tamaculture

The Shield, une série politiquement incorrecte !

19 mai 2007

Je débarque avec un retard certain dans cette série : je viens de la découvrir alors que la saison 6 est en cours de diffusion aux Etats-Unis !

Ma soeur m'a prêté le coffret de DVD de la saison 1 (cela reste donc dans le "cercle familial" légal !), j'ai accroché et me suis achetée dans la foulée les coffrets 2 et 3 (mais je n'ai pas craqué : je n'ai pas acheté de livres en même temps ! :-p ). L'avantage d'attraper le train en route, c'est qu'il est déjà plein (d'épisodes à voir dans la foulée sans attendre une semaine !).

Il faut dire que la fin de NYPDB en 2005 fut une bien triste nouvelle pour les fans (dont votre serviteuse / servante / serveuse !!!), mais qu'après 12 ans de bons et loyaux services, l'inspecteur Sipowicz avait bien le droit de prendre sa retraite du petit écran.

J'étais sceptique en débarquant dans ce nouveau commissariat du district de Farmington, à Los Angeles. Le capitaine est un Latino du nom de David Aceveda, qui dirige avec une main de fer dans un gant de fer cette brigade. Il faut dire qu'il brigue un poste de maire et qu'il est par conséquent sous le joug d'intérêts politiques divers.

Après quelques épisodes, j'étais épouvantée de voir qu'une partie de la brigade faisait bande à part pour traquer les bandes rivales (et souvent de couleurs de peau différentes, il faut bien le constater) de gangsters, trafiquants de drogue et autres. Cette division du commissariat est dirigée par Vic Mackey, le fameux Bouclier (NDT : the Shield !). Ce type est absolument incroyable : j'ai commencé par le détester, avec son physique de gros dur et son absence totale de scrupules et de moralité (pour faire court : c'est un ripoux qui passe des arrangements avec la vermine pour en retirer certains profits personnels).

Et au final, je suis tombée sous le charme. Mackey est un individu ambigu mais non dénué d'attraits. Marié et père de famille, il fait son possible pour laisser ses proches en dehors de son boulot de flic et de ses magouilles… pas reluisantes. Les trois inspecteurs qui bossent sous ses ordres lui sont extrêmement fidèles : c'est à qui sauvera la vie de l'autre… Et puis il a en permanence cette espèce de sourire aux lèvres… qui font de lui un amant très prisé de ces dames (chut, je ne vous ai rien dit, son épouse n'est pas au courant).

D'autres détectives de la brigade (qui travaillent directement sous les ordres d'Aceveda), sont attachants :

- Dutch, spécialisé dans les meurtriers en série, les crimes où le profil psychologique est déterminant

- Claudette : femme efficace qui ne s'en laisse pas conter lorsqu'elle mène des interrogatoires (l'actrice, CCH Pounder, joue aussi ce type de rôle dans FBI, portés disparus…).

Hier, j'ai enchaîné quatre - ok, six - épisodes d'affilée (un jour férié et pluvieux, ça tombait bien !). Bien souvent, je me retrouve complétement tétanisée devant l'écran, les yeux horrifiés, la bouche ouverte, les poings serrés devant les atrocités qui se déroulent devant moi. C'est épouvantable, mais c'est génial. Je suis scotchée à mon canapé et rien ne m'en fera décoller, tant que je ne saurais pas jusqu'où l'imagination des scénaristes pourra aller (hélas pas forcément plus loin que la réalité des crimes réels, je le crains).

La Femme du Vème, Douglas Kennedy

18 mai 2007

On ne présente plus Douglas Kennedy, auteur américain qui vit entre Paris et Londres depuis trente ans, ni ses romans à succès Cul de sac, Les désarrois de Ned Allen, Rien ne va plus, L'homme qui voulait vivre sa vie… Cependant, j'avais fini par me lasser et n'avais pas lu son dernier roman (Les charmes discrets de la vie conjugale).

