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Saga de l’été 2007 : Angélique, le chemin de Versailles (Anne et Serge Golon)

28 septembre 2007

Après Angélique, Marquise des Anges vient Angélique, le chemin de Versailles, publié pour la première fois en 1958.

Ce qui m'a interpellée d'abord, c'est cette phrase en quatrième de couverture concernant la série des "Angélique" : "traduite dans le monde entier, lue par plus de 100 millions d'hommes et de femmes".

Je me demande bien si des hommes ont réellement lu Angélique ! Si c'est le cas, merci de vous manifester sur ce blog, je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé.

Pour en revenir à notre marquise, sachez que nous l'avions laissée à la fin du premier tome dans la plus sombre misère.

Dans la première partie de ce tome (qui en comporte deux, alors que le premier tome en comportait quatre), on suit les mésaventures d'Angélique au moment où elle touche le fond, ou plutôt les bas-fonds de Paris. Lors d'une bataille nocturne de gueux dans les charniers des Saints-Innoncents, Angélique tombe au pouvoir de Calembredaine, un vilain homme chef d'un clan de pauvres hères, voleurs et assassins. Il la ramène à la Tour de Nesle, son repaire, et enlève son "déguisement" : Angélique reconnaît alors Nicolas, son ami-domestique d'enfance… Angélique entame alors une vie de gueuserie, et elle est pourchassée par son ancien avocat, Desgrez, devenu policier. Au milieu de cette épreuve, Angélique apprend que sa soeur, à qui elle avait confié ses enfants, a mis ces derniers en nourrice, sans toutefois payer pour leur garde. Angélique se précipite dans les faubourgs pour récupérer ses petits, mais Florimond a été vendu à Jean Pourri, marchand d'enfants, et le bébé Cantor est emporté par des bohémiens. Après un passage en prison, où elle est condamnée au fouet mais y échappe en accordant une nuit au chef de la prison du Grand-Châtelet… Avec son aide, elle finit par récupérer ses enfants, méconnaissables : ils sont amaigris et surtout traumatisés.

A force de volonté, de courage, de débrouillardise et d'intelligence, Angélique s'associe avec un rôtisseur, Me Bourjus, et redore le blason de la boutique qu'elle transforme en taverne du Masque Rouge. C'est le début du succès, et la fin de la misère d'Angélique.

Dans la seconde partie du roman, Angélique décide de se lancer dans le chocolat, boisson qu'a amené à la Cour la Reine Marie-Thérèse (infante d'Espagne) et qui commence à être à la mode. Elle doit ruser pour obtenir la patente (autorisation et exclusivité de fabriquer ce produit). Parallèlement, elle reçoit une demande en mariage (d'un maître d'hôtel) et devient la maîtresse du Poète Crotté, seul parolier et chansonnier qui ose dire la vérité sur la société et la royauté (il est naturellement recherché par la police). Ce dernier dénonce d'ailleurs un drame qui s'est produit à la Taverne du Masque Rouge : des nobles s'y sont rendus, masqués, pour une orgie qui s'est terminée par le meurtre d'un petit marchand d'oublies… Angélique se fera fort de le venger. Et puis un jour, un charcutier de la place de Genève, où a été pendu Joffrey de Peyrac (le mari d'Angélique), fait d'étranges confidences sur les circonstances de cette pendaison… Mais Angélique étouffe l'espoir qu'il fait naître. Le Prince de Condé lui demande d'être sa maîtresse : elle risque sa fortune et sa vertu dans une partie de hoca… Et sur les conseils de son frère Raymond, elle décide de séduire son cousin, le superbe Philippe du Plessis, afin de retrouver un titre de noblesse qui lui ouvrira les portes de Versailles. Au contraire, toutes les femmes de son entourage lui déconseille d'épouser Philippe, qui a la réputation d'être aussi dur que beau et de maltraiter ses maîtresses, moralement comme physiquement. N'en faisant qu'à sa tête, Angélique retourne en Poitou et épouse Philippe du Plessis, dans le château où, enfant, elle avait surpris le complot contre le Louis XIII. Dès leur premier jour ensemble, Philippe se montre brutal avec les enfants d'Angélique et la nuit de noces est affreuse. Angélique laisse ses enfants à ses parents, et prend le chemin de Versailles.

