tamaculture

La Femme du Vème, Douglas Kennedy

18 mai 2007

On ne présente plus Douglas Kennedy, auteur américain qui vit entre Paris et Londres depuis trente ans, ni ses romans à succès Cul de sac, Les désarrois de Ned Allen, Rien ne va plus, L'homme qui voulait vivre sa vie… Cependant, j'avais fini par me lasser et n'avais pas lu son dernier roman (Les charmes discrets de la vie conjugale).

Et puis là, je me suis dit : tiens, quand même, je relirai bien cet auteur dont j'apprécie le style et les histoires entre polar et récit d'aventures.

Ce roman se déroule à Paris. Le narrateur a tout du pauvre type : victime d'un scandale aux Etats-Unis, à l'université où il enseignait le cinéma, il s'est réfugié à Paris avec ses maigres économies, abandonnant sa femme et sa fille (qui ne voulaient plus entendre parler de lui). Son objectif : écrire le roman qu'il avait en lui depuis de nombreuses années.

Il se débrouille pour louer une chambre de bonne minable du Xème arrondissement, trouve un travail au noir de "veilleur de nuit" (qui consiste en réalité à faire entrer des individus qui prononcent un certain mot de passe dans l'immeuble), et fréquente assidûment les salles obscures et écrit plusieurs heures par jour. Oui mais voilà, tout n'est pas si simple que cela en a l'air.

D'abord, les cadavres se multiplient sur son chemin, inexplicablement. Ensuite, Omar, son voisin de palier, avec qui il doit partager les toilettes de l'étage, est un gros porc abruti et méchant. Enfin, son mystérieux employeur a des activités plutôt louches et notre anti-héros se retrouve pris au milieu d'un embroglio infernal. Par chance, il fait la connaissance d'une femme, toujours belle malgré sa cinquantaine bien sonnée, dans un salon mondain. Il tombe sous le charme et bientôt, les deux amants se retrouvent régulièrement, toujours chez Elle, de cinq à huit, tous les trois jours. Mais ces rendez-vous tendres prennent rapidement une autre tournure

J'ai retrouvé avec beaucoup de plaisir Douglas Kennedy dans ce roman. Comme l'histoire se déroule en plein Paris, j'ai pu facilement m'imaginer les lieux - que je trouve bien retranscrits - les errements et les difficultés du narrateur. Je l'ai observé dans ses tentatives de reconstruction, de réhabilitation dans la société… J'ai été prise par le suspense grandissantl'ambiance de thriller… jusqu'au moment où les explications de l'énigme que j'attendais ne m'ont pas du tout convenu ! Je dois avoir l'esprit trop rationnel !

La fin du roman donne l'impression que l'auteur n'a pas su comment résoudre le polar et a trouvé une solution facile (mais inecceptable par le commun des mortels !). Bien sûr, cela n'est qu'un avis très personnel car un auteur de cette trempe a sans doute calé le dénouement de son histoire avant de commencer l'écriture proprement dite. C'est donc juste une affaire de goût. Pour conclure, ce livre commençait très bien mais j'aurais préféré qu'il reste un thriller jusqu'au bout et qu'il ne vire pas au surnaturel.

PS : je me "venge" de ma petite déception en ne classant pas ce roman en Thrillers & Polars ;-)

L'avis de Marie

18 commentaires »

  1. cathulu says

    J’ai arrêté de lire cet auteur aussi , trop l’impression de lire la même histoire ou presque …

    18 mai 2007 | #

  2. Bellesahi says

    Moi aussi je me suis lassée ! La poursuite du bonheur est celui que j’ai préféré. Non celui-là ne me dis rien !

    18 mai 2007 | #

  3. chiffonnette says

    Ah. Voilà qui me refroidi un brin alors que Douglas Kennesy venait enfin de trouver une place sur ma LAL! Je vais peut-être quend même tester. Quel est le mieux pour commencer?

    18 mai 2007 | #

  4. Clarabel says

    Justement le type de Lire disait que la fin était le point fort du roman ! (Ou, quasiment un truc du genre !). Et toi qui démontes la théorie ! hi hi hi !
    Bah moi, je n’ai lu qu’un livre de Douglas Kennedy, et encore j’ai laissé tomber. Je ne pense pas que ce soit ma tasse de thé ! :)

    18 mai 2007 | #

  5. Tamara says

    @Cathulu et Bellesahi : comme quoi, il ne faut pas hésiter à changer une recette qui gagne, sinon les consommateurs changent de crèmerie !

    @Chifonnette : pour un premier contact, pioche plutôt dans ses premiers romans : Cul de sac ou comme le conseille Bellesahi, La poursuite du bonheur (je ne me souviens plus exactement des histoires mais c’était bien !). De toutes façons, c’est avec la quantité qu’on se lasse de cet auteur, tu ne devrais pas rencontrer ce pb !