Et puis là, je me suis dit : tiens, quand même, je relirai bien cet auteur dont j'apprécie le style et les histoires entre polar et récit d'aventures.

Ce roman se déroule à Paris. Le narrateur a tout du pauvre type : victime d'un scandale aux Etats-Unis, à l'université où il enseignait le cinéma, il s'est réfugié à Paris avec ses maigres économies, abandonnant sa femme et sa fille (qui ne voulaient plus entendre parler de lui). Son objectif : écrire le roman qu'il avait en lui depuis de nombreuses années.

Il se débrouille pour louer une chambre de bonne minable du Xème arrondissement, trouve un travail au noir de "veilleur de nuit" (qui consiste en réalité à faire entrer des individus qui prononcent un certain mot de passe dans l'immeuble), et fréquente assidûment les salles obscures et écrit plusieurs heures par jour. Oui mais voilà, tout n'est pas si simple que cela en a l'air.

D'abord, les cadavres se multiplient sur son chemin, inexplicablement. Ensuite, Omar, son voisin de palier, avec qui il doit partager les toilettes de l'étage, est un gros porc abruti et méchant. Enfin, son mystérieux employeur a des activités plutôt louches et notre anti-héros se retrouve pris au milieu d'un embroglio infernal. Par chance, il fait la connaissance d'une femme, toujours belle malgré sa cinquantaine bien sonnée, dans un salon mondain. Il tombe sous le charme et bientôt, les deux amants se retrouvent régulièrement, toujours chez Elle, de cinq à huit, tous les trois jours. Mais ces rendez-vous tendres prennent rapidement une autre tournure

J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Douglas Kennedy dans ce roman. Comme l'histoire se déroule en plein Paris, j'ai pu facilement m'imaginer les lieux - que je trouve bien retranscrits - les errements et les difficultés du narrateur. Je l'ai observé dans ses tentatives de reconstruction, de réhabilitation dans la société… J'ai été prise par le suspense grandissantl'ambiance de thriller… jusqu'au moment où les explications de l'énigme que j'attendais ne m'ont pas du tout convenu ! Je dois avoir l'esprit trop rationnel !

La fin du roman donne l'impression que l'auteur n'a pas su comment résoudre le polar et a trouvé une solution facile (mais inecceptable par le commun des mortels !). Bien sûr, cela n'est qu'un avis très personnel car un auteur de cette trempe a sans doute calé le dénouement de son histoire avant de commencer l'écriture proprement dite. C'est donc juste une affaire de goût. Pour conclure, ce livre commençait très bien mais j'aurais préféré qu'il reste un thriller jusqu'au bout et qu'il ne vire pas au surnaturel.

PS : je me "venge" de ma petite déception en ne classant pas ce roman en Thrillers & Polars ;-)

L'avis de Marie

Portrait chinois <:-)

16 mai 2007

Je consens à quelques chinoiseries en attendant que j'ai fini de lire le dernier D.K. ;-)

Après Si j'étais un homme, voilà la suite des 6 G T (je parle trop bien le SeMeuhSe, moi !) :

Un livre : le dictionnaire (pour détenir le Savoir être souvent consultée !)

Une couleur : bleu

Un animal : miaou ! la vie de pacha !

Un métier : lectrice, comme Cuné. Bizarrement, j'attends toujours mon contrat…

Un vêtement : une robe de haute couture (on peut rêver !) ou un kimono

Une fleur : une orchidée (comme les femmes : jolies et complexes !)

Un point faible : ne jamais dévoiler mes points faibles… voilà mon

point fort ! ;-)

Un siècle : bah… le nôtre n'est pas pire qu'un autre ! Et puis on peut BLOGGER !!!

Une voiture : la marche à pieds ou les transports en commun, ça pollue moins !

Un alcool : ce n'est pas de refus… allez, un petit verre de vin blanc moelleux.

