tamaculture

Out of office

28 avril 2007

Sur le pont

D'Avignon

On y danse, on y danse…

Et voilà, le premier pont de mai s'offre à nous.

Pour les chanceux qui, comme moi, en bénéficient, je vous souhaite un BON WEEK-END PROLONGE !

Pour les autres, un BON WEEK-END TOUT COURT ! ;-)

Rassurez-vous, il y en aura d'autres, ce sera peut-être à votre tour…

 Allez, je file, j'ai un avion à prendre… pour une destination commençant par une consonne et finissant par "ologne"…

Non, pas la Pologne !

 

Mais non, pas Cologne !

 

Allez, un indice supplémentaire :

A moi la dolce vita ! ;-)

Juke-box, Jean-Phillipe Blondel

27 avril 2007

Comme j'avais beaucoup aimé Accès direct à la plage, il n'était pas question que je laisse tomber Monsieur Blondel et ses oeuvres.

Et une fois encore, j'ai été séduite et embarquée dans un tourbillon de musique avec Juke-Box.

Nous sommes dans les années soixante-dix. Yohann est un petit garçon comme les autres. Son père est souvent absent de la maison, mais ce n'est pas plus mal… Son frère a beaucoup à faire avec sa vie d'adolescent, sa mère a souvent l'air triste. Du coup, il se réfugie dans la musique. Tous les dimanches, il écoute le classement des Hits à la radio, un rendez-vous qu'il ne manquerait pour rien au monde.

Yohann sort à peine du lycée quand un drame se produit, une blessure qu'il veut oublier le plus vite possible mais qui le rattrapera à l'aube de ses quarante ans…

Chaque chapitre de ce roman est associé au titre d'une chanson. Il était une fois, Téléphone, Etienne Daho, Niagara… Les années s'égrennent au fil des tubes et même si nous vieillissons avec le narrateur, nous rajeunissons en fredonnant ces tubes de notre jeunesse (voire enfance, c'est selon ! ;-) )

Des épreuves à traverser, une absence sourde compensée en partie par des amis, des amours, des émotions partagées… C'est le cheminement d'un homme à travers différents âges de la vie que l'auteur décrit ici avec beaucoup de sensibilité, de pudeur mais aussi d'humour et finalement, un peu de joie de vivre. C'est bien connu : la musique adoucit les…pleurs !

NB : je dois vous prévenir d'un risque afférent à la lecture de ce roman. En effet, il est fort probable qu'à un moment ou un autre, une des chansons évoquées vous trotte dans la tête et s'y incruste durablement. C'est ainsi que Le Sud de Nino Ferrer ("C'est un endroit qui ressemble à la Louisiane… à l'Italie…") est sur mes lèvres depuis 6 jours maintenant (merci jp !). Remarquez, j'aurais pu tomber plus mal. Le seul problème est qu'il me manque la moitié des mots, alors j'invente les paroles mais ça ne rime pas toujours, quel gâchis ! Pour vous éviter ce problème, je vous ai mis le lien vers les paroles, si vous coincez sur le même tube que moi (sinon, débrouillez-vous, il n'y a pas écrit "bonne poire" non mais :-p )

P.S : comme Yohann, j'ai essayé de me souvernir de mon premier disque… En fait c'était une collection de chansons pour enfants (Les crocodiles, Sur le pont d'Avignon, Ne pleure pas Jeannette, La mère Michel…), des disques à la pochette en carton dur bleu clair, je m'en souviens parfaitement !

Et vous, vous souvenez-vous de votre premier disque ?

Cuné et Florinette vous parlent de tous les Blondel

Papillon a vibré sur Juke-Box (lisez aussi les commentaires…)

Horizon fantôme, Wojciech Kuczok

25 avril 2007

Une fois n'est pas coutume, voilà que je présente des nouvelles polonaises ! L'auteur a 35 ans, il est romancier, poète, critique de films, scénariste et spéléologue (cherchez l'intrus).

Chaque nouvelle portant un titre "normal" est suivie d'une autre intitulée "Interlude (F. Ch., op. 28, n°3 ou 15 ou 18…)" beaucoup plus courte…

On découvre ainsi un voyageur sans ticket dans le métro, une bonne soeur très (trop ?) jolie, un père qui renie son fils, une femme déboussolée par des absences, une vieille femme qui n'a plus que ses yeux pour pleurer et un psychothérapeute un peu spécial… Un point commun : l'amour (passionné, filial, passif, perdu, retrouvé…).