    @Clarabel : oups, c’est bien moi ça, contredire un type de LIRE ! :oops: Si ce n’est pas ta tasse de thé, n’insistes pas et reste au champagne :wink:

    18 mai 2007 | #

  6. marie says

    aah… ! quand j’ai écrit mon petit avis sur ce livre, je n’ai pas osé dire qu’il basculait dans l’irrationnel à la fin. Pour ménager le suspense ! Parce que, comme toi, jusqu’au bout, j’ai cru à un dénouement “naturel”, une explication logique et bien “terre à terre”!
    Mais on n’en dira pas plus.
    Si on connaît bien Paris, on trouve interessant ce regard d’un américain en errance dans nos rues et les lieux familiers.. et puis, l’intrigue est bien menée, on a du mal à le lâcher, on a envie de savoir QUI elle est !

    c’était mon premier Douglas Kennedy!

    18 mai 2007 | #

  7. Caroline says

    J’aime bien le surnaturel, la fin ne devrait donc pas me déranger. En ce moment, je lis Cul-de-sac qui n’est pas mal du tout.

    18 mai 2007 | #

  8. Tamara says

    @Marie : j’ai longuement hésité aussi à ajouter les derniers mots de mon article… Mais d’un autre côté, mieux vaut prévenir que guérir ! J’ai bien aimé découvrir Paris sous les yeux d’un Américain… Si tu lis d’autres livres de l’auteur, tu verras qu’ils sont mieux ficelés ! :wink:

    @Caroline : oui, j’avais bien aimé Cul de sac aussi… Tu devrais donc apprécier La Femme du Vème !

    18 mai 2007 | #

  9. Emeraude says

    Je n’ai encore jamais rien lu de lui et je n’arrive pas à me décider… En tout cas, d’après ce que tu dis de celui-là, il a l’air quand même assez… étrange ? enfin, morbide ? Bref, même la couverture me dérange. Par contre, je ne sais pas si ça t’intéresse, mais j’ai cru comprendre que tu habitais Paris. J’ai vu aujourd’hui qu’il sera à la fnac de montparnasse le 25 mai entre 12h30 et 14h30. Si je me décide à y aller, ça sera l’occasion pour moi de faire ma 1ère rencontre avec cet auteur ;-)

    18 mai 2007 | #

  10. sylire says

    De Douglas Keneddy j’ai lu “les charmes discrets de la vie conjugale” et j’ai trouvé ce livre pas mal du tout. Je mettrai un article en ligne un de ces quatre. Lire un autre, je ne sais pas. A voir …

    18 mai 2007 | #

  11. cathe says

    A part “Cul de sac”, les romans de Douglas Kennedy me tombent des mains au bout de quelques pages…. Je n’essaie donc même plus de les lire !!! Je vois que je ne suis quand même pas la seule à ne pas être fana de cet auteur !

    18 mai 2007 | #

  12. Tamara says

    @Emeraude : merci pour l’info ! Caroline m’a indiqué qu’il serait aussi au Virgin des Champs-Elysées jeudi prochain, entre 12h30 et 14h… J’hésite à affronter la foule pour faire signer ce roman qui ne m’a pas autant plu que ses premiers… Et puis on risque de ne pas avoir le temps de discuter avec l’auteur, contrairement aux signatures dans de “petites” librairies…

    @sylire : bah, tu peux toujours tenter un second, tu ne risques rien ! :wink:

    @cathe : les avis sont très partagés, en effet !

    19 mai 2007 | #

  13. Florinette says

    Je n’ai encore rien lu de cet auteur et je me disais, il n’y a pas si longtemps, que celui-ci me paraissait pas mal pour aborder le style de l’auteur. À en lire ton article, je me suis trompée ! :-(

    19 mai 2007 | #

  14. Caro[line] says

    J’attendais ton avis sur ce livre avec impatience, mais en fait, je prévois de lire ce roman (comme je vais surement aller à une séance de dédicace de Douglas Kennedy… enfin s’il n’y a pas trop de monde…) donc je vais attendre de l’avoir lu et je reviendrai lire ton avis ensuite !

    19 mai 2007 | #

  15. Anne says

    J’ai lu pas mal de romans de D.Kennedy: ils sont inégaux et je suis lassée de son style…

    20 mai 2007 | #

  16. Tamara says

    @Florinette : tu peux commencer par un de ses premiers et revenir vers celui-ci après, pour comparer !

    @Caro : je ne pense pas aller à la séance de dédicace, j’attendrai le prochain roman ;-)

    @Anne : je te comprends parfaitement ! :wink:

    21 mai 2007 | #

  17. Clochette says

    Bon, moi je voulais juste dire que je suis à 200% d’accord avec Tamara: j’aime beaucoup Douglas Kennedy (j’ai presque tout lu) mais la fin de ce roman-ci m’a beaucoup déçue, on dirait effectivement qu’il ne savait pas comment terminer l’histoire … Qu’il passe au surnaturel why not, mais ça n’autorise pas l’oubli de la logique …
    Pour celles et ceux qui demandaient par lequel commencer: j’ai lu récemment ‘Une relation dangereuse’, j’ai adoré! :oops:

    14 août 2007 | #

  18. Tamara says

    @Clochette : ah, merci de ton avis, on est donc plusieurs à aimer l’auteur en général sans pourtant apprécier ses loufoqueries surnaturelles :wink:.

    14 août 2007 | #

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