En résumé : ce tome m'a plu parce qu'on y découvre la vie des miséreux de Paris, la ville telle qu'elle était à l'époque (un véritable coupe-gorge, d'une saleté innommable !), et qu'Angélique connaît une période très difficile mais déploie tout son courage pour sortir de cette condition. Et ma foi, elle ne se débrouille pas mal du tout ! Mais alors, quelle idée d'épouser un horrible personnage !! Je pense lire encore un tome sans toutefois être certaine de l'avoir fini pour la "dead line" de la saga de l'été (le 1er Octobre), parce que je lis d'autres choses en parallèle (le bouquin est trop gros pour mon sac à main !).

Bonus : l'incroyable vie de Serge Golon (j'étais loin de me douter qu'Angélique avait été co-écrit par un docteur en sciences chercheur d'or ! Source : Wikipedia) :

Vsevolod Sergeïvitch Goloubinoff en 1903 à Bukhara, fils de diplomate du Tsar. Jeunesse mouvementée en Perse et en Russie dans la Révolution russe. Réfugié en France avec sa famille dans la région de Nancy, devient plus jeune docteur ès Sciences -chimio-minéralogie- de France. Vit ensuite en Afrique, en Indochine une vie aventureuse de prospecteur et découvreur de mines. Pendant la guerre, rallie le Général de Gaulle à Brazaville, est condamné par contumace par Vichy. En 1947 écrit en collaboration avec un auteur pour la jeunesse un souvenir d'adolecence "Le Cadeau de Riza Khan", sous le pseudo de Serge Golon. Marié à Pointe-Noire avec Simone Changeux, reporter et écrivain (pseudo Joëlle Danterne), future Anne Golon.

Ecrit avec elle certains souvenirs Les Géants du Lac, le Cœur des Bêtes Sauvages. Assiste sa femme dans ses premières recherches de documentation pour "Angélique". Le pseudo de Serge Golon est imposé par l'agence O.P. comme co-auteur dans l'édition française en 1957.

Devient peintre en 1961, inventeur de vernis et couleurs. Première exposition à Montana-Crans en 1968. Meurt à Québec en juillet 1972 où il était venu préparer une exposition et signer un contrat sur ses découvertes de couleurs pour peintres, accompagnant Anne Golon venue se documenter pour le futur livre d'Angélique se passant dans la ville de Québec.

23 commentaires »

  1. Clarabel says

    (( Ne parle pas de dead line, parce que là je me vois bien les quatre fers en l’air !!! :mad: :cry: ))

    28 septembre 2007 | #

  2. Tamara says

    @Clarabel : “Trucs et Astuces !” : pss, tu n’auras qu’à lire mes billets (je raconte l’essentiel) et en faire un résumé à ta façon, personne n’y verra que du feu ! :mrgreen: :twisted: :wink:

    28 septembre 2007 | #

  3. amanda says

    damned, ca me rappelle mon adolescence, quand mon cher papa finissait par se facher et me crier dessus parce que je ne décollais pas des “Angélique” et que j’en oubliais de passer à table!

    28 septembre 2007 | #

  4. Tamara says

    @amanda : hé hé, je sais, je m’y attelle avec 15 ans de retard !! :roll: Du coup, je pense bien à passer à table, quand même !