J'ai bien aimé "Les danses d'un candide", qui commence ainsi :

 "Un jour, ma mère, à la moitié de sa soupe, posa sa cuillère, s'essuya la bouche avec sa serviette, et dit à mon père :

- C'est la mort de notre couple. Je ne peux pas vivre avec un homme qui en quinze ans n'a pas appris à manger sa soupe correctement.

Elle dit cela en ma présence, ce qui signifiait qu'elle était prête à tout. Ce fut notre dernier repas en commun."

La dernière nouvelle a un petit goût de thriller assez croustillant

En revanche, le ton général erre entre "lyrisme et mélancolie" et "éloignent les êtres possédés de la réalité et de leur quotidien fragile" (note de l'éditeur) et j'avoue que je n'étais guère dans cette humeur, par le beau soleil printanier (et même estival !) qui règne en France depuis quelques temps. Du coup, je n'ai que moyennement apprécié l'ensemble de ce livre, mais j'étais contente d'avoir découvert un peu de littérature polonaise en passant…

Un petit conseil d'une lectrice agacée : ne pas lire la quatrième de couverture si vous ne voulez pas avoir les chutes des nouvelles avant de les avoir lues !!!

Tomoro, mon alter ego

24 avril 2007

A la demande suppliante de la facétieuse Clarabel – la vengeance est un plat qui se mange sans faim, méfie-toi ma belle ;-) – j'ai dû imaginer pour cet article le personnage de Tomoro, ma version masculine

Ayant déjà franchi hier, d'un pas hésitant, le cap de la trentaine et digéré tant bien que mal le choc psychologique qui en découle (où sont mes années de fac ? déjà si loin derrière moi ?! Impossible !)… me voilà contrainte de rajouter une couche d'interrogations à la semoule dans laquelle je pédale (qui suis-je ? où vais-je ? pourquoi-je ??!!!)

 En tant qu'homme, je pense qu'il y aurait quelques différences dans ma vie :

1. Mon nom serait Tomoro (tomorrow ?), un gars tourné vers le futur !

2. Je ne porterais pas de bandeau dans les cheveux comme aujourd'hui, mais sans doute une brosse (argh !).

3. Plus fondamentalement, j'aurais sans doute un salaire de 15 à 20 % supérieur pour le même travail. D'ailleurs, je serais déjà chef à la place de mon chef. Et je me battrais pour l'égalité salariale homme-femme, non mais !

4. J'aurais galéré comme un fou pour réussir à inviter des nanas à sortir avec moi. Mais parfois, les garçons timides attirent les jeunes filles, alors j'aurais quand même pu sortir honorablement mon épingle du jeu. Et j'offrirais souvent des fleurs à ma chère et tendre (un message crypté se cacherait-il dans ces lignes ???!!).

5. Ado, j'aurais passé des heures à jouer au babyfoot dans des bars enfumés avec mes potes. Adulte, je sortirais boire des bières* avec mes collègues après le boulot et je parlerais politique et golf. Fini le thé vert** avec les copines et les discussions à n'en plus finir sur la mode ou les hommes.

* à consommer avec modération       ** à consommer sans modération

6. Je mettrais de l'argent de côté pour assurer l'Avenir de ma Famille (au lieu de le dépenser futilement chaque semaine dans des achats de livres !).

7. Je ne me maquillerais plus et du coup je serais prêt en moins de 15 minutes le matin (au lieu des 1h45 indispensables à la communauté féminine).

8. Je n'hésiterais pas à dire des gros mots, d'une façon virile et non grossière.

9. J'aurais certainement eu des lectures différentes (Auto Moto ? La série des James Bond ? de la Fantasy ? George Orwell en VO ?)

10. Je ne repasserais pas et ne ferais pas la cuisine (bon, d'accord, c'est le cas aussi version Tamara ;-)

Finalement : je suis bien heureuse d'avoir des chromosomes XX, c'est quand même plus fun, non ?

Heroes

20 avril 2007

Cela faisait un moment que je n'avais pas parlé de séries, voilà cette rubrique de retour au premier plan…

Les Américains ne sont pas de bons exemples en tout, mais il faut reconnaître que leurs séries télévisées sont excellentes (notamment celles qui parviennent jusqu'en France parce que j'imagine qu'ils ont aussi leurs lots de nanards qu'ils évitent d'exporter…).

 

Mettons un instant de côté les Prison Break, Lost et autres Desperate Housewives pour découvrir d'autres Héros (in English : Heroes).