Un objet : une bouteille d'eau, indispensable à la Vie…

Une paire de chaussures : des sandales à brides

 

Un pays : l'Italie

Une pierre précieuse : saphir, rubis, diamant, émeraude, améthyste… je ne suis pas difficile !

Un grigri : un oeil de Sainte-Lucie

Un acteur : entre Brad et George, mon coeur balance, alors je choisis Guillaume Canet

Une actrice : Scarlett Johansson

Une chanson : lala le schtroumpf lala… schtroumpfe un air joyeux…

Un film : La Gloire de mon père - Le château de ma mère

Un dessin animé : Cobra

Un prénom masculin : Julien pour qu'il gagne la Nouvelle Star

Un prénom féminin : Aline

Un bonbon : hum, cela demande réflexion… le chamallow est trop vite écoeurant, tout comme la fraise T. … ah, je sais : les petits rouleaux de réglisse fourrés de pâte d'amande rose ou verte.

Un aliment : sucré !

Un chocolat : praliné noisettes de la Maison du même nom !

Un tatouage : euh, non merci, bonjour le désastre quand la peau sera toute ridée ! à moins que ce soit un tatouage effaçable…

Une arme : l'humour

Un oiseau : endémique en Ethiopie

NB : merci à Monsieur Tamara pour les photos (Bologne, mon matou, Ethiopie) !

Le joueur d’échecs, Stefan Zweig

14 mai 2007

J'ai commandé ce livre de poche (pour la modique somme de 2,85 euros !) car il constitue le Z de mon Challenge ABC 2007… et le sixième (eh oui, seulement !) de ceux que j'ai lus. Je ne déclare pas encore forfait (la fin de l'année va être corsée) !

Entre temps, j'ai découvert que tous les amis chez lesquels j'allais avaient au moins un livre de cet auteur… Il était donc indispensable que je fasse la connaissance de ce monsieur. Sachez que notre premier rendez-vous s'est très bien passé.

Stefan (on s'est très vite appelés par nos petits noms) m'a parlé d'une croisière partant de New-York à destination de Buenos Aires. Sur ce grand bateau : quelques personnages-clés. D'abord, le narrateur, dont on ne sait pas grand-chose hormis qu'il voyage avec son épouse. Et puis, un grand et jeune champion d'échecs slave, Czentovic, qui remportent tous les tournois internationaux depuis quelques années. Pourtant, c'est un individu stupide dans tous les autres domaines, d'où son asocialité. Sa réussite et sa célébrité ne l'empêchent pas d'être arrogant et pingre

Intrigué par cet individu hors du commun, le narrateur décide d'employer divers stratagèmes pour faire la connaissance du joueur d'échecs. En vain. Jusqu'au jour où il parvient à organiser une partie entre le Maître et un autre passager, MacConnor, joueur moyen mais doté d'un fort amour propre et surtout argenté, qui va payer pour disputer une partie contre Czentovic.

Cependant, c'est lorsqu'un spectateur de cette rencontre va se manifester que l'histoire va réellement s'emballer. Le narrateur va être le confident de ce Dr B… qui n'a pas joué aux échecs depuis plus de vingt ans mais dont le lourd passé est en rapport avec sa maîtrise de ce jeu…

Le combat final entre le Dr B… et Czentovic sera un mélange d'impatience, de stress, de réflexion, de stratégie, de folie…

J'ai félicité Stefan pour la construction originale de cette longue nouvelle (mais apparemment récurrente chez lui) puisqu'une parenthèse assez conséquente occupe le centre du roman, dans laquelle le Dr B… raconte le tragique épisode de son passé qui l'a conduit à sa curieuse connaissance des échecs. L'ensemble de l'oeuvre est cependant fluide et m'a immédiatement captivée. Il n'est pas nécessaire de savoir jouer aux échecs pour apprécier ce livre, et pour ma part, cette lecture m'a donné envie d'y rejouer !

