Mes petites robes du week-end
J'avais bien emmené une robe dans mes bagages du week-end dernier… mais j'avais surtout choisi cette thématique pour mes lectures !
La Petite Robe de Paul est un achat coup de coeur du Salon du Livre du mois dernier. Je suis tombée par hasard sur Philippe Grimbert qui dédicaçait Un Secret, que j'avais déjà lu… J'ai donc opté pour ce roman, qui se déroule (coïncidence ? humpf !) durant le week-end de Pâques.
Paul, quadragénaire marié à Irène et père d'une grande fille qui a désormais quitté l'appartement familial, est en stage de formation dans un quartier parisien qu'il connaît mal. Lors d'une pause déjeuner, il explore le quartier et tombe par hasard sur une boutique au doux nom de Poème. Dans la vitrine, une seule robe, qui l'attire irrésistiblement :
"Une robe d'enfant, parfaitement blanche, taillée comme une chasuble, avec trois roses à l'empiècement, semblables à celles qui émergeaient des pots. Trois boutons délicats qui donnaient naissance à des plis plats poursuivant leur chemin jusqu'à l'ourlet du bas. Le tissu avait la légèreté et la transparence d'un voile de lin, il en respirait la fraîcheur."
D'un phénomène apparemment anodin s'ensuit un sentiment de trouble, puis la nécessité de dissimuler - pour la première fois - quelque chose à l'être aimé. Irène remarque bien un changement dans l'attitude de son mari et pense à une maîtresse. Mais lorsqu'elle tombe par hasard sur son secret, son inquiétude se transforme en peur : qui est vraiment Paul, ce mari aimant qu'elle croyait connaître parfaitement ? Lors du déjeuner pascal chez Olga, la mère de Paul, d'autres faits enfouis dans son passé ressurgiront de son jardin secret…
Philippe Grimbert m'a de nouveau surprise avec ce roman. Apparemment léger, au coeur du quotidien d'un couple bourgeois sans histoire, il nous entraîne dans un drame psychologique qui aura des répercussions sur chacun des personnages. Dans une ambiance que certains pourraient qualifier de glauque mais que j'appellerai tendue, il s'agit là d'une réflexion sur ce que nous croyons être et la mince frontière que l'on entretient au plus profond de nous avec la folie, sur les secrets de famille et la communication avec nos proches. La fin met les nerfs à rude épreuve… Philippe Grimbert est psychanalyste et cela ressort dans ce roman, les sentiments de chacun des protagonistes sont très bien décrits. Un petit reproche : le voile ne sera pas levé sur certains mystères… Une libre interprétation s'offre au lecteur, on aime ou pas.
Conclusion : une petite robe à s'offrir pour moins de 5 euros !
Pour retrouver la sublime écriture de Christian Bobin (voir aussi La part manquante), je vous invite à vous vêtir d'Une petite robe de fête.
Dans ce recueil de 9 nouvelles, l'émotion est à fleur de peau. Ce ne sont pas tant des histoires dont je me souviens mais plutôt des mots. Entre métaphores et poésie, j'avoue ne pas toujours tout comprendre d'emblée, mais qu'importe ! La lumière, les enfants, l'écriture, et des enveloppements de phrases douces et légères… L'univers de Christian Bobin est décidément bien loin de notre train-train quotidien et promet bien des escapades à notre esprit.
Ma nouvelle préférée est la dernière, qui donne le nom à ce recueil et parle évoque l'amour… En voici un extrait :
"Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue - comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu. Avec le regard simple, revient la force pure."

J’ai lu la petite robe de Bobin, et cet auteur est un peu décalé. Il faut toujours être concentré à la lecture de ses livres.
Par contre je n’ai pas lu la petite robe de Grimbert. De lui j’ai lu le secret que j’ai beaucoup aimé. Alors je suis tentée !
11 avril 2007 | #
@ Bellesahi : tu as entièrement raison, la lecture de Bobin demande pas mal de concentration… Et je te prie de bien vouloir te laisser tentée par P. Grimbert… sachant que cela peut ne pas te plaire, tu peux peut-être l’emprunter à la bibliothèque ? Il est sorti en 2001 puis en poche.
