“Edmond Ganglion & fils”, Joël Egloff
Merci à ma copine Eve de m'avoir prêté ce roman très original !
J'ai bien ri en lisant les mésaventures de Monsieur Edmond Ganglion, propriétaire des pompes funèbres de Saint-Jean, un petit village où personne n'est mort depuis trop longtemps. Du coup, la faillite pointe son nez. Heureusement, l'été approche : Ganglion espère que la canicule sera fatale aux petits vieux les moins résistants (NB : ce roman a été publié pour la première fois en 1999).
Deux employés n'ont pas encore été licenciés : Georges, le vieux fossoyeur, et Molo, le jeune bon à tout faire, du dépoussiérage à la coupe de cheveux de la doyenne du village (une sorte de service "avant-vente"…). Ils s'occupent tant bien que mal en attendant la clientèle qui ne vient pas.
Pour passer le temps, il y a bien le café d'en face, "Le Café du Soleil", où Jules vous servira invariablement et à toute heure la seule boisson disponible : une petite prune distillée maison…
Enfin, un homme conciliant se décide à passer de vie à trépas. Les affaires reprennent ! Mais de nombreux obstacles se dresseront sur la route de nos croque-morts jusqu'au cimetière… la fin est jubilatoire ! Je n'en dis pas plus mais vous laisse savourer le style à mourir de rire (mieux vaut ça que d'autre chose) de cet auteur (que je ne connaissais pas). Ca se lit vite et une fois monté dans le corbillard, on n'a pas envie d'en descendre !
Extraits :
"Saint-Jean était un de ces villages où les chiens s'appelaient Rex et les chats Minou, où l'église se trouvait "Place de l'Eglise" et la mairie, "Place de la Mairie"".
"Lorsqu'on demandait à Molo ce qu'il faisait dans la vie, il répondait : "Je suis dans le paramédical", et il fallait s'en contenter. Georges avait réglé ses problèmes d'identité depuis bien longtemps et lorsqu'on lui posait la même question, il répondait sans détour : "Je ne fais rien dans la vie, je fais dans la mort"."
"Chez Ganglion & fils, on n'enterre pas, monsieur, on encielle. Et pour les couronnes, on est bien moins cher que les dentistes, croyez-moi."
"-On est perdu, c'est ça ? demanda Georges.
- Pas complètement.
- On est perdus, oui ou non ?
- A moitié.
- Qu'est ce que ça veut dire, à moitié ?
- On ne doit pas être sur la route du cimetière, mais je crois savoir comment rentrer à Saint-Jean. On n'est perdus que dans un sens."
