tamaculture

Un ami parfait, Martin Suter

29 novembre 2006
  • Pertes de mémoire

C’est après avoir lu la critique de « Lila, Lila« , un livre recommandé par l’insatiable lectrice, que j’ai eu envie de découvrir Martin Suter. Ce titre n’étant pas disponible, j’ai emprunté « Un ami parfait » à la bibliothèque, alléchée par le résumé en dos de couverture. Toute guillerette, je rentre chez moi et me lance dans ma lecture. Et là… déception !!! Rage, désespoir !!! Humpf, bon, euh, ça y est, je m’en souviens à présent : je l’ai déjà lu !!! Et comme souvent, ni le nom de l’auteur ni le titre ne me rappelaient quelque chose, seule l’histoire (après les premières pages) m’est revenue… et voilà une cartouche sur cinq de « grillée » ! Et voilà la première perte de mémoire.

La seconde défaillance est celle de Fabio Rossi, le héros de ce roman. Il se réveille à l’hôpital sans aucun souvenir des deux mois qui précèdent, bien que tout le reste soit clair dans sa tête cabossée. La situation est difficile puisqu’il doit :

- flirter avec une Marlène qui lui est inconnue (elle est sa petite amie depuis peu),
- comprendre pourquoi son ex Norina ne veut absolument plus lui parler,
- résoudre l’enquête journalistique qu’il menait apparemment lors de son accident,
- deviner pourquoi son meilleur ami Lucas, avec qui il a fait son école de journalisme, lui paraît bizarrement distant avec lui.

Ce livre est vraiment étonnant : non seulement il est construit comme un roman policier mais en plus, parallèlement, le lecteur mène – en même temps que Fabio – une enquête sur la propre personnalité du héros. Et bien sûr, on va de surprise en surprise ! A (re!)découvrir, donc ! Quant à moi, maintenant que ma mémoire est repassée au contrôle technique, je vais tâcher de lire les autres livres de Martin Suter !

Vie et mort de la jeune fille blonde, Philippe Jaenada

28 novembre 2006
  • Parenthèses

A l'origine, une chronique d'Olivia de Lamberterie (Télématin, France 2), m'a donné envie de lire "Les brutes", un ouvrage de Philippe Jaenada venant de paraître. Hélas, mon portefeuille refusant en cette fin de mois d'assouvir mes désirs, je me suis vengée en achetant en Poche "Vie et mort de la jeune fille blonde", du même auteur.

 

Ah, quel régal ! Je me plonge avec délices dans toutes ces parenthèses et sous-parenthèses (dont j'avoue abuser régulièrement et sans trop de remords), dans l'écriture habile et drôle nous empêchant d'y perdre notre latin (même lorsque – comme moi – on n'en a jamais trouvé à l'école).

Le narrateur a 39 ans et il vit à Paris. La vie l'a conduit à être plutôt désabusé, il traîne son sac de matelot partout avec lui, entre bars et promenades, et même dans les dîners chics. D'ailleurs, il l'a sur l'épaule lorsqu'il arrive en retard chez ses "amis" Alice et Paul, lesquels appartiennent à la classe aisée-alcoolisée-détestant la solitude, et qui tentent d'y remédier en organisant chaque soir des dîners à leur domicile, mêlant des invités éclectiques et excentriques.

Ce roman met en exergue toute la fragilité des personnages, il oscille entre humour et horreur des situations, les relations humaines ne sont pas toujours présentées sous leur meilleur jour et on touche du doigt certains sujets fondamentaux, tel le sens de la vie.

Par hasard, la fille de Paul, Céline, 35 ans, toxicomane et ayant quitté le foyer familial depuis une vingtaine d'années, est évoquée lors du dîner auquel le héros solitaire arrive en retard. Brusquement, entre les jeux débiles organisés (concours des cuisses les plus fortes, concours de baffes), il réalise qu'il se trouvait sur le même lieu de vacances de Céline lorsqu'elle avait 13 ans et lui 16, et que c'est probablement elle qui l'a initié à ses premiers émois sexuels.

Replongeant soudain dans ses souvenirs d'adolescence, le narrateur n'aura plus qu'une idée en tête : retrouver la jeune fille blonde en T-Shirt rose, jeans et baskets blanches, peu importe ce qu'elle est devenue, elle est son seul lien avec le passé.