Je poursuivrai sans nul doute ma découverte de l'auteur, dont cette nouvelle m'a fait un peu penser à Maupassant et Edgar Poe.

P.S : je lis dans la préface que ce livre a été publié à titre posthume puisque S. Zweig s'est donné la mort en février 1942… ARGHHH, c'est donc avec son fantôme que j'aurais bavardé ?!!??! Et que fait cette dame en blanc dans ma chambre ?! A l'aide !!

NonNonBâ, Mizuki

12 mai 2007

NON, ne fuyez pas ! Revenez, chers lecteurs, vous qui n'êtes pas fans de mangas… Celui-là est extraordinaire, laissez-moi une chance de vous convaincre ! ;-)

En premier lieu, pour une fois, il est autorisé de lire la fin du livre avant le début… C'est même fortement recommandé puisque le livre se lit à la japonaise, en lisant la page de droite avant celle de gauche ! Mais on s'habitue très vite, c'est même un exercice plutôt rigolo. Ensuite, les illustrations sont très soignées, en noir et blanc, mais les expressions des personnages, humains ou non, ainsi que les paysages ou la pluie sont parfaitement rendus. Les aventures de Shiguru sont présentées sous forme de courts "chapitres".

L'édition (Cornelius) est de qualité, avec une explication introductive sur le contexte de l'histoire et quelques éléments sur Mizuki. Le choix de faire certaines traductions des kanjis (l'écriture sous forme de dessins, comme en Chine) ou katakana (l'écriture syllabique) sous les vignettes et non sur le dessin comme dans l'original (cf ci-contre : il y a par exemple écrit sous la vignette "grondement") me paraît très judicieux.

Et des astérisques renvoient à des notes explicatives intéressantes (quand on ne connaît pas bien les us et coutumes nippons) en fin de livre. Bref, un livre presque parfait !

Enfin, le plus important : l'histoire ! Dans un village isolé du Japon des années 30, NonNonbâ, une grand-mère ratatinée aux grands yeux écarquillés, vient habiter avec la famille de Shigeru. Ce dernier est un petit garçon attachant, parfois paresseux, qui aime inventer des bandes dessinées. Il joue souvent à la guerre avec ses copains, mais aussi parfois avec ses petites voisines.

  

Avec NonNonBâ, Shigeru apprend à connaître les yokaïs, ces êtres mi-animaux mi-démons, qui vivent dans les bois, les rivières et même les maisons ! Certains sont très effrayants (cf ci-contre), d'autres plutôt pacifiques, mais tous ont une raison d'être et sont impayables !

La découverte de ces légendes (euh…qui sait ?! Un yokaï viendra peut-être vous chatouiller les pieds la nuit après cette lecture ;-) ), n'est qu'un prétexte pour entrer de plein pied dans la vie des japonais ruraux de l'entre-deux guerres. Dans cette famille pauvre, la vie n'est pas toujours facile, mais les lubies des uns ou les facéties des autres permettent de rendre la vie meilleure… Certains passages sont tristes, j'ai été très émue à plusieurs reprises, mais j'ai beaucoup ri aussi ! Ces yokaïs sont extra ! J'aimerais bien en adopter un mais ce sont des esprits libres et surtout indomptables…

La culture du pays du Soleil Levant m'intéresse depuis longtemps et les informations distillées subtilement et parfois à peine suggérées à travers ce manga (mais éclairées par l'éditeur), sont passionnantes (outre les légendes, sont présentés les thèmes du chômage, de la colonisation, de la mort, de la famille, des traditions, des débuts du cinéma, de la solidarité…). C'est une des raisons pour lesquelles je recommande chaleureusement à tout le monde de découvrir NonNonBâ !

NB : c'est un manga de plus de 400 pages, qui se lisent vite mais sur lesquelles on prend plaisir à s'attarder ! Et je vous défie de ne pas le finir assis par terre en mangeant un bol de riz avec des baguettes !!! (quelqu'un parmi vous réussit-il cet exploit ? si oui, je veux bien un conseil d'expert).