Dans ce nouveau concept, un vieux Professeur d'université indien est assassiné juste au début du premier épisode. Son fils, Mohinder Suresh, décide de poursuivre les recherches de son père, qui se portaient depuis quelques temps déjà sur d'étranges phénomènes

Plus précisément, on va être amenés à faire la connaissance d'individus lambda, certains étudiants, d'autres politiciens, d'autres encore artistes ou flics… qui ont tous développé depuis peu un pouvoir surnaturel.

Ainsi, Niki se découvre une jumelle différente d'elle dans le miroir, car cette dernière est d'une extrême violence… Claire est une pom-pom girl invicible, Matt un flic lisant dans les pensées (ça peut aider, dans son métier… mais créer des problèmes dans son couple), Nathan un politicien qui peut voler (au sens propre !) et son frère Peter est doué de mimétisme : il a le même pouvoir que ceux qu'il côtoie… 

Mon personnage préféré est Hiro, un Japonais aux joues rebondies très rigolo, parfois maladroit ou pot de colle, qui ne parle pas anglais mais peut arrêter le temps (le veinard !) et faire des allers-retours dans le futur ou le passé.

Le hic vient du fait que ces individus – répertoriés pour la plupart par le Professeur indien - sont assassinés les uns à la suite des autres… Le FBI est en alerte, mais ce sont les aventures des Héros que nous allons suivre dans une dynamique haletante et des intrigues à vous donner des frayeurs !

Alors, accrochez-vous, ça dépote ! Et vous ne pourrez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenus !

Ca passe où ? Sur NBC, la saison 1 est en cours de diffusion depuis septembre 2006 (dernier épisode prévu le 21 mai). On peut télécharger les épisodes déjà diffusés (service iTunes). Soyons patients pour l'arrivée sur la télévision française, mais j'ose avancer, sans trop me mouiller, que cette série va cartonner à la rentrée prochaine (à mon avis : en VO sur une chaîne payante dans un premier temps).

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee

18 avril 2007

Mon teasing de l'article précédent retombe comme un soufflé raté après ma visite chez Papillon, dont l'article a déclenché une vague de stabilotage dans vos carnets de LAL… :-)

Cela me permet d'aborder ce livre sous un autre angle. Je ne ne vais donc pas m'étaler sur l'histoire, mais vous en dire plus sur l'auteur et le contexte dans lequel fut écrit Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur.

Harper Lee est une femme, mais elle a ôté son premier prénom (Nell) lors de la publication de son roman en 1960, ce qui permettait de laisser croire que l'auteur était un homme (et d'éviter par conséquent certains préjugés). Au départ, elle écrivait des nouvelles mais l'éditeur à qui elle les a présentées lui a conseillé d'en développer une pour en faire un roman. Cela lui pris plus de deux ans de travail, mais cela en valait la peine puisqu'en est sorti le chef-d'oeuvre que l'on sait (depuis sa première publication, ce roman n'a jamais cessé d'être réédité, et ce dans le monde entier !).

A l'époque, la lutte contre la ségrégation fait la une de l'actualité : Martin Luther King n'a pas encore prononcé son fameux discours "I have a dream" (il le fera en 1963) mais il défend depuis plusieurs années déjà les droits civiques élémentaires des noirs américains et c'est en 1955 que la Cour Suprême des Etats-Unis déclare illégale la ségragation dans les autobus, restaurants, écoles, et autres lieux publics.

Harper Lee décrit dans ce livre la vie d'une petite ville du sud de l'Alabama, Maycomb, où ceux qu'on appelle encore "les nègres" ne valent guère mieux que des animaux (pour la plupart des gens, mais il existe déjà, et heureusement, des exceptions). On est dans les années 30, et la crise de 1929 a fait des ravages sur le plan économique, politique et social. Pourtant, c'est sous l'oeil malicieux de Scout, une petite fille de huit ans, que nous allons vivre les événements qui se dérouleront durant trois années de sa vie. Son grand frère Jem et elle font les quatre cents coups avec un petit voisin, Dill, qui vient passer l'été à Maycomb. Cette première partie du roman est à la fois légère et drôle et nous permet de faire connaissance avec les personnages hauts en couleur du quartier. Nous plongeons ainsi dans la vie de cette époque et sommes confrontés à un choc des mentalités.

