Comme personne, Denis Lachaud
- La preuve est faite
Oui, à tous ceux qui clament qu’un homme ne peut pas décrire aussi bien qu’une femme les sentiments et émotions de la gente féminine, je réponds : lisez donc Denis Lachaud ! (Petit aparté : hum, en espérant que ledit Denis ne soit pas le pseudonyme d’une Denise, je me suis déjà lamentablement fait avoir avec J.T. Leroy…).
D’emblée, j’ai été séduite par l’écriture de ce roman. On entre simplement et indiscrètement dans la vie d’Estelle, 35 ans, au moment où elle rencontre l’Homme de sa Vie, William, un homme plus âgé avec des tempes grisonnantes et quelques bourrelets qui sont à son goût. Quelques flash backs permettent de situer les personnages, et puis on entre dans la routine de la vie commune, les projets et les classements “sans suite” de ces derniers…
William a un fils d’un précédent mariage, Walter, qu’il ne voyait guère mais qui a bien accroché avec sa jeune nouvelle belle-mère et passe de plus en plus de week-ends chez son paternel. Estelle aime bien ce garçon et une affection émergera de leur rencontre improbable.
Saut dans le temps. 4 ans plus tard, la même famille, et des sentiments bien différents. Estelle, qui a laissé tomber son boulot de traductrice sous l’influence de son mari, est maman d’une petite Wanda. Mais elle se rend compte subitement que sa vie est loin de ce qu’elle avait imaginé, qu’elle s’est éloignée de son mari, bref, elle décide de le quitter sans plus attendre. Ainsi :
“On ne prend pas assez au sérieux ces épisodes où l’autre nous irrite. Parce qu’on l’aime. On continue à avaler, c’est ainsi que va la vie, se dit-on, tout ne peut pas être parfait. Et le jour où quelque chose se bloque en travers du courant, on évite de noter que plus rien ne s’écoule.”
Dans la dernière partie de ce roman, on retrouvera Estelle dans la nouvelle vie de célibataire qu’elle a construite, entourée de sa meilleure amie Viviane et du gentil Vincent.
Ce roman aborde avec une sensibilité et une justesse de ton remarquable un éventail de sentiments que peut ressentir une femme au sein d’un couple : la perte de sa propre personnalité face à celle, plus affirmée, de son conjoint, le doute, la perte de confiance en soi, la culpabilisation lorsqu’on pense à reprendre un travail au lieu de s’occuper de son/ses enfants, etc. D’ailleurs, peut-être est-ce là l’explication du titre : Estelle doit être considérée comme une personne à part entière, et pas uniquement comme la moitié d’un couple… Mais chacun peut trouver une interprétation !
Même si la fin est moins forte que le reste de ce livre, j’ai été particulièrement touchée par la lecture de cette tranche de vie, très bien racontée, drôle et dans laquelle chacune (chacun ?) peut se retrouver. Un grand merci à Anne, l’insatiable lectrice grâce à qui j’ai découvert cet auteur.

Il est 18h, il fait déjà noir, il pleut, il fait froid et tout à coup le cafard que je sentais venir s’éloigne grâce à cette p’tite phrase que je viens de lire: j’adoooorrrre quand on me dis merci pour la découverte d’un auteur! Je pense que tout lecteur est très heureux de partager un “bonheur de lecture”! A toi “J’apprends l’allemand”, “La forme profonde” et “Le vrai est au coffre”!
21 novembre 2006 | #
Anne: quand je l’aurais lu tu auras encore la joie de lire “merci Anne…”
21 novembre 2006 | #
@Anne : c’est la moindre des choses… Et merci pour la bibliographie, tu me mâches vraiment le travail
22 novembre 2006 | #
J’étais passé à côté sur le blog d’Anne, cette fois çi, il ne m’échappera pas !!!
22 novembre 2006 | #
Ah ben oui je l’avais déjà noté ! je viens juste de m’en appercevoir bon ben comme ça il le sera deux fois, au moins je ne peux pas le rater celui-là !! ;-o))
22 novembre 2006 | #
J’ai dévoré ce livre. J’ai un extrait sur mon blog. J’ai adoré comment cet homme est féministe
Dans le même genre, un homme raconté par une femme : un couple ordinaire de
4 mai 2007 | #