PS : vous ai-je dit que cette oeuvre avait obtenu le Grand Prix d'Angoulême cette année ? juste pour l'anecdote :-)

L'avis de Gachucha

Mal de pierres, Milena Agus

11 mai 2007

Vous n'avez pu échapper à l'engouement des libraires et bloggeurs pour ce livre ? Eh bien moi non plus !

Dans ce court roman, la narratrice, sarde, conte la vie de sa grand-mère paternelle qui l'a pratiquement élevée, puisque son père, grand musicien, donnait des concerts à travers le monde et que sa mère l'accompagnait dans ses voyages.

Cette grand-mère n'est pas comme les autres. Toute sa vie, elle a vécu dans un monde à part, empreint d'amour, de désir, de sensualité, de folie, d'écriture… le tout étant naturellement lié.

A travers une vie, c'est une part d'histoire de la Sardaigne et la beauté de cette île qui sont décrites au fil des pages. Les couleurs, la lumière, les doux parfums du Sud nous envahissent et l'on entend presque les cigales chanter.

Pourtant, l'histoire est plutôt triste, au fond. Un mariage sans amour, des grossesses qui n'aboutissent pas, un amant de passage, amour perdu à jamais… Mais qu'est-ce vraiment que l'Amour ? N'est-ce pas à nous de l'imaginer ?

Une écriture singulière, qui n'a peur de rien, crée un courant dans la rivière de ce récit, sans lequel on se serait peut-être ennuyé. Mais la chute est agréable et fait l'effet d'un seau d'eau glacée… et surtout, le style est là, et il faudra décidément suivre Milena Agus dans ses prochaines oeuvres.

La citation : "Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu'au moins, je sente le manque de toi." (pensée d'un soldat dans le film La ligne rouge)

Qu'en pensent les collègues ? Clarabel ; Cuné ; Papillon ; Gachucha ; Sylire, Lilly, Laure… et tant d'autres !

Droit de réponse à “Comment écrire un roman” !

10 mai 2007

Si vous avez lu Le Monde daté d'aujourd'hui, vous êtes peut-être tombés sur un article concernant un blog dont l'auteur, M. Aloysius Chabossot, se propose de donner des conseils à tous les auteurs en herbe qui se cachent parmi nous… Vous évitant les principaux écueils inhérents à une telle démarche, et par là-même, d'essuyer des refus en masse par l'ensemble des maisons d'édition…

Hélas, il ne s'agit là que d'une farce un peu moqueuse : le bloggeur qui se cache derrière ce site est un journaliste qui a peut-être lui-même vécue cette triste expérience de l'Oeuvre jamais publiée et condamnée à rester dans l'Anonymat… En tout les cas, sa prose est ironique, sacarstique et malicieuse… Aloysius (ou qui que ce soit) connaît bien le milieu de l'édition et si l'on sait lire entre les lignes, il est facile de décrypter le message.

Pour ma part, j'ai franchement apprécié la justesse et l'humour de ce billet consacré aux blogs et aux bloggeurs (notamment les débutants).

WARNING : que les gens susceptibles s'abstiennent (surtout s'ils sont sur skyblog !) mais que tous les autres n'hésitent pas à lire ceci : Les Blogs et viennent m'en dire des nouvelles (ça, c'est la technique dite du racolage de commentaires :-p )

Mon droit de réponse : 

"Cher Monsieur Aloysius (permettez que je vous appelle par votre exotique petit nom),

Je vous défie de trouver un "ptdr" sur ce blog ! Bon, il y a peut-être un "LOL" ou deux qui traînent, à la rigueur… Mais globalement, les gens ici aiment la langue française et n'hésitent pas à l'utiliser avec toutes ses lettres !