La seconde partie du roman met en scène le procès de Tom, un homme noir accusé de viol par une jeune fille métisse, dont le père est blanc et la mère décédée. Dans la ville, un grondement sourd se fait entendre : la population est prête à lyncher le présumé coupable avant même qu'il ne soit jugé. C'était sans compter la droiture et l'honneur d'Atticus, le père de Jem et Scout, avocat commis d'office pour défendre Tom. Grâce à lui et à ses enfants – qui resteront marqués à vie par ce procès – naîtront les prémices d'une évolution des mentalités à Maycomb.

Ce roman est magnifique, il vous emporte sans que vous n'y preniez garde dans la vie de cette famille et de son quartier. Le ton semble léger et pur même lorsqu'il traite d'un sujet grave comme le racisme, l'humour et la tendresse sont omniprésents, on s'attache à Scout et c'est avec tristesse qu'on voit s'approcher les dernières pages de cette histoire forte.

Comme le raconte Isabelle Hausser dans la postface, Harper Lee n'a jamais écrit d'autre roman et n'a pas souhaité s'expliquer à ce sujet. Peut-être est-ce la crainte de faire moins bien ? Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur est très bien construit, même s'il plane quelques mystères comme la personnalité de la mère, décédée, de Scout et Jem, ou le fait que ces enfants appellent leur père par son prénom. "Harper Lee suggère plus qu'elle ne montre" et c'est une des raisons pour laquelle on ne tombe jamais dans le mélo.

Comme le dit Papillon, c'est "un roman à ne manquer sous aucun prétexte".

Sylire ajoute que c'est "un hymne à la justice et à la tolérance".

Hervé renchérit : "ce livre doit être lu par le plus grand nombre".

(NB : j'espère que les bloggeurs susmentionnés ne m'en voudront pas de les avoir cités sans autorisation préalable, je prends le risque et les remercie à l'avance de ne pas me faire de procès, même dans l'espoir d'agrandir leur budget livres ;-) !)

Petits conseils entre amis

16 avril 2007

Ce week-end, je n'ai guère avancé dans mon livre en cours (attention, teasing : qui est vraiment bien, restez aux aguets !)… Hélas, je ne suis pas allée me baigner mais j'ai dû, sous peine d'avalanche, ranger 29 ans de photos (dont seulement 10 % déjà dans des albums)…

Heureusement, au bout de quelques heures, je suis tombée "en panne d'albums". J'ai donc pu aller m'aérer… et je me suis malencontreusement (hum !) égarée dans une librairie inconnue qui porte le célèbre nom de L'Attrape-Coeur. Bien évidemment, je n'en suis pas ressortie les mains vides !

C'est pourquoi je songe aujourd'hui à regrouper quelques conseils pour éviter que pareille mésaventure ne vous arrive :

Règle n° 1 : ne vous arrêtez pas devant la vitrine (même très alléchante) des librairies. Au contraire, passez votre chemin, le regard fixé sur la ligne d'horizon. En cas de tentation forte, accélérez le pas.

Règle n° 2 : si par malheur vous êtes déjà dans la librairie, ne vous précipitez pas sur les couvertures qui vous attirent mais au contraire, fuyez vers un recoin où rien ne vous plaît (la philosophie pour certains, la cuisine pour moi, les BD pour d'autres…)

Règle n°3 : si vous devez succomber (personne n'est infaillible), veillez à ne choisir qu'UN seul ouvrage (un tome compte pour 1, pas pour un demi !), en vous promettant de revenir une prochaine fois (ou pas).

Règle n°4 : respectez le budget "livres" que vous vous êtes fixé pour chaque mois. Surtout, ne piochez pas dans la cagnotte du mois suivant, vous savez parfaitement qu'il ne suffira pas si vous l'entamez déjà.

Règle n°5 : au moment de régler votre unique achat (cf. règle n°3), vérifiez que vous avez bien respecté la règle n°6 et allez sagement reposer ce dernier.

Règle n°6 : sortez toujours sans le sou : pas d'espèces, pas de carte de crédit, pas de chéquier. Voilà la règle qui vous punira à tous les coups d'avoir manqué aux 5 premières règles !

NB : il va sans dire que je n'applique aucune de ces règles, sinon ma PAL ne serait pas si gigantesque ;-)

Elle s’appelait Sarah, Tatiana de Rosnay

13 avril 2007

"Un récit bouleversant et un devoir de mémoire", voilà comment on pourrait résumer ce roman.

J'ai attendu quelques jours pour pouvoir parler "à émotions reposées" de cette lecture qui m'a beaucoup touchée.

