tamaculture

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

18 avril 2007

Mon teasing de l'article précédent retombe comme un soufflé raté après ma visite chez Papillon, dont l'article a déclenché une vague de stabilotage dans vos carnets de LAL… :-)

Cela me permet d'aborder ce livre sous un autre angle. Je ne ne vais donc pas m'étaler sur l'histoire, mais vous en dire plus sur l'auteur et le contexte dans lequel fut écrit Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur.

Harper Lee est une femme, mais elle a ôté son premier prénom (Nell) lors de la publication de son roman en 1960, ce qui permettait de laisser croire que l'auteur était un homme (et d'éviter par conséquent certains préjugés). Au départ, elle écrivait des nouvelles mais l'éditeur à qui elle les a présentées lui a conseillé d'en développer une pour en faire un roman. Cela lui pris plus de deux ans de travail, mais cela en valait la peine puisqu'en est sorti le chef-d'oeuvre que l'on sait (depuis sa première publication, ce roman n'a jamais cessé d'être réédité, et ce dans le monde entier !).

A l'époque, la lutte contre la ségrégation fait la une de l'actualité : Martin Luther King n'a pas encore prononcé son fameux discours "I have a dream" (il le fera en 1963) mais il défend depuis plusieurs années déjà les droits civiques élémentaires des noirs américains et c'est en 1955 que la Cour Suprême des Etats-Unis déclare illégale la ségragation dans les autobus, restaurants, écoles, et autres lieux publics.

Harper Lee décrit dans ce livre la vie d'une petite ville du sud de l'Alabama, Maycomb, où ceux qu'on appelle encore "les nègres" ne valent guère mieux que des animaux (pour la plupart des gens, mais il existe déjà, et heureusement, des exceptions). On est dans les années 30, et la crise de 1929 a fait des ravages sur le plan économique, politique et social. Pourtant, c'est sous l'oeil malicieux de Scout, une petite fille de huit ans, que nous allons vivre les événements qui se dérouleront durant trois années de sa vie. Son grand frère Jem et elle font les quatre cents coups avec un petit voisin, Dill, qui vient passer l'été à Maycomb. Cette première partie du roman est à la fois légère et drôle et nous permet de faire connaissance avec les personnages hauts en couleur du quartier. Nous plongeons ainsi dans la vie de cette époque et sommes confrontés à un choc des mentalités.

La seconde partie du roman met en scène le procès de Tom, un homme noir accusé de viol par une jeune fille métisse, dont le père est blanc et la mère décédée. Dans la ville, un grondement sourd se fait entendre : la population est prête à lyncher le présumé coupable avant même qu'il ne soit jugé. C'était sans compter la droiture et l'honneur d'Atticus, le père de Jem et Scout, avocat commis d'office pour défendre Tom. Grâce à lui et à ses enfants - qui resteront marqués à vie par ce procès - naîtront les prémices d'une évolution des mentalités à Maycomb.

Ce roman est magnifique, il vous emporte sans que vous n'y preniez garde dans la vie de cette famille et de son quartier. Le ton semble léger et pur même lorsqu'il traite d'un sujet grave comme le racisme, l'humour et la tendresse sont omniprésents, on s'attache à Scout et c'est avec tristesse qu'on voit s'approcher les dernières pages de cette histoire forte.

Comme le raconte Isabelle Hausser dans la postface, Harper Lee n'a jamais écrit d'autre roman et n'a pas souhaité s'expliquer à ce sujet. Peut-être est-ce la crainte de faire moins bien ? Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est très bien construit, même s'il plane quelques mystères comme la personnalité de la mère, décédée, de Scout et Jem, ou le fait que ces enfants appellent leur père par son prénom. "Harper Lee suggère plus qu'elle ne montre" et c'est une des raisons pour laquelle on ne tombe jamais dans le mélo.

Comme le dit Papillon, c'est "un roman à ne manquer sous aucun prétexte".

Sylire ajoute que c'est "un hymne à la justice et à la tolérance".

Hervé renchérit : "ce livre doit être lu par le plus grand nombre".

(NB : j'espère que les bloggeurs susmentionnés ne m'en voudront pas de les avoir cités sans autorisation préalable, je prends le risque et les remercie à l'avance de ne pas me faire de procès, même dans l'espoir d'agrandir leur budget livres ;-) !)

20 commentaires »

  1. Bellesahi says

    Bon ! Demain je vais chez mon libraire ! Vous avez gagné !

    18 avril 2007 | #

  2. Gachucha says

    Papillon m’a décidé sur ce titre, je suis en pleine lecture… et je ne regrette pas (je reviendrai lire ton article après)

    18 avril 2007 | #

  3. Tamara says

    @ Bellesahi : comme Gachucha l’écrit juste après toi, à mon avis, tu ne le regretteras pas !

    @ Gachucha : c’est justement la raison pour laquelle j’ai mis en noir ce qui peut être lu sans rien dévoiler de l’histoire, en violet le résumé du livre, comme ça chacun choisit de lire ou pas !