Par ailleurs, ni ma famille ni mes amis ne lisent mon blog (malgré mes nombreuses incantations vaudoues et rappels en bas d'e-mails, il est vrai !!!), inutile de compter sur eux - malgré toute l'affection que je leur porte, soit dit en passant au cas où l'un deux tomberait accidentellement sur cet article, gloups ! - pour venir augmenter les statistiques de visiteurs.

Enfin, je vous pardonne - avec la bonté qui me caractérise depuis tant d'années - tous vos persiflages et attaques indirectes dans lesquelles je ne me suis absolument pas reconnue (cette missive ayant une vocation purement altruiste, je l'ai écrite au nom d'éventuels collègues qui pourraient avoir été blessés par votre billet caustique).

Veuillez croire, Cher Monsieur, etc…".

(;-) à Cécile qui lit ou pas, grande spécialiste de ce type de lettres dont je n'arrive pas à l'orteil mais que je salue bien).

Le Café de l’Excelsior, Philippe Claudel

9 mai 2007

Envie d'une petite pause entre deux gros pavés ? Je vous invite à prendre un café à l'Excelsior, en compagnie d'un petit garçon de huit ans. Comment, mais que fait un gamin de cet âge dans un débit de boisson, fréquenté uniquement par la gente masculine locale ? C'est que Jules, le propriétaire et barman de ce lieu, est son grand-père et l'a recueilli à la mort de ses parents.

Notre jeune narrateur décrit avec la curiosité et l'innonence propre à l'enfance la vie de ce bistrot des années 60 qui traverse les époques sans prendre une ride. Le bar en zinc, les habits du dimanche, le petit rhum matinal du facteur, les mécréants, les ouvriers, la fermeture à l'heure de la sieste… Les scènes nous plongent dans le passé soufflant au passage un brin de nostalgie que viennent vite éclairer des sourires…

Les descriptions sont touchantes, le Grand-père est le pilier de l'existence de ce petit garçon et l'Excelsior l'aquarium dans lequel il se sent parfaitement à l'aise, bien que cela puisse sembler incongru. L'écriture est à la fois classique, intemporelle, et pleine d'énergie et d'émotion.

Quelques extraits :

"J'aimais Grand-père comme on aime à huit ans : avec ferveur et vénération."

"En plus des relents de vin et de pieds humides, qui étaient comme son constant remugle, sa marque d'identité, L'Excelsior se parfumait de produits de saisons qu'amenaient, loin des regards policiers, les clients. Des lièvres pansus sortaient magiquement à l'automne de sacs en toile bleue que les années avaient rendu informes, quand ce n'étaient pas trois perdrix dont le décès brutal n'avait étonné qu'elles."

(PS : paru en poche en janvier 2007, 4,50 €… je dis ça histoire de causer ! ;-) )

L'avis de Bellesahi

Comment je suis devenu stupide, Martin Page

7 mai 2007

Antoine est un jeune homme intelligent. Très intelligent. Et justement, cette qualité est la cause de tous ses maux, du moins en est-il intimement persuadé. Malheureux de se poser trop de questions sur tout et n'importe quoi, incapable d'accorder le moindre repos à son cerveau en ébullition, Antoine décide de recourir aux grands moyens.

Tout d'abord, ayant constaté que les dépendances aux drogues monopolisent l'attention sur un seul objectif (se procurer la prochaine dose), il tente de devenir alcoolique. Il espère ainsi errer dans une douce euphorie permanente et ne penser qu'à boire. Hélas, dès la première pinte de bière, il tombe dans un coma éthylique et doit renoncer à ce projet.

Ensuite, notre malchanceux héros suit un cours dans une très sérieuse institution afin d'apprendre les différents moyens de bien se suicider sans se rater. Mais une fois encore, sa tentative avorte dans l'oeuf.