    28 septembre 2007 | #

  5. michel says

    C’est de la littérature pour les quilles à la vanille ! :twisted: pourquoi veux tu qu’un Mâle lise cela. :mrgreen:

    28 septembre 2007 | #

  6. Tamara says

    @Michel : mais je ne veux rien, mon Bon Monsieur, c’est justement l’éditeur qui annonce cela, mais je trouve qu’il s’avance un peu… :roll:

    28 septembre 2007 | #

  7. Emeraude says

    eh bah ! à en lire tes critiques ça a l’air passionnant, en effet, mais dis donc, j’admire ton courage pour se lancer dans cette saga là !! :shock:

    28 septembre 2007 | #

  8. Stéphanie says

    tu donnes envie de se lancer dans cette lecture :)
    enfin presque, pal trop grande pour tenter une saga dont j’ai vu et revu l’adaptation télévisée!
    même si ce n’est pas pareil :oops:

    29 septembre 2007 | #

  9. Tamara says

    @Emeraude : oui, admire, ça m’encourage !! :lol: En fait c’est quand même bien, sinon je ne me forcerais pas !

    @Stéphanie : boah, si tu as vu les téléfilms, tu connais l’histoire ! Moi je lis les premiers tomes, mais je n’ai pas envie de voir l’adaptation TV, je crains que cela ait trop vieilli…

    29 septembre 2007 | #

  10. Delphine says

    Bravo Tamara pour ta persévérance. Je me rends compte que j’ai oublié – depuis le temps – pas mal de détails concernant cette saga. Bon comme Stéphanie ma PAL actuelle me pousse à être sage…

    29 septembre 2007 | #

  11. Papillon says

    Qu’est-ce que tu racontes bien les histoirses, Mamie Tamara !!! :razz:
    C’est vraiment dommage que j’ai déjà lu (plusieurs fois :smile: ) cette saga historique, sinon je succomberais moi aussi au charme des avntures d’Angélique !

    29 septembre 2007 | #

  12. Tietie007 says

    Je n’ai jamais lu les Angélique, mais j’ai toujours adoré les films !

    29 septembre 2007 | #

  13. Katell says

    Oh làlàlàlà on y est vraiment :grin: Que de souvenirs en lisant ton commentaire :wink:

    29 septembre 2007 | #

  14. Jonx says

    @All : en fait, le soucis avec les smiley à l’air d’être un problème d’espace. Par exemple, si je n’ai pas d’espace avant mon smiley, il ne s’affiche pas correctement ::sad: au lieu de :sad:
    Ca à l’air d’être lié à ma mise à jour récente du moteur de ce blog. Il faudra vivre avec en attendant que je corrige ça. Suffit de rajouter l’espace qui manque.

    @Tamara : Merci pour les détails sur l’auteur. En voyant ce que donne ça vie on s’étonne moins de la foule des choses qui arrivent à la petite Angelique. Et puis quand on voit son nom, on s’étonne moins des noms des personnage du roman. parce que pour certain ca ne s’invente pas. Ou alors c’est parce que c’était comme ça à l’époque ?

    Pour vous donner mon avis de mec, je ne l’ai pas lu, mais c’est surement parce que je ne lis que des Poches. Par contre quand j’étais gamin, je me glissais en cachette dans le salon chez mes grands parents pour aller mater les épisodes qui passait tard à la TV :twisted:

    30 septembre 2007 | #

  15. Tamara says

    @Delphine : je comprends, en tous cas, la saga complète est à la biblio des Batignolles ! :wink:

    @Papillon : :lol: oui, j’aurais des histoires à raconter à mes petits-enfants avec tous les Angélique !!!

    @Tietie007 : ah tiens ?! Merci de ton avis !!!

    @Katell : merci, je fais de mon mieux pour retranscrire ce que j’ai ressenti à la lecture ! :wink:

    @Jonx : merci pour l’explication technique… et OUH le vilain petit garçon que tu étais déjà à l’époque !! :mrgreen: :lol:

    30 septembre 2007 | #

  16. fashion victim says

    Ah, ah, je savais que tu ne t’arrêterais pas en si bon chemin! :mrgreen:

    30 septembre 2007 | #

  17. Tamara says

    @Fashion : bah, maintenant que je suis lancée !!! :wink:

    1 octobre 2007 | #

  18. Clarabel says

    … quelques petits liens bien sympas :wink:

    http://www.comedieromantique.com/blog/index.php?entry=entry070330-121400

    http://www.marquisedesanges.net/

    :mrgreen:

