l'appréhension de la nuit de noces, le couple qui découvre l'intimité à deux, et puis, plus tard, l'amour qui s'essoufle pour devenir une complicité, une amitié, presque, où les plaisirs corporels ne sont plus.
Sheela, une toute jeune fille, évoque la mémoire de sa grand-mère, avec laquelle elle avait un lien particulier, et des rituels qui accompagnent la mort.
Margaret Shanti a eu une vie difficile. Elle a fait un mariage d'amour, qui s'est vite transformé en esclavage, duquel a découlé la haine pour ce beau mari tyrannique, surtout lorsqu'il l'a contrainte à avorter. Mais elle trouvera un moyen de se venger, à petit feu…
Prabha Devi nous parle aussi de son couple, et de l'ingéniosité qu'elle a dû déployer pour s'offrir un plaisir personnel en secret de son époux : apprendre à nager.
Marikolanthu fait un peu "tâche" dans le compartiment. On se doute qu'elle a eu une vie très difficile. Et c'est le cas. C'est le destin qui m'a le plus marquée. Sa vie au service d'une famille riche, puis auprès de deux femmes médecins, dont elle devine quelques temps après qu'elles sont plus que des amies, ce qui la trouble beaucoup. Et puis un jour terrible, elle subit un viol, dont naîtra un enfant, que Marikolanthu va repousser…
Ces tranches de vie plongent le lecteur en plein coeur de la culture indienne, ou plutôt des multiples cultures qui la composent. Anita Nair écrit bien, elle sait raconter des histoires, et l'on ne voit pas passer les 321 pages du roman. J'ai beaucoup aimé accompagner ces femmes dans leur voyage ferroviaire. On prend conscience de la chance que nous avons, dans nos pays occidentaux, d'avoir le choix de se marier ou non, d'être indépendantes financièrement, et de mener nos vies avec beaucoup plus de liberté de la plupart des indiennes. Un livre que je conseille, donc !
D'autres avis aujourd'hui chez : Lisa , Papillon, Camille, Clochette, Gambadou, Sassenach, Nina, Patacaisse, Amanda, Gachucha, Jumy, Nath, Praline, Stéphanie

Je suis restée sur le quai avec ce roman …
1 novembre 2007 | #
Tamara voici un livre qu’il ne faut surtout pas me prêter
J’ai également beaucoup aimé cette lecture, et je compte lire quelques tranches de littérature indienne.
1 novembre 2007 | #
c’est une amie indienne à moi qui m’a conseillé ce livre il y a quelques temps. Je n’ai vraiment pas été déçue! C’est un romang magnifique, et comme toi, j’ai été d’autant plus touchée par l’histoire de Marikolhantu.
Enfin, elles m’ont toutes touchée en fait.
J’en garde un très bon souvenir et ça me donne très envie de découvrir un peu plus de littérature indienne (en plus j’ai ma conseillère perso… enfin, elle est partie vivre à Dubaï mais quand même!)
1 novembre 2007 | #
C’était ma première participation au club de lecture et je ne suis pas déçue : comme toi, c’est Marilokhu qui m’a le plus touchée !
1 novembre 2007 | #
Sylire, donne aussi un autre titre à lire de cette auteure. Bon, alors il va falloir aussi découvrir la littérature indienne
1 novembre 2007 | #
je suis un peu comme Cathulu, mais ravie de voir les avis à droite et à gauche
1 novembre 2007 | #
Je viens de chez Stéphanie et voilà donc un 2ème avis tentant !!!
Je pense participer à la lecture commune du 1er janvier, j’ai déjà le livre dans ma PAL !
1 novembre 2007 | #
Je n’étais jamais venue ici !
Drôlement sympathique !
Je suis verte de jalousie à la vue de tous ces livres !
Bon c’est pas grave, paraît que je m’en remettrai…
Ton blog est très beau visuellement et donc de fait, très agréable à parcourir
1 novembre 2007 | #
je le note …et impatiente de l avoir
1 novembre 2007 | #
Lecture sympathique, Margaret est ma favorite !
1 novembre 2007 | #
@cathulu : tant pis, tu auras fait d’autres voyages littéraires à la place !
@Stéphanie : ok, je ne te le prêterai pas ! d’autant que je l’ai déjà rendu à la bibliothèque de Batignolles !
@Emeraude : tu me diras si tu as fait d’autres découvertes indiennes incontournables !
@ amanda : je vais aller voir les avis des autres participantes de ce pas !
@Anne : eh, pas d’obligation, ma jolie, tu fais comme tu le sens !
@Gachucha : je craignais aussi que ce soit mon cas, j’ai été agréablement surprise !
@Caroline : je ne sais pas si je pourrais participer à la prochaine… (je n’aime pas John Riel !)
@bon sens : merci, tu es bien gentille avec mon vieux blog qui n’a pas fait peau neuve depuis sa naissance ! C’est vrai que les piles de livres sont chouettes… Allez, tu retenteras ta chance !
@beat : il est souvent dans les médiathèques, patience !
@praline : ah tiens, chacune a sa préférée alors !
1 novembre 2007 | #
Un beau moment de lecture qui m’a fait découvrir un auteur que je ne connaissais pas et qui signe ici un joli roman sur la culture indienne où les femmes étaient compartimentées et n’avaient pas le droit de se révolter, heureusement que cela a évolué, certes lentement, mais il n’existe plus de compartiment pour dames et ce livre est un appel à la liberté !
1 novembre 2007 | #
Bonsoir Tamara ! Ravie que tu aies aimé, d’autant que tu partais avec un à priori négatif. C’est l’intérêt de ce genre de club, d’aller à la découverte de livres que spontanément on ne lirait pas.
2 novembre 2007 | #
@Florinette : oui, vive la seconde classe mixte pour tout le monde !
@Sylire : en effet, c’est une des motivations de participer à ce Club ! (je ne promets rien pour la prochaine lecture, je n’aime pas l’auteur choisi, mais je vais voir si je peux jouer en parallèle !)
2 novembre 2007 | #
Pourquoi pas Tamara ? Notre club est le plus ouvert possible, si tu as une idée en rapport avec le thème ce sera avec plaisir !
2 novembre 2007 | #
@Sylire : c’est bien, un Club cool !
3 novembre 2007 | #
Moi aussi je serai passée à côté de ce livre sans le club de lecture des bloggeuses !
4 novembre 2007 | #
Moi aussi j’ai beaucoup aimé ce livre. Ce fût une découverte pour moi car je ne connaissais pas du tout la littérature indienne. Et comme toi, le dernier témoignage m’a beaucoup touché. On ressent bien la détresse de cette femme.
5 novembre 2007 | #
@clochette : un bon moyen pour aller vers d’autres univers littéraires !
@jumy : ces témoignages ne sont pas faciles mais on apprécie de se plonger dans une culture complètement différente de la nôtre…
5 novembre 2007 | #
pour ma part j’ai aimé ce voyage en Inde et le récit de vie de ces femmes dans l’Inde d’aujourd’hui. Je me suis attachée à Akhila et à sa libre pensée. Er j’ai envie de découvir les autres romans d’Anita Nair et d’auteurs indiens.
5 novembre 2007 | #
@mamming : je retenterai aussi un jour un autre roman d’Anita Nair, je pense !
5 novembre 2007 | #
[...] Anita Nair Compartiment pour dames [...]
7 mars 2008 | #
[...] dans Compartiments pour dames, Anita Nair, dans un langage soutenu et très imagé - et même [...]
13 mai 2010 | #