11 avril 2007 | #
En poche, ça devrait pouvoir ce faire ! Mais d’abord je vais lire celui-que je viens de reçevoir en cadeau ! Hummm lequel ? Je t’invite sur mon blog !!! Hihihi !!
11 avril 2007 | #
Moi j’avais bien aimé la petite robe de Paul mais il est vrai que l’atmosphère est assez particuliière. Certaines scènes sont même presques choquantes.
C’est une bonne idée de choisir une thématique comme cela, mais les deux livres semblent bien différents. Je ne connais Christian BOBIN que de nom.
11 avril 2007 | #
Voilà une jolie thématique et de bons livres, chic !:wink:
11 avril 2007 | #
Zut zut zut, déjà lus ! Grimbert écrit trop lentement, contrairement à Bobin !!! Ce sont mes chouchous ces deux là !
11 avril 2007 | #
@ Sylire : si tu aimes les belles écritures pleines d’images, lance-toi dans Bobin !
@ Cathulu : chic, c’est un mot qu’on n’utilise guère mais qui me plaît bien ! ça me fait penser au Club des Cinq !
@ Moustafette : c’est toujours ça d’économisé ! Et je te confirme que le prochain Grimbert n’est pas pour bientôt (il me l’a dit lui même en soupirant au salon du Livre ! pô facile, d’écrire !)
11 avril 2007 | #
Oh t’as parlé à Grimbert !
Merci pour ta visite, ça m’a fait plaisir !
11 avril 2007 | #
Difficile de choisir devant ces deux robes, je prends donc les deux !
11 avril 2007 | #
Alors que tout le monde s’exclamait sur “Le secret”, moi je revendiquait ma préférence pour “La petite robe de Paul”! Je suis ravie que tu l’ais aimé
J’avais bien aimé le roman “Isabelle Bruges” de C.Bobin, mais je ne lis pas de nouvelles…
12 avril 2007 | #
Moi je n’avais pas aimé “la petite robe de Paul”, bof… de plus, je pense que le roman aurait gagné si le dernier chapitre avait été enlevé ! La fin aurait été plus percutante ! Tant pis.
J’ai enfin commandé un Christian Bobin “la part manquante” … nous verrons donc si lui & moi, ça le fait ou pas !
Belle thématique, Tamara ! ! Les petites robes pullulent pour la nouvelle saison ! A considérer avec … “prudence” !
12 avril 2007 | #
@ Florinette : regarde : Clarabel nous met en garde contre la tentation vestimentaire !
@ Clarabel : tu as raison, trop de tentations tuent la tentation !
@ Anne : contrairement à toi, je n’ai pas encore lu de roman de Bobin, il faudrait que je tente…:wink:
12 avril 2007 | #
J’ai adoré le livre de Grimbert. J’ai interprété le fait que l’on ne sait pas tout à la fin comme une façon de nous dire qu’il faudra toujours creuser, qu’il y aura toujours des secrets enfouis.
12 avril 2007 | #
@ Lily ; tiens, c’est peut être une piste en effet…
12 avril 2007 | #
Merci de signaler mon grand âge !:smile:
13 avril 2007 | #
@ cathulu : hi hi, ce n’est pas ce que je voulais dire ! d’ailleurs, qui me dit que tu n’es pas en pleine période Club des Cinq ??!!!
En plus, j’adore les mots peu utilisés, ça change de “ça le fait”, “t’es grave, toi”, “cool” et “génial” !
13 avril 2007 | #
T’es trognon !:grin:
13 avril 2007 | #
Les mots de Bobin me transportent vers un univers fantastique où je m’isole au plus profond de sa sphère…des émotions fortes pour ma part ,a travers “Louise Amour “, “La plus que vive” “Le geai” …A lire sans modération!!!!
25 avril 2007 | #
@ fafa : je continuerai à lire C. Bobin… mais à petites doses, car cela me demande toujours pas mal de concentration !
26 avril 2007 | #
[…] Christian Bobin La part manquante et Une petite robe de fête […]
7 mars 2008 | #