J.T. Leroy : son talent explose avec “Sarah”
- J’étais sur la route toute la Sainte journée…
Après Djamilia, que je vous ai présenté il y a peu, je voudrais vous parler, dans un tout autre genre, de Sarah.
L’Amérique profonde, le Doves Diner, un restaurant / motel pour routiers, avec prostituées et travelos au menu. Voilà pour le décor. Glad, le maquereau qui gère la place, véritable “père” pour ses “gagneuses”. Sarah, la belle, en fait partie. Il y a aussi Mama Shapiro, qui tient le bar restaurant, et le cuisinier qui honore son titre en concoctant de bons petits plats. Voilà pour les personnages.
Mais c’est Cherry Vanilla qui nous intéresse ici. Il est jeune, aux longues boucles blondes, et sa vocation est de devenir aussi brillante que Sarah (sa “mère”) comme gagneuse - voire meilleure. Pour cela, Cherry part en pèlerinage dans un autre routier, le Holy Jack, afin de voir le Jackalope, un étrange lapin à rameaux qui apporte chance et visions à toutes les personnes qui l’approchent. Là, il va rencontrer Pooh, la gagneuse préférée de Le Loup, le mac local.
Bientôt, c’est Cherry (lequel a pris impulsivement le pseudonyme de Sarah et n’a dévoilé à personne ses attributs masculins) qui va se faire adopter par Le Loup et prendra rapidement la place de Pooh, avec en prime, un statut de “Sainte“. Bien sûr, cette dernière ne va pas se laisser faire…
Peu à peu, le destin de ce jeune garçon travesti qui voulait exercer le “plus vieux métier du monde”, au départ souriant et ambitieux, se transforme en rêve… qui vire rapidement au cauchemar. On entre avec stupéfaction (du moins, pour ma part !) dans ce monde particulier des prostitué(e)s dont la clientèle est constituée de routiers. Les mots sont parfois crus, mais jamais dans un but de vulgarité gratuite, et l’on ressent parfaitement les côtés glauque et paillette de cet univers si particulier. C’est dur, c’est choquant, c’est une histoire peu commune et très bien racontée, le ton est juste et l’on ne s’ennuie pas un instant à la lecture de ce roman qui vous donne parfois la chair de poule…
Et dire que c’est un jeune homme de 19 ans qui a écrit cette histoire ! Bravo à J.T. Leroy, ce poche paru en 2004 m’a estomaquée avec son premier roman et je vais suivre cet écrivain prometteur (”Le livre de Jérémie” est paru en 2005, il s’agit là encore d’un récit sur le thème de l’enfance malheureuse, avec drogue et prostitution comme incontournables ingrédients… enfin, j’espère que Leroy va changer de thème pour la suite, on risque de se lasser au bout d’un moment !).

Si je me base sur ton enthousiasme pour ce livre, je
crois que tu vas me détester quand je t’aurais dit que…, non, je ne peux pas,
je préfère que tu ailles découvrir l’info par toi-même ici
http://www.lire.fr/chronique.asp/idC=49643
ou
là
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=8869
http://www.tetu.com/rubrique/infos/infos_detail.php?id_news=10314&date_info=2006-10-06
7 novembre 2006 | #
@InColdBlog : je ne déteste absolument pas, je te
remercie, au contraire, de cette info ! Comme quoi, on peut vraiment faire
croire n’importe quoi aux médias (et par conséquent aux gens). C’est donc une
musicienne quadragénaire qui a écrit ce livre… Mais cela n’enlève rien à ma
critique (sauf la fin, avec mon admiration pour la jeunesse de l’auteur), je ne
connaissais pas sa supposée histoire de drogué et prostitué, cela n’a donc pas
influencé ma lecture.
Grâce à toi, la vérité est rétablie sur ce blog, et
j’en suis fort aise
8 novembre 2006 | #