tamaculture

« Edmond Ganglion & fils », Joël Egloff

30 mai 2007

Merci à ma copine Eve de m'avoir prêté ce roman très original !

J'ai bien ri en lisant les mésaventures de Monsieur Edmond Ganglion, propriétaire des pompes funèbres de Saint-Jean, un petit village où personne n'est mort depuis trop longtemps. Du coup, la faillite pointe son nez. Heureusement, l'été approche : Ganglion espère que la canicule sera fatale aux petits vieux les moins résistants (NB : ce roman a été publié pour la première fois en 1999).

Deux employés n'ont pas encore été licenciés : Georges, le vieux fossoyeur, et Molo, le jeune bon à tout faire, du dépoussiérage à la coupe de cheveux de la doyenne du village (une sorte de service "avant-vente"…). Ils s'occupent tant bien que mal en attendant la clientèle qui ne vient pas.

Pour passer le temps, il y a bien le café d'en face, "Le Café du Soleil", où Jules vous servira invariablement et à toute heure la seule boisson disponible : une petite prune distillée maison…

Enfin, un homme conciliant se décide à passer de vie à trépas. Les affaires reprennent ! Mais de nombreux obstacles se dresseront sur la route de nos croque-morts jusqu'au cimetière… la fin est jubilatoire ! Je n'en dis pas plus mais vous laisse savourer le style à mourir de rire (mieux vaut ça que d'autre chose) de cet auteur (que je ne connaissais pas). Ca se lit vite et une fois monté dans le corbillard, on n'a pas envie d'en descendre !

Extraits :

"Saint-Jean était un de ces villages où les chiens s'appelaient Rex et les chats Minou, où l'église se trouvait "Place de l'Eglise" et la mairie, "Place de la Mairie"".

"Lorsqu'on demandait à Molo ce qu'il faisait dans la vie, il répondait : "Je suis dans le paramédical", et il fallait s'en contenter. Georges avait réglé ses problèmes d'identité depuis bien longtemps et lorsqu'on lui posait la même question, il répondait sans détour : "Je ne fais rien dans la vie, je fais dans la mort"."

"Chez Ganglion & fils, on n'enterre pas, monsieur, on encielle. Et pour les couronnes, on est bien moins cher que les dentistes, croyez-moi."

"-On est perdu, c'est ça ? demanda Georges.

- Pas complètement.

- On est perdus, oui ou non ?

- A moitié.

- Qu'est ce que ça veut dire, à moitié ?

- On ne doit pas être sur la route du cimetière, mais je crois savoir comment rentrer à Saint-Jean. On n'est perdus que dans un sens."

Le poids des secrets 2/5, Aki Shimazaki

29 mai 2007

Après Tsubaki, le premier volet, je me suis plongée dans Hamaguri que j'avais acheté en même temps. Hélas ! ou Joie ! (selon le point de vue du Banquier ou du Lecteur), je me suis aperçue que Le poids des Secrets est en fait une pentalogie : il me reste donc 3 tomes à acquérir ! Cependant, ces courts romans peuvent se lire séparément, ils ne s'achèvent pas sur un suspense insoutenable induisant une folle envie de lire la suite immédiatement.

Dans le second volet, c'est Yukio, le voisin de Yukiko (la petite fille narratrice du premier tome), qui devient le personnage central et prend la suite de la narration. Plus exactement, il revient sur la même période de la Seconde Guerre Mondiale et de l'après-guerre telle qu'il l'a vécue. Il ne dispose pas des mêmes éléments d'informations que Yukiko, il découvre d'autres secrets, on ne s'ennuie pas du tout en revivant cette histoire de son point de vue.

Bien qu' il ait promis à Yukiko de se marier avec elle lorqu'ils étaient adolescents, Yukio a finalement épousé Shizuko. Celle-ci s'occupe des soins et des repas de sa belle-mère, Mariko, très belle femme dans sa jeunesse, maintenant âgée de 84 ans. Et de façon étrange, c'est Shizuko qui transmettra, sans le savoir, le secret de Mariko à son fils Yukio

Encore une fois, j'ai beaucoup aimé l'écriture simple et fleurie ainsi que les thèmes évoqués dans ce roman. Je crains de ne pouvoir résister à acheter la suite ! (FYI : le tome 3 n'est pas encore sorti en poche, il va falloir patienter…).

Présentation de l'auteur :

Aki Shimazaki est née au Japon et a vécu à Vancouver et à Toronto avant de s'établir à Montréal où elle habite depuis 1991. En plus d'exercer sa plume, elle enseigne aussi le japonais.

Bien que sa langue maternelle soit, bien évidemment le japonais, elle écrit tous ses livres directement en français.

L'avis de Bellesahi

Le poids des secrets (1/5), Aki Shimazaki

28 mai 2007

J'ai acheté par hasard deux petits livres (110 pages chacun environ) de la collection Babel dont la couverture m'a attirée… et d'un auteur japonais que je ne connaissais pas : Aki Shimazaki.

Je suis enchantée de ma découverte.

Dans le premier tome, Tsubaki,  Yukiko Horibe, une femme japonaise qui était adolescente lors du bombardement nucléaire de Nagasaki en août 1945, décède et laisse à sa fille un paquet de lettres qui racontent son histoire.

"Obéissant à une mécanique implacable qui mêle vie et Histoire, ce court premier roman marie le lourd parfum des camélias (tsubaki) à celui du cyanure. Sans céder au cynisme et avec un soupçon de bouddhisme, il rappelle douloureusement que nul n'échappe à son destin." (mot de l'éditeur)

A travers ce récit, on retrouve Yukiko petite fille, qui se remémore sur ses jeux au square en compagnie d'un petit garçon de son âge, tous deux surveillés par le père de Yukiko. Un jour, la famille de Yukika déménage : elle quitte Tokyo pour Nagasaki. On fait alors la connaissance de leurs nouveaux voisins : les Takahashi. Ils ont un fils, Yukio. Dans sa lettre d'adieu à sa fille, Yukiko lui demande de retrouver Yukio, qu'elle n'a pas revu depuis 1945.

C'est un récit émouvant qui mêle souvenirs personnels et historiques et met l'accent sur le poids des secrets que chacun d'entre nous porte, parfois durant des décennies, avant de les partager…  Le lecteur est bercé par la douceur de l'écriture japonaise, très poétique et mettant tous nos sens en éveil, et en même temps il est choqué par l'atrocité d'événements qui parsèment le récit… que je vous laisse bien sûr découvrir.

L'avis de Chiffonnette, de Bellesahi, de Papillon et de Leeloo

Page suivante »

Sky sponsored by Aviva Web Directory