C'est alors qu'une idée lumineuse lui vient : il va devenir stupide. Après en avoir informé ses amis proches, il se rend chez son pédiatre - à 25 ans, c'est le seul médecin qu'il ait jamais connu - et lui demande de l'aide pour mener à bien son processus de débilisation

Ce roman à la fois original et intelligent se lit vite et permet de réfléchir avec l'auteur sur ce qui nous rend heureux et le matérialisme de notre société… Avec beaucoup d'humour (dont plusieurs passages très drôles) et une lecture au second degré, la plume de Martin Page nous emmène dans une quête spirituelle à contre-courant. Seule la fin est un peu convenue et par conséquent décevante mais l'ensemble vaut d'être découvert, si ce n'est déjà fait (roman paru en 2001, disponible en format poche, 124 p.).

Un mot de l'auteur : "… Pour composer le personnage d'Antoine, j'ai pensé à Copernic, Darwin et Freud, ces savants qui ont débarrassé l'homme de l'obscurantisme. Je trouvais que l'on oubliait la part sombre de ces avancées : découvrir que la Terre n'est qu'une planète parmi les autres, l'ascendance animale de l'homme, l'existence de l'inconscient, l'établissement de ces vérités demandèrent un grand courage, car elles déshabillaient l'homme de croyances rassurantes. Antoine est le modeste héritier de cette forme de courage et d'intransigeance, dont le prix à payer est la dépression et l'asocialité. Son parcours sera jalonné de rencontres avec des personnages dont il espérera l'enseignement salvateur, pour enfin participer à une vie sociale normale, un peu rapidement imaginée paisible et heureuse. As, Rodolphe, Ganja et Charlotte, ses quatre amis, veilleront sur lui avec bienveillance et circonspection pendant la durée de cette odyssée." (Martin Page)

Une pièce montée, Blandine Le Callet

4 mai 2007

Voilà une satire sur le mariage qui risque d'en faire reculer plus d'un(e) ! A moins qu'il ne soit déjà trop tard ;-)

Dans Une pièce montée, les narrateurs se succèdent à chaque nouveau chapitre pour nous faire vivre la cérémonie de mariage de Bérangère et de Vincent. Issus de la bourgeoisie aisée où les mariages arrangés sont courants, ces deux-là semblent pourtant faire un mariage d'amour…

Oui, mais voilà, la piquante Bérangère vire à la "ménagère de moins de 50 ans" lorsqu'il s'agit de choisir les porcelaines et l'électroménager de sa liste de mariage… Cela n'est guère du goût du futur marié, qui de son côté, accumule les maux divers et variés, de l'extinction de voix à la panne sexuelle… de quoi perturber davantage que la couleur des vêtements des enfants d'honneur !

Les douze enfants d'honneur, eux, ne se tiennent plus de joie… mis à part le petit Hadrien qui s'est vomit dessus dans la voiture toute neuve de son papa, et la gentille Lucie que la tante de la mariée décide de sortir du cortège et des photos pour cause de trisomie 21…

Dans cette galerie de portraits, nul n'est épargné. De la soeur habillée comme l'as de pique à la grand-mère despote, en passant par le prêtre en pleine crise de foi, on savoure les défauts des personnages (du moment qu'ils ne se pointent pas à NOTRE mariage !). Certains sont détestables : intolérants, hautains, mesquins, dévorés de jalousie, ils donnent envie de distribuer des baffes ! D'autres personnages sont attendrissants, compréhensifs, heureux de vivre, amoureux… et cela met du baume au coeur. Les scènes sont très vivantes, on s'y croirait !

L'écriture est agréable et les sujets du mariage, de l'engagement, des secrets de famille et de la bourgeoisie sont abordés avec un humour corrosif qui n'est pas pour me déplaire ! Plusieurs passages m'ont émue et j'ai apprécié le subtil dosage entre légèreté et profondeur d'Une pièce montée dans l'avion (peut se lire aussi dans le train, à la plage, mais surtout pas durant vos fiançailles !).

P.S : en format poche, ce gâteau vous est proposé à moins de six euros… pourquoi se priver ?!

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