Je ne suis pas celle que je suis, Chahdortt Djavann
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Si vous êtes tenté par une psychanalyse, évitez de lire ce roman ! Les séances auxquelles on assiste tout au long du roman m’ont paru tout à la fois laborieuses, répétitives et peu fructueuses, ce qui pourrait en décourager plus d’un.
Pourtant, cette quadragénaire a bien besoin de parler à quelqu’un. Donya souffre de troubles de la personnalité et a fait des tentatives de suicide. En France depuis une poignée d’années, elle ne maîtrise pas encore parfaitement la langue du pays, bien qu’elle fasse de sérieux progrès en lisant le dictionnaire chaque soir. Elle vit dans une chambre de bonne du XVIe arrondissement de Paris, et garde les enfants d’une famille aisée.
Si les entretiens de Donya avec son psychanalyste permettent d’apprendre des bribes de son passé, notamment la terrible influence d’un père tyrannique, le personnage de l’analyste m’a fortement déplu. Il se contente de soupirer et d’encaisser l’argent de sa cliente, même si celle-ci n’a pipé mot. Bien sûr, elle s’en plaint, mais elle finit toujours par retourner le voir… Une sorte d’addiction supplémentaire impossible à contrôler !
Fort heureusement, les visites chez le psy sont entrecoupées de chapitres relatant la jeunesse de l’héroïne. Donya est iranienne, et l’on suit son émancipation progressive alors qu’elle était étudiante à Bandar Abbas. Cette partie du récit est assez prenante, on découvre les conditions de vie des jeunes de ce pays au début des années 1990. La population estudiantine est prise entre la tradition religieuse, la pression familiale, et un désir de liberté inspiré de l’Occident. Jusqu’où une jeune fille est-elle prête à aller pour échapper à un destin trop prévisible ?
Quelle ne fut pas ma déception lorsque je m’aperçus en achevant le roman qu’il ne s’agissait que du premier tome ! Ma curiosité concernant le passé de cette femme n’est pas aussi forte que mon découragement à l’idée d’affronter encore 500 pages de psychothérapie ! J’en resterai donc là avec ce personnage intéressant mais trop torturé à mon goût.
Ed. Flammarion, août 2011, 532 p.
