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Je ne suis pas celle que je suis, Chahdortt Djavann

4 février 2012

Je ne suis pas Si vous êtes tenté par une psychanalyse, évitez de lire ce roman ! Les séances auxquelles on assiste tout au long du roman m’ont paru tout à la fois laborieuses, répétitives et peu fructueuses, ce qui pourrait en décourager plus d’un.

Pourtant, cette quadragénaire a bien besoin de parler à quelqu’un. Donya souffre de troubles de la personnalité et a fait des tentatives de suicide. En France depuis une poignée d’années, elle ne maîtrise pas encore parfaitement la langue du pays, bien qu’elle fasse de sérieux progrès en lisant le dictionnaire chaque soir. Elle vit dans une chambre de bonne du XVIe arrondissement de Paris, et garde les enfants d’une famille aisée.

Si les entretiens de Donya avec son psychanalyste permettent d’apprendre des bribes de son passé, notamment la terrible influence d’un père tyrannique, le personnage de l’analyste m’a fortement déplu. Il se contente de soupirer et d’encaisser l’argent de sa cliente, même si celle-ci n’a pipé mot. Bien sûr, elle s’en plaint, mais elle finit toujours par retourner le voir… Une sorte d’addiction supplémentaire impossible à contrôler !

Fort heureusement, les visites chez le psy sont entrecoupées de chapitres relatant la jeunesse de l’héroïne. Donya est iranienne, et l’on suit son émancipation progressive alors qu’elle était étudiante à Bandar Abbas. Cette partie du récit est assez prenante, on découvre les conditions de vie des jeunes de ce pays au début des années 1990. La population estudiantine est prise entre la tradition religieuse, la pression familiale, et un désir de liberté inspiré de l’Occident. Jusqu’où une jeune fille est-elle prête à aller pour échapper à un destin trop prévisible ?

Quelle ne fut pas ma déception lorsque je m’aperçus en achevant le roman qu’il ne s’agissait que du premier tome ! Ma curiosité concernant le passé de cette femme n’est pas aussi forte que mon découragement à l’idée d’affronter encore 500 pages de psychothérapie ! J’en resterai donc là avec ce personnage intéressant mais trop torturé à mon goût.

Ed. Flammarion, août 2011, 532 p.

A genoux, Michael Connelly

27 janvier 2012

A genoux Alors qu’il écoutait tranquillement un disque de jazz chez lui, l’inspecteur Harry Bosch, fraîchement débarqué à la section Homicide Special du Los Angeles Police Department (LAPD), est appelé sur les lieux d’un crime. Le cadavre d’un médecin gît sur un belvédère surplombant le barrage de Mulholland, avec deux balles dans la nuque.

L’affaire d’homicide prend presque immédiatement un tournant politique : le médecin assassiné avait retiré de l’hôpital où il travaillait une quantité importante de césium, une matière radioactive pouvant servir à la fabrication de bombes. Bosch va devoir composer avec la Tactical Intelligence Unit du FBI, et plus précisément avec l’agent spécial Rachel Walling, qui n’est autre que… son ex.

 A 56 ans, Harry Bosch a toujours autant de mal avec la hiérarchie, ce que peine à comprendre son nouveau coéquipier, Ignacio Ferras, qui a vingt ans de moins que lui. Il n’apprécie guère, non plus, que le FBI vienne piétiner ses plates-bandes. Qu’ils pourchassent leurs terroristes et le césium, ce que veut Bosch, c’est avant tout trouver le meurtrier du docteur.

Dans A genoux, Michael Connelly nous entraîne dans une enquête musclée et rapide, qui prend une tournure inattendue. Evidemment, les fans de Connelly seront un peu déçus par la brièveté du roman, d’autant plus que plusieurs thèmes chers à l’auteur reviennent sur le tapis, comme si ce dernier ne parvenait pas à trouver un nouveau souffle. Cependant, lorsque l’on est attaché à Harry Bosch, on est toujours impatient de le suivre dans ses pérégrinations, aussi courtes soient-elles, et je n’ai pas boudé mon plaisir !

Ed. Points, mai 2009, 277 p.

Un été ardent, Andrea Camilleri

23 janvier 2012

Un ete ardent Se plonger dans un polar de Camilleri, c’est mettre un pied en vacances. Non seulement son commissaire Montalbano exerce dans une petite ville de Sicile, mais en plus, l’auteur a inventé une langue qui lui est propre, mêlant italien, sicilien, et un “italien sicialianisé”, régionalisme difficile à traduire… D’ailleurs, ici, deux traducteurs ont travaillé sur la version française : Serge Quadruppani et Maruzza Loria.

L’histoire se déroule en plein été. Une chaleur écrasante s’abat sur les habitants de Vigàta. Le commissaire Montalbano attend ses vacances avec impatience. En ce moment, c’est plutôt calme. Ce qui l’occupe, c’est de trouver une maison de location de dernière minute pour un couple d’amis. Dans la région, à cette époque de l’année, c’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais il finit par trouver une villa perchée sur une colline surplombant la mer.

Las, quelques jours après leur installation, un incident se produit. L’enfant du couple installé dans la villégiature disparaît. Après plusieurs heures de recherches, on le retrouve effrayé mais bien vivant dans un tunnel sableux situé à quelques mètres de la maison. Mais en creusant autour de la galerie pour aller récupérer l’enfant, les pompiers mettent à jour une annexe d’habitation complètement enterrée. Et c’est dans l’appartement secret que le commissaire Montalbano découvre, par hasard, le cadavre à demi momifié d’une jeune femme.

L’enquête est inhabituelle et tout à fait passionnante. Entre l’ancien propriétaire – un Allemand aujourd’hui disparu –, le promoteur immobilier véreux, et le voisin peu coopératif, nombreuses sont les pistes que doit suivre le policier. Mais cadavre ou pas, il n’oublie jamais de se sustenter, et le pauvre lecteur n’a que ses babines à lécher devant les descriptions odorantes et colorées qui mettent l’eau à la bouche ! S’ajoutent pour le commissaire quelques bouffées de chaleur dues à une rencontre féminine imprévue… Ah, quel bonheur que ces petites évasions camilleriennes !

Ed. Fleuve Noir, janvier 2009, 220 p. (et Pocket en 2010)

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