Le livre de ma mère, Albert Cohen
Vous, dont la mère est ici sur Terre, lisez ce livre. Il vous incitera à vous rapprocher d'elle, à lui pardonner ses erreurs ou ses défauts, à l'aimer chaque jour davantage et à lui témoigner cet amour tant que c'est encore possible.
Vous, dont la mère est déjà partie vers d'autres cieux, lisez ce livre. Il vous rappellera ses petites manies qui vous agaçaient et que vous trouvez touchantes aujourd'hui, vous remémorera les bons moments passées avec elle, vous fera regrettez, sans doute, de n'avoir pas su lui dire combien vous l'aimiez.
Plus qu'un roman, c'est un ode à l'amour maternel que nous offre Albert Cohen. Ce n'est pas triste : l'auteur nous berce dans une douce mélancolie, interpellant le lecteur et lui criant l'absence de sa mère, sa maman est morte, elle est partie, elle ne reviendra plus. Il scande tout au long de ces pages la mort de celle qui l'aimait plus que tout, comme pour se convaincre lui-même de la réalité de ce fait. Parfois, il lui parle directement, d'autres fois, le lecteur est pris à témoin de sa douleur.
Comme mon clavier ne saurait mieux dire que la plume de l'auteur l'émotion que fut la mienne tout au long de la lecture de cet extraordinaire hommage, je prélève quelques extraits qui, je l'espère, vous toucheront autant que moi :
"Jamais plus sur un banc de square tu ne m'attendras. Tu m'as abandonné, tu ne m'as pas attendu, tu as quitté ton banc, tu n'as plus eu le courage d'attendre le retour de ton fils. Cette fois, il t'a trop fait attendre. Il était trop en retard au rendez-vous et tu es partie. C'est la première méchanceté que tu m'aies faite. Je suis seul maintenant et c'est à mon tour d'attendre sur le banc automnal de la vie, sous le vent froid qui gémit dans le crépuscule et soulève les feuilles mortes en néfastes tourbillons odeur d'anciennes chambres, à mon tour d'attendre ma mère qui ne vient pas, qui ne viendra plus au rendez-vous, ne viendra plus. Ces gens qui passent devant moi sont inutiles et vivants, salement vivants."
Même les roses ne trouvent pas grâce à ses yeux :
"…et ces roses sur ma table qui me parfument tandis que j'écris, affreusement vivant, ces roses sont des bouts de cadavres qu'on force à faire semblant de vivre trois jours de plus dans de l'eau et les gens aiment ça, cette agonie, et ils achètent ces cadavres de fleurs et les jeunes filles s'en repaissent. Hors de ma vue, roses mortes !"
C'est un tout autre genre que Belle du Seigneur, best seller d'A. Cohen dont j'avais lu le premier tiers, qui me plaisait mais qui était vraiment trop long et que j'avais abandonné, à regrets.

Ce livre me fait envie et en même temps j’ai un peu peur qu’il me replonge dans la mort de ma mère que j’aimais plus que tout, heureusement j’ai su le lui dire, mais la peine de l’absence est toujours présente. Alors je ne sais pas, je voudrais pourtant me retrouver dans ces lignes, partager avec le narrateur cet hommage, mais j’hésite encore…
1 mars 2007 | #
Tout comme Florinette. Ce livre me fait envie (d’ailleurs je l’ai quelque part dans mes piles), par contre j’ai toujours reculé l’échéance pour m’y plonger. Moi j’ai toujours ma maman, mais bon… y’a des moments, des passages saisis ci ou là qui font couler les larmes. Mais je vais le lire, oh oui ! Tu en parles très, très bien d’ailleurs !!! (Moi aussi j’ai trouvé “belle du seigneur” un peu trop long !)
1 mars 2007 | #
@ Florinette : je suis dans le même cas que toi et pourtant j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Ne t’inquiètes pas, tu peux toujours interrompre la lecture si tu ne te sens pas mais ce serais dommage de passer à côté de ce magnifique texte.
@ Clarabel : tu verras, c’est un régal émotionnel et littéraire…
1 mars 2007 | #
J’ai encore ma mère, mais….avoir lu ce livre ne m’a, hélas, pas rapproché d’elle. Il a, par contre, ravivé la douleur de ne pas en avoir eu une comme celle-là…Mais au cours de ma lecture, j’ai pensé très fort que j’avais un flis, et que peut-être il pensera, un jour, à moi ainsi…Ce fut, une autre très jolie façon d’aborder cette déclaration d’amour à une maman!
1 mars 2007 | #
A la lecture de ce livre j’avais eu des émotions très fortes. C’est un véritable hymne. C’est très très beau!
1 mars 2007 | #
@ Anne : tu as raison, ça marche aussi pour la descendance ! Les relations de famille ne sont pas toujours ce qu’on voudrait qu’elles soient…
@ Hervé : c’est en effet un très beau texte, qui n’a pas dû être facile à écrire…
2 mars 2007 | #
Je n’ai pas encore lu cet auteur mais j’y compte bien un jour…
2 mars 2007 | #
Moins enthousiaste que toi… je n’en ai pas gardé un grand souvenir… mais comme toi pour Belle du seigneur (très vite je me suis lassé)
La vie d’ma mère (je sais elle est facile)
2 mars 2007 | #
@ sylire : ce serait dommage de passer à côté…
@ philippe : en effet, elle est facile !
2 mars 2007 | #
Merci pour ce très beau commentaire. Je pense que je découvrirai Cohen avec ce livre… mais j’avoue avoir un peu peur d’avoir la larme à l’oeil…
6 mars 2007 | #
Albert Cohen - Le livre de ma mère
Albert Cohen nous offre ici une longue ode à sa mère, sa mère morte. Il chante les louanges de cette maman qui s’est tout entière vouée à son fils, sa vie durant : “Elle perdait tout jugement lorsqu’il s’agissait de son fils” (p. 90).
Ce tr…
15 août 2007 | #
un peu dommage d’écrire ce chant aussi tard…
19 février 2008 | #
@Lou : ah, ça, c’est un risque à prendre…
@Frédéric : certes… mais mieux vaut tard que jamais, non ? Ce beau témoignage sert à d’autres mamans et fils…
21 mars 2008 | #