    3 octobre 2007 | #

  19. Tamara says

    @Clarabel : merci, c’est vrai que c’est intéressant ! Mais toi, où en es-tu ? :twisted: !! :wink:

    3 octobre 2007 | #

  20. Clarabel says

    …. :oops: :oops:

    4 octobre 2007 | #

  21. vatik says

    Bonjour,

    Savez-vous que les premiers tomes de l’Intégrale d’Angélique sont parus? Pleins de textes inédits -qui avaient étét coupés par les anciens éditeurs, (sans l’accord de l’Auteur) mais aussi de nouveaux textes écrits actuellement par Anne Golon.
    Avis à ceux qui veulent connaître la suite: elle commence dans certains nouveaux passages. A lire absolument, déjà 3 tomes parus. tome 4 et 5 prévus en début 2008.
    Il y en aura plus de 20 dans 5 ou 6 ans.
    Pour toute info et commander : http://www.editondurefuge.com et archange.inter@tele2.fr
    :grin:

    22 décembre 2007 | #

  22. bridget says

    moi je pense que le résumé a été fait par quelqu’un qui a fait semblant de le lire (lol)parce que Joffrey de Peyrac pendu ???

    31 mai 2008 | #

  23. Eugénie says

    Bonjour Tamara,

    Je relis la série Angélique pour la ènième fois depuis mon adolescence. C’est ma saga de l’été 2oo8 (1 fois tous les cinq ans environ). Et toujours le même plaisir de lecture et de redécouverte d’une époque particulièrement bien brossée et d’une héroïne inoubliable par sa personnalité exceptionnelle, son intelligence et sa modernité. Elle aurait posé dans Gala.

    Pour les prochains tomes : Indomptable Angélique, Angélique se révolte, Angélique et son amour, Angélique et le Nouveau Monde (qui de mon point de vue, clôt la saga), procurez-vous les tomes de la collection Presse de la Renaissance ou Trévise en couverture carton, bien reliés, et dont le papier a l’odeur si particulière des livres des années 6o. Ils sont grands et agréables à consulter.

    Pour revenir à la fin du tome 1 et le début du tome 2 de Marquise des Anges, ils sont particulièrement atroces, il y a là une dramaturgie féroce qui bouscule notre héroïne et nous bouscule avec. Pour Angélique c’est la fin des protections, des illusions, du couple, de la sécurité. C’est la descente aux enfers à la cour des miracles puis la longue remontée à travers toutes les couches de la société pour retrouver sa position. Les situations et les personnages sont joliment croqués surtout pendant la période où elle est restauratrice, puis chocolatière. Tout réussit alors à Angélique.

    A rectifier le détail du charcutier sur Joffrey de Peyrac qui n’a pas été pendu mais brûlé en place de Grève puisque c’était le sort réservé à l’époque aux sorciers. A propos de la partie de Hoca avec le Prince de Condé, – l’un des protagonistes du complot de Fouquet contre le roi au château de Plessis-Bellière quelques années plus tôt (tome 1), elle a pour enjeu la vertu d’Angélique qui s’engage à devenir la maîtresse du Prince et à rembourser certaines de ses dettes si elle perd. Si elle gagne, Angélique demande l’hôtel de Beautreillis dans le Marais. Il avait appartenu à feu son premier mari , Joffrey de Peyrac, comte de Toulouse. Comme c’est beau. Quelle sentimentale ! Mais dans à la fin du roman, cette petite ambitieuse d’Angélique aperçoit son beau cousin Philippe de Plessis-Bellière chez Ninon de Lenclos. Et comme elle veut retrouver ses quartiers de noblesse et sortir de la roture. Elle lui fait un horrible chantage. En échange du coffret au poison compromettant Plessis-Bellière, ce dernier devra épouser sa cousine. S’il accepte le contrat sous l’égide de Molines, l’intendant qui l’avait déjà mariée à Peyrac, Philippe aimerait bien faire payer à sa femme l’humiliation. Leur première nuit d’amour n’a rien romantique. Quelle époque !

    3 août 2008 | #

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