C'est l'histoire d'une petite fille de dix ans comme les autres… sauf qu'elle est juive et qu'on est en 1942. Ses parents, d'origine polonaise, ne sont pas riches mais son frère et elle sont heureux et en bonne santé. Un jour de juillet, des pas lourds se font entendre dans les escaliers de leur immeuble rue de Saintonge (dans le Marais, quartier parisien à cheval sur les 3° et 4° arrondissements)… Seraient-ce des soldats allemands ? Non, ouf, ce sont des gendarmes français. Mais alors, pourquoi demandent-ils à toute la famille de venir avec eux ? Cela doit être une erreur… Heureusement, la petite fille a eu le temps de cacher Michel, son petit frère de 4 ans, dans un placard secret de leur chambre, il est à l'abri en attendant le retour de sa famille. Mais le drame, c'est qu'ils ne reviendront pas de cette rafle du Vélodrome d'Hiver qui a mis un terme à la vie de milliers de juifs français (ou vivant en France depuis de longues années). A tout jamais, le 16 juillet 1942 restera gravé dans la mémoire de leurs proches ou des rares survivants.

Soixante ans plus tard, c'est Julia, journaliste américaine qui vit à Paris depuis vingt-cinq ans et mariée à un Français, qui écrit un article sur ce drame de la guerre, dont trop peu de gens se souviennent. Elle-même n'a jamais entendu parler du "Vél d'Hiv" et en éprouve un fort sentiment de honte et de révolte. Elle va mener une enquête qui la conduira à s'interroger sur le passé de sa belle-famille, levant le voile sur de douloureux secrets. Dès lors, rien ne sera plus comme avant, certains liens se ressereront alors que d'autres se briseront nets sans retour en arrière possible.

Ce livre est à la fois passionnant et dérangeant.

Passionnant parce que tous les personnages principaux sont attachants, on retient son souffle quand la petite fille tente de s'échapper du camp où sont parqués les familles juives dans la campagne française, on s'émeut avec Julia lorsqu'elle visite ce même camp bien des années après, on espère vaguement que tout cela va bien se terminer alors qu'on sait pertinamment que ce ne sera pas le cas… à moins d'un miracle…

C'est un roman dérangeant parce qu'on regrette de ne pas penser plus souvent à tous ces malheureux qui ont péri sans raison dans d'aussi horribles conditions. Bien qu'ayant vu de terribles images en cours d'histoire (des films en noir et blanc mais insoutenables) et visité un camp de concentration, je ne me souviens pas avoir entendu parler de cette rafle des juifs parisiens en particulier. Ayant habité quatre ans à quelques rues de celle des héros de ce roman, je ne me suis jamais doutée de ce qui s'y était passé (dire qu'une de mes librairies favorites se trouve au 27 rue de Saintonge – Comme un roman – j'ai dû passer des centaines de fois devant la maison du drame).

Heureusement, l'alternance des récits de la petite fille et de la journaliste permet au lecteur de respirer et de pouvoir poursuivre la lecture sans se mettre dans tous ses états. Au contraire, je quittais l'une avec peine pour retrouver l'autre avec plaisir et je n'ai jamais envisagé d'abandonner ce formidable récit qui rend hommage à la mémoire des victimes de la barbarie nazie sans oublier le triste rôle de l'administration française de l'époque.

Et bien évidemment, on s'interroge sur ce qu'aurait été notre propre attitude dans de telles circonstances. Aurais-je eu le courage de tenter de m'évader ? Aurais-je aider des familles juives à se cacher ? Aurais-je participé dès la première heure à la Résistance ? Je ne puis que l'espérer de tout  mon coeur. Mais ce ne sont pas les drames actuels qui manquent, par exemple la guerre civile au Darfour et que faisons-nous ? Je me sens bien impuissante, j'en profite donc pour hurler mon désarroi face à la bêtise humaine. Le passé ne sert-il pas de leçon ?

Pour finir, j'ai trouvé un minuscule défaut à ce roman (simplement pour que mon impartialité ne soit pas mise en doute !) : Zoë, la fille de Julia, a parfois des paroles un peu trop matures pour 11 ans ("j'étais tellement excitée que je n'ai pas pu tenir ma langue" me paraît être plutôt une parole d'adulte – mais en même temps, je n'ai pas d'enfant, alors…).

(ah ! et il manque un "c" p.226 que je restitue ici : ;-) )

Vous aurez compris que je recommande vivement la lecture d'Elle s'appelait Sarah, quant à moi, ayant beaucoup apprécié le style de l'auteur, je vais m'empresser de découvrir Spirales et autres rosnayries… 

P.S : une pensée pour Tatiana de Rosnay : ce livre n'a pas dû être facile à écrire… (Julia m'a fait penser à vous).

