Jean-Philippe Blondel nous offre un Accès direct à la plage
- 10 + 10 +10 + 10…
Si vous êtes fort en calcul, vous aurez compris que ce sont quarante années qui vont défiler sous nos yeux à travers ce livre. Mon classement en “Nouvelles” est discutable : en effet, ce sont à la fois des nouvelles, mais qui constituent ensemble un roman car elles sont liées directement ou indirectement.
Plus précisément, ce sont les étés 1972, 1982, 1992 et 2002 qui sont présentés sous l’angle d’une famille ou d’un personnage, alors qu’elle / il passe ses vacances sur l’une des nombreuses plages françaises.
Alors que l’on peut imaginer des vacances joyeuses et détendues, il n’en est rien. Au contraire, l’auteur a décidé de mettre en avant des personnages mal dans leur peau, qui vivent des situations difficiles ou ont des rêves d’ailleurs...
Et au fil des récits, on retrouve des liens entre ces différents “héros”, on découvre à chaque décennie le point de vue du père ou de l’enfant, celui de la femme ou de la voisine. La fin ne nous laisse pas sur la nôtre, c’est inattendu et cette chute apaise notre curiosité quant au puzzle que constituent ces histoires.
Par-dessus tout, c’est le ton amer et désabusé de ce livre qui m’a interpellée. Il n’est pas dénué d’humour et de poésie, mais l’ensemble reste plutôt gris foncé que bleu comme la mer qui rassemble ces histoires. Une belle écriture qui me donne envie de lire d’autres oeuvres de Jean-Philippe Blondel (le dernier en date est “Passage du gué”, j’en ai lu de bonnes critiques ici ou là…).