Je ne puis m'empêcher de vous proposer un petit extrait avec un bon quotat de ces parenthèses dont je raffole :

"Je fumais une cigarette près des toilettes de ce TGV entièrement non-fumeurs[...] (j"avais entendu à la radio une sale bonne femme de la SNCF qui expliquait la décision de supprimer les wagons fumeurs : ils étaient moins remplis que les autres, donc, pour des raisons économiques, on n'en avait laissé qu'un, dans un premier temps, c'est sympa de notre part, et comme évidemment tous les fumeurs du train s'y rendaient pour fumer, l'atmosphère y devenait irrespirable et chacun pouvait comprendre, même les bornés de mauvaise foi, qu'il était nécessaire de le supprimer aussi (en résumé, les fumeurs (qui ne dérangeaient en rien, dans leurs wagons, les non-fumeurs dans les leurs) sont moins nombreux donc ils ne comptent plus, la majorité devient l'unanimité : les râleurs, étant minoritaires, ne sont gêneront pas) – pour se justifier, elle prenait l'exemple des avions, qui sont tous entièrement non-fumeurs et dans lesquels on n'entend jamais personne se plaindre (mais qui serait assez vindicatif et passionné par la contestation inutile pour, se sachant bien entendu dans un avion non-fumeurs, on le répète assez, se lever soudain au-dessus de l'Atlantique et s'écrier : " Je ne suis pas d'accord ! C'est un scandale !" ?) [...])."

Casino Royale, Ian Fleming

26 novembre 2006
  • Casino Royale, le film !

Une fois n’est pas coutume, je vous présente un livre que je n’ai pas lu ! En fait, l’adaptation cinématographique du premier « James Bond 007″ écrit par Ian Fleming en 1953 étant sortie mercredi dernier (comme chaque personne ni mal-voyante ni malentendante le sait déjà…), je me suis laissée tentée et me suis rendue à mon cinéma de quartier.

Eh bien, sans tout dévoiler de l’intrigue, tout commence en Afrique au milieu de trafiquants d’armes. Monsieur Le Chiffre, investisseur financier pour tout richissime hors la loi digne de ce nom, doit placer 150 millions sur des actions pour le compte d’un de ces trafiquants.

James Bond 007, nouvellement promu, démarre sur les chapeaux de roue – mais à pied – et nous entraîne dans une course poursuite effrénée derrière un terroriste, qui le conduira à faire une bourde à l’ambassade.

Après divers rebondissements, Le Chiffre et James Bond devront s’affronter au Casino pour récupérer les 150 millions en jeu. Bien sûr, une jolie James Bond Girl, alias Vesper, est au coeur de l’histoire.

Plein de bons côtés à ce film :

- de l’action, des cascades dans tous les sens, des scènes de violence variées (pas trop de flingues, il y a aussi des bagarres !)

- un nouveau James Bond craquant (Daniel Craig, blond ou pas, rempli ce rôle à la perfection… Bizarrement, il paraît tout mince en smocking, mais les scènes de plage et de tortures nous dévoile une musculature impressionnante !)

- un James Bond à ses débuts donc qui fait des bourdes plus grosses que lui

- la première (et dernière ?) histoire d’amour de l’agent 007

- la première (et dernière ?) James Bond girl intelligente

- des voyages : on va à Prague, en Afrique (je ne me souviens plus de quel pays il s’agit), aux Bahamas, à Miami, à Londres, en Italie…

- des méchants bien vilains, des nanas super canons et de belles voitures (je dis ça pour mes lecteurs masculins)

- des moments vraiment drôles (la scène de tortures de James, vers la fin, je vous promets que l’humour anglais fait des ravages dans la salle !)

Ce que j’ai moins aimé :

- la longueur : 2h18 soit environ 20 min de trop à mon goût (surtout quand la seule séance en VO est à 20h30 et qu’il y a sans exagérer 30 min d’attente, pubs et bandes annonces et là, JE M’INSURGE contre cette prise en otage des spectateurs !)

- la fin : un peu trop cul-cul la praline, mais bon… c’est une grosse production américaine !

N’ayant vu qu’un film jamesbondien avant celui-là (Goldeneye), je ne peux guère comparer mais mes amis ont aimé le fait que celui là était différent (pas de remise de gadgets, un James qui fait des erreurs de débutant – ce qu’il est).

Est-ce que quelqu’un a lu le livre original de Fleming ? Est-il adapté à un public féminin ? Il me semble qu’il s’agit de romans d’espionnage plutôt que de polars… Merci de vos avis !

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