C'est le premier roman que je lis d'Arnaud Cathrine, je ne savais donc pas trop à quoi m'attendre.
Sweet home raconte l'histoire d'une famille de six personnes. Il y a le père, peu présent, la mère, qui est malade et ne survivra pas longtemps après le début du roman, les trois enfants : Vincent et Lily , les jumeaux, et Martin, le petit dernier, sans oublier l'oncle, alcoolique, mais proche des enfants. Et puis il y a aussi Nathan, ce jeune voisin fragile et rêveur, qui sera très proche de cette famille bancale.
Chacun à leur tour, et respectivement en 1983, 1993 et 2003, Vincent, Lily et Martin vont tenir la narration de l'histoire familiale.
Ce récit est plutôt triste mais l'écriture est fine et feutrée et fait passer la pilule en douceur. Les émotions humaines sont au coeur de l'histoire, les non-dits, aussi, bien qu'il y ait beaucoup de dialogues dans ce roman. Toute la complexité de l'âme humaine est ainsi représentée au travers des personnages. L'ambiance empesée de maladie, de secrets et de manque de communication est allégée par la présence de la mer, puisque l'essentiel du récit se passe dans la maison de vacances au bord de la Manche. Cependant, la mer source d'évasion peut également être le lieu de drames…
J'ai aimé ce roman, bien qu'il ne soit pas joyeux. Il montre que les blessures de l'enfance sont difficiles à cicatriser, même une fois adulte. L'auteur a vrai talent, il effleure le tragique sans s'apesantir, tout en finesse et délicatesse. Un bel hommage à l'amour filial, maternel et fraternel.
Les avis de : Dda (Biblioblog) ; Clarabel ; (qui d'autre ?)
Extrait :
Tout était étrangement calme dans la maison, comme un matin où nous nous serions levés plus tôt que d'habitude. La fatigue ne pesait rien. Nous nous sentions absents au monde, rivés sur l'image de maman que l'on venait d'emporter sur un brancard [...].