Mémoires glacées, Nicolas Vanier
Je ne lis pas de d’essais, de documents, ni de biographies. Ce que j’aime, ce sont les romans et les nouvelles.
Mais comme Mister T. m’a ramené (il y a deux ans) ce “document” dédicacé par l’auteur, je me suis dit que j’aurais mauvaise conscience si je ne tentais pas au moins de le lire.
Eh bien, à ma grande surprise, j’ai vraiment aimé ce livre ! Je ne connaissais pas Nicolas Vanier, c’est à peine si son nom me disait vaguement quelque chose… Il s’agit d’un aventurier (presque d’un autre temps), d’un trappeur, d’un musher (conducteur de traîneau à chiens). C’est surtout un grand amoureux de la Nature, des grands espaces, des animaux et du Grand Nord.
Dans Mémoires glacées, il raconte des anecdotes et des aventures qu’il a vécues durant les vingt années qu’il a passées à voyager dans les espaces blancs, seul ou en groupe, à pied ou avec ses chiens de traîneau ou bien encore à cheval ou en canoë. Classées par thèmes variés (chaman et caribous, se perdre, animaux dangereux, sur les traces de Jack London, Laponie…), ces histoires m’ont fascinée.
Comment peut-on cheminer pendant des semaines à cheval avec sa femme et sa fille d’un an pour aller vivre dans une cabane (qu’il va falloir construire à la main, enfin, à la hache, avec pour seule aide celle des chevaux pour tirer les troncs) au cœur des montagnes Rocheuses, où loups et ours se baladent à l’état sauvage ?! Des questions pratiques m’ont effleuré l’esprit (et comment font-ils pour les couches ? et faire chauffer les biberons ?) et franchement, je n’aurais pas aimé être de l’aventure, et je me suis sentie drôlement bien à lire tout ça sous ma couette bien chaude !
Le froid semble ne pas être un problème pour qui est bien équipé. Cependant, les phrases comme “la température était idéale, il faisait – 35 °C…” me laissent pantoise, moi qui gèle dans mon appartement s’il n’est chauffé qu’à 18°C l’hiver !
Mais avant tout, j’ai aimé apprendre une quantité de petites choses sur des sujets inhabituels dans mes lectures traditionnelles : j’ai ainsi appris l’existence de peuples comme les Evènes en Sibérie, qui vivent encore (pour combien de temps ?) à l’ancienne, loin de toute technologie, d’élevage de rennes ; des paysages hors du commun m’ont fait rêver (le lac Baïkal par exemple), et les récits des traversées ou des courses de traîneaux m’ont fait voyager à des milliers de kilomètres. Et c’est très bien raconté, l’écriture est vive et pleine de détails, on ne s’ennuie vraiment pas !
Un livre étonnant et passionnant pour qui aime la nature et les voyages ! Je remercie donc chaudement mon cher et tendre pour cette surprise glacée que j’ai dégustée avec retard mais grandement appréciée !
Ed. XO, 2007, 334 p. (et Pocket en 2009)