Mes petites robes du week-end

11 avril 2007

J'avais bien emmené une robe dans mes bagages du week-end dernier… mais j'avais surtout choisi cette thématique pour mes lectures !

La Petite Robe de Paul est un achat coup de coeur du Salon du Livre du mois dernier. Je suis tombée par hasard sur Philippe Grimbert qui dédicaçait Un Secret, que j'avais déjà lu… J'ai donc opté pour ce roman, qui se déroule (coïncidence ? humpf !) durant le week-end de Pâques.

Paul, quadragénaire marié à Irène et père d'une grande fille qui a désormais quitté l'appartement familial, est en stage de formation dans un quartier parisien qu'il connaît mal. Lors d'une pause déjeuner, il explore le quartier et tombe par hasard sur une boutique au doux nom de Poème. Dans la vitrine, une seule robe, qui l'attire irrésistiblement :

"Une robe d'enfant, parfaitement blanche, taillée comme une chasuble, avec trois roses à l'empiècement, semblables à celles qui émergeaient des pots. Trois boutons délicats qui donnaient naissance à des plis plats poursuivant leur chemin jusqu'à l'ourlet du bas. Le tissu avait la légèreté et la transparence d'un voile de lin, il en respirait la fraîcheur."

D'un phénomène apparemment anodin s'ensuit un sentiment de trouble, puis la nécessité de dissimuler – pour la première fois – quelque chose à l'être aimé. Irène remarque bien un changement dans l'attitude de son mari et pense à une maîtresse. Mais lorsqu'elle tombe par hasard sur son secret, son inquiétude se transforme en peur : qui est vraiment Paul, ce mari aimant qu'elle croyait connaître parfaitement ? Lors du déjeuner pascal chez Olga, la mère de Paul, d'autres faits enfouis dans son passé ressurgiront de son jardin secret

Philippe Grimbert m'a de nouveau surprise avec ce roman. Apparemment léger, au coeur du quotidien d'un couple bourgeois sans histoire, il nous entraîne dans un drame psychologique qui aura des répercussions sur chacun des personnages. Dans une ambiance que certains pourraient qualifier de glauque mais que j'appellerai tendue, il s'agit là d'une réflexion sur ce que nous croyons être et la mince frontière que l'on entretient au plus profond de nous avec la folie, sur les secrets de famille et la communication avec nos proches. La fin met les nerfs à rude épreuve… Philippe Grimbert est psychanalyste et cela ressort dans ce roman, les sentiments de chacun des protagonistes sont très bien décrits. Un petit reproche : le voile ne sera pas levé sur certains mystères… Une libre interprétation s'offre au lecteur, on aime ou pas.

Conclusion : une petite robe à s'offrir pour moins de 5 euros !

Pour retrouver la sublime écriture de Christian Bobin (voir aussi La part manquante), je vous invite à vous vêtir d'Une petite robe de fête.

Dans ce recueil de 9 nouvelles, l'émotion est à fleur de peau. Ce ne sont pas tant des histoires dont je me souviens mais plutôt des mots. Entre métaphores et poésie, j'avoue ne pas toujours tout comprendre d'emblée, mais qu'importe ! La lumière, les enfants, l'écriture, et des enveloppements de phrases douces et légères… L'univers de Christian Bobin est décidément bien loin de notre train-train quotidien et promet bien des escapades à notre esprit.

Ma nouvelle préférée est la dernière, qui donne le nom à ce recueil et parle évoque l'amour… En voici un extrait :

"Celle qu'on aime, on la voit s'avancer toute nue. Elle est dans une robe claire, semblable à celles qui fleurissaient autrefois le dimanche sous le porche des églises, sur le parquet des bals. Et pourtant elle est nue – comme une étoile au point du jour. A vous voir, une clairière s'ouvrait dans mes yeux. A voir cette robe blanche, toute blanche comme du ciel bleu. Avec le regard simple, revient la force pure."

Photos : le Mont Saint Michel et Saint Malo

10 avril 2007

Aahh, rien de tel qu'un week-end prolongé pour refaire le plein d'énergie !

Un coup de fouet avec le vent des côtes normandes,

Un bol d'oxygène iodé de la Manche,

De jolies vues plein les mirettes,

Des crêpes, du kouign amann et des oeufs de mouette pour les douceurs…

Le bonheur !

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