    18 avril 2007 | #

  4. sylire says

    En tant que bloggeuse susmentionnée,
    Je déclare sur l’honneur m’engager à ne pas faire de procès à la bloggueuse Tamara et ce, même si je dépense trop de sous lors de ma prochaine escapade à la librairie. :wink:
    Très bien ta présentation ! Et tu fais bien d’évoquer la postface d’Isabelle Hausser très utile pour approfondir la lecture.

    18 avril 2007 | #

  5. Flo says

    M’en parle pas, je n’en peux plus d’en entendre dire du bien sur les blogs sans réussir à l’avoir à la biblio :evil:
    Du coup, je l’ai mis dans les auteurs que je voudrais découvrir pour le swap :mrgreen:

    18 avril 2007 | #

  6. Florinette says

    Il faut que je me dépêche de finir tout ce que j’ai emprunté à la biblio après je me jette sur ce livre !
    ;-)

    18 avril 2007 | #

  7. Papillon says

    Ne t’inquiète pas : non seulement je ne te ferai pas un procès :wink: mais je te félicite pour cette critique :razz: qui met vraiment ce livre en perspective. Avec tout ce qui se passe en ce moment je trouve cette histoire très moderne et ses enjeux extrèmemement importants. Et j’adore le mot de la fin de la petite fille : ce que nous ne connaissons pas nous fait peur, mais quand nous le rencontrons, nous découvrons que nous avons eu tort d’avoir peur…

    18 avril 2007 | #

  8. Anne says

    Si toi-même tu ne donnes pas l’exemple, comment veux-tu que l’on obéisse à tes commandements? Bon, je redeviens ta copine et pour fêter notre réconciliation je m’offrirai ce livre :razz:

    19 avril 2007 | #

  9. Tamara says

    @ Sylire : OUF, me voilà bien soulagée ! :wink: Merci !

    @ Flo : hé, hé, quelle bonne idée, ce swap, on se demande bien qui l’a eue :wink:

    @ Florinette : ne t’en fais pas, il attendra sagement que tu aies fini tes lectures en cours… ça fait 47 ans qu’il attend que tu le découvres, il n’est pas à quelques semaines près :lol:

    @ Papillon : un grand merci ! Je suis d’accord, on se fait souvent peur pour rien… Il faut simplement trouver le courage d’affronter nos peurs irraisonnées :shock:

    19 avril 2007 | #

  10. Anjelica says

    En effet, j’ai lu plusieurs bonnes ou très bonnes sur plusieurs blogs, il est donc noté sur ma LAL. Merci pour cet article!

    20 avril 2007 | #

  11. Heri says

    Je le marque sur ma LAL, je n’arrête pas d’en entendre parler ! :smile:

    20 avril 2007 | #

  12. Tamara says

    @ Anjelica et Heri : merci de votre visite… je vois que ce livre fait deux nouveaux adeptes ! bonne découverte de l’oiseau moqueur… :lol:

    20 avril 2007 | #

  13. Lou says

    Je cherchais un thème pour un “paper” à valider. J’avais pensé à Jane Austen mais j’avais finalement changé d’avis. Et là, en voyant ta note, je me dis qu’Harper Lee pourrait être un sujet intéressant, d’autant plus que j’ai envie de lire ce livre depuis longtemps. Peut-être à mettre en relation avec “In Cold Blood” de Truman Capote (sur l’Amérique “profonde” à la même époque). Merci pour ce déclic ! :o)

    21 avril 2007 | #

  14. Brize says

    Un livre fort, très attachant, que j’ai découvert il y a peu, à l’occasion de sa sortie en poche… mais j’en avais entendu parler à plusieurs reprises dans mes lectures d’auteurs américains (mentions incidentes de l’ouvrage, qui est effectivement un classique aux Etats-Unis).
    A noter que ce livre a fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 1962, avec Grégory Peck dans le rôle d’Atticus Finch. Il s’agit de “Du silence et des ombres” (en anglais, “To kill a Mockingbird”, bien sûr !), que je n’ai personnellement pas eu l’occasion de voir.
    Bonne lecture à tous !

    23 avril 2007 | #

  15. anjelica says

    J’ai fini par craquer et je l’ai acheté en poche !

    1 mai 2007 | #

  16. Franklin delan Roosvelt says

    MAGNIFIQUE c’est le seul mot qui me viens a la bouche:mrgreen::neutral::twisted::shock::smile::???::cool::evil::grin::oops::razz::roll::wink::cry::eek::lol::mad::sad:

    16 mai 2007 | #

  17. Tamara says

    @F.D.R : on ne peut pas dire que tu sois avare de smileys, toi ! Mais ce roman mérite bien ça !

    16 mai 2007 | #

  18. Emeraude says

    Je viens de le terminer, on ne peut en dire que du bien je crois!

    18 mai 2007 | #

  19. anti-seche says

    merci a toi d avoir publié cette article grace a toi j ai pu faire mon devoir de français san avoir a lire le livre :razz:

    2 avril 2009 | #

  20. Tamara says

    @Emeraude : on est d’accord !

    @Anti-seche : tu me diras combien j’ai eu… Plus sérieusement, mon blog n’a pas vocation à être une anti-sèche, et surtout, je trouve cela dommage que tu n’aies pas lu toi-même ce magnifique roman…

    3 avril 